WASHINGTON — Après près d’un an de préparation et plus de 60 millions de dollars investis, l’événement Freedom 250 de l’UFC prend forme sur la pelouse sud de la Maison Blanche. Ce rassemblement sportif, à la fois unique et potentiellement clivant, se déroulera à proximité immédiate du Bureau Ovale, avec un combat phare entre Ilia Topuria et Justin Gaethje pour remporter le titre des poids légers.
Le point central de cet événement est l’installation impressionnante de 28 mètres, surnommée « La Griffe », surplombant l’Octogone où les combattants s’affronteront. Environ 4 300 personnes, principalement des militaires, auront une vue privilégiée de la rencontre, tandis que 85 000 autres spectateurs sont attendus dans une zone de visionnage adjacente à l’ellipse de la Maison Blanche.
« Peu importe vos convictions, à droite ou à gauche, nous sommes tous Américains, et l’on ne peut pas ne pas apprécier ce spectacle », a déclaré Dana White, président de l’UFC.
Positions Politiques
Comme souvent avec l’UFC, le parcours menant à Freedom 250 a été jalonné de controverses. Cette semaine, une plainte a été déposée devant le tribunal de première instance des États-Unis pour le district de Columbia, affirmant que l’événement violait les réglementations strictes du National Park Service et n’avait pas obtenu l’approbation du Congrès.
Cependant, vendredi, le juge Amit Mehta a soutenu le gouvernement en rejetant la demande d’une ordonnance de restriction temporaire ou d’une injonction préliminaire.
Plutôt difficile de dissocier Freedom 250 de son contexte politique. L’idée de cet événement à la Maison Blanche émanerait de l’ancien président Donald Trump, qui entretient une amitié étroite avec White depuis plus de vingt ans. Pendant les années parfois tumultueuses de Trump à la présidence, l’UFC a servi de refuge où il pouvait bénéficier de soutien et de chaleur humaine. Freedom 250 coïncide d’ailleurs avec le 80e anniversaire de Trump, un lien qui a renforcé les liens avec un public jeune, central au public de l’UFC, et qui a joué un rôle crucial lors de sa victoire en 2024.
En conséquence, certaines voix s’élèvent pour dénoncer Freedom 250 comme un simple événement pro-Trump.
« Trump organise une sorte de bal doré pour son anniversaire — un combat UFC sur la pelouse de la Maison Blanche — pendant que vous vous battez pour payer vos factures ce mois-ci », a critiqué le sénateur Adam Schiff (D., Californie).
L’UFC et sa société mère TKO Group Holdings ont réagi à ces accusations. « Ici, cette semaine, sur la plus grande scène qui soit, nous expliquons à tous nos partenaires et fans que ce n’est pas une question de politique. Nous ne sommes pas là pour discuter de politique », a affirmé Mark Shapiro, président et COO de TKO, lors d’un événement organisé au Meridian International Center.
Bien que l’UFC n’ait pas vendu de billets pour l’événement, une visibilité importante en matière de parrainage est à noter sur la pelouse sud, notamment avec la marque Polymarket affichée sur l’Octogone, malgré une surveillance législative croissante sur les marchés de prévision.
Freedom 250 illustre également la montée en puissance de l’UFC, alors que, jusqu’en 2016, les arts martiaux mixtes étaient encore interdits dans l’État de New York, le dernier à avoir banni ce sport. « Nous avons toujours cru que ce sport était spécial et qu’il pouvait devenir véritablement mondial », a déclaré White. « Tout le monde comprend le principe du combat. »
Le Combat Continue
Malgré toutes ces considérations, le combat aura bien lieu, avec la finale Topuria-Gaethje clôturant une série de sept combats programmés dimanche. White prévoit que l’événement attirera des millions de téléspectateurs, mais cela ne pourra se concrétiser qu’en additionnant l’audience mondiale. Aux États-Unis, l’événement sera diffusé uniquement sur Paramount+, qui fait d’ailleurs partie d’un nouvel accord de droits avec l’UFC, malgré les questions soulevées concernant une diffusion simultanée sur CBS.
Avec un public américain attendu dans la fourchette basse à moyenne des sept chiffres, même si tous les abonnés de Paramount+ (79 millions) regardaient Freedom 250, cela serait encore bien loin du total de l’audience moyenne du Super Bowl (125,6 millions).
Cette diffusion en streaming uniquement marque une différence significative avec le traitement de la NFL par le gouvernement fédéral. Alors que la NFL, bien que toujours très présente à la télévision, est sous pression croissante, l’UFC semble naviguer en eaux plus calmes.
Enfin, la météo joue un rôle crucial, avec des orages potentiels prévus dimanche. « Peu importe la météo, nous serons au rendez-vous. Même s’il neige ou pleut », a déclaré White. « Quand il y a de l’orage, on fait une pause et on reprend ensuite. Voilà notre plan. »
Points à retenir
- Un événement à haut risque et à fort enjeu dans le cadre politique américain.
- Des frais de développement importants qui soulèvent des interrogations sur le financement de tels spectacles.
- Une audience potentielle massive, bien que des doutes persistent quant à son accessibilité.
- Le positionnement de l’UFC en tant que plateforme d’évasion ou de soutien pour certaines figures politiques.
- Un regard cynique sur la manière dont le sport et la politique s’entrelacent, surtout en période électorale.
En fin de compte, cet événement n’est pas seulement un combat de champions mais aussi un reflet des tensions et des alliances dans le paysage politique actuel. En tant que journaliste, je me demande jusqu’où ce mélange de sport et de politique nous mènera. Est-ce que la passion pour le combat peut véritablement unifier les Américains, ou n’est-ce qu’un écran de fumée sur des questions plus profondes ?
[not-all]Regardez le MMA 🤜🤛 en Live ! ⤵️
