
À Jersey, un adolescent atteint d’une malformation congénitale des membres a découvert dans le golf bien plus qu’un simple sport : une véritable planche de salut.
Adam Dalton, 19 ans, qui vit selon la devise « pas de mains, pas de limites », a des bras sous-développés, pas de mains, et n’utilise qu’une jambe, la gauche. Pourtant, cela ne l’a pas empêché de jouer au tournoi international The G4D Open, où il a affronté des golfeurs venus du monde entier.
Après avoir testé plusieurs sports dans l’espoir de trouver une activité agréable et sans douleur, c’est le golf qu’il a adopté. « Dès que j’ai attrapé le club et frappé cette balle, j’ai adoré », confie-t-il.

Dans son enfance, Adam pratiquait beaucoup de sports, mais à mesure qu’il grandissait, les douleurs liées à la croissance de ses jambes faisaient leur apparition. Le golf s’est révélé idéal pour lui, car il ne provoque pas de douleur avec sa prothèse.
Au-delà de la compétition, il apprécie l’aspect social du golf, souvent méconnu, qui lui a permis de se sentir « comme dans une famille ». Après le lycée, se sentant un peu perdu et nerveux, il a trouvé dans ce sport un moyen de retrouver confiance en lui.
« Trouver un sport que je pouvais pratiquer et que j’aimais a été une vraie bouffée d’air, presque une forme de sauvetage », explique-t-il. Jouer lui donne un sentiment d’accomplissement, surtout lorsqu’il brille lors des compétitions.
Pratiquant depuis ses 16 ans au Royal Jersey Golf Club, Adam a bénéficié d’un programme junior très encourageant, qui l’a aidé à progresser. Il prépare désormais plusieurs tournois en Europe, notamment en Irlande, en Angleterre, en France et au Portugal.
« Il y a quelques années, je n’aurais jamais imaginé participer à autant de compétitions à l’étranger… Cela a vraiment ouvert mon monde. »

Points à retenir
- Adam Dalton transforme sa différence physique en force, jouant au golf sans mains et avec une seule jambe fonctionnelle.
- Le golf, sport souvent perçu comme élitiste ou statique, s’avère ici un puissant vecteur d’inclusion sociale et de bien-être mental.
- Sa façon unique de tenir le club sous l’aisselle et d’utiliser tout son corps illustre que les règles sont faites pour être réinventées.
- Les programmes de soutien, comme celui du Royal Jersey Golf Club, jouent un rôle clé pour aider des sportifs atypiques à progresser.
- Les compétitions adaptées, telle l’European Disabled Golf Association, permettent de créer une communauté solidaire où la diversité est une force.
Alors, on pourrait se demander pourquoi il faut parfois un parcours semé d’embûches pour que certains sports deviennent accessibles à tous. Le golf d’Adam nous rappelle que les limites sont surtout dans notre tête. Et si tout cela pouvait inspirer plus d’initiatives, on aurait sans doute un monde moins formaté et un peu plus de swing dans nos vies. En attendant, je vais essayer de trouver un club… même si ce n’est que pour frapper une balle imaginaire dans le parc.