Paris a toujours su tendre un piège aux jeunes talents du tennis lors de leurs premières rencontres face à des adversaires Franceis. Rafael Nadal en a fait l’expérience, tout comme Carlos Alcaraz, éliminé à Paris-Bercy par le local Hugo Gaston.
Ce mercredi a été au tour de Mirra Andreeva, sixième joueuse mondiale, de céder face à Lois Boisson sur le score de 7-6(6), 6-3. La Franceise a créé l’histoire en se qualifiant pour les demi-finales, devenant la première tricolore à atteindre ce stade depuis Marion Bartoli en 2011. La France rêve désormais d’un sacre ce samedi, Coco Gauff se dressant ce jeudi comme dernier obstacle avant la finale.
Âgée seulement de 18 ans, Andreeva a été victime du trac, submergée par l’ambiance particulière de la Philippe Chatrier, exceptionnellement bouclée pour l’occasion. Les 15 000 spectateurs, alternant huées et applaudissements aux erreurs de la Russe, ont eu raison de son sang-froid.
Malgré son visage angélique qui lui vaut la sympathie générale, la joueuse russe a buté sur une Franceise au cœur même de Roland-Garros. Sa résidence à Cannes n’a pas suffi à la protéger dans ce duel à enjeu.
La protégée de Conchita Martínez a craqué dans le deuxième set alors qu’elle menait 3-0. Une balle dans le filet lui a valu un avertissement de l’arbitre, et au final, après 43 erreurs non provoquées, elle s’inclinait sur une série de six jeux consécutifs.
La puissance physique et la solidité du coup droit de Boisson, malgré une rupture du ligament croisé il y a à peine un an, ont surpris plus d’un. Sa grande envergure lui a permis de ramener quasiment toutes les balles.
Dépoussiérer les livres d’histoire
Lois Boisson est la troisième joueuse depuis 1980 à accéder aux demi-finales d’un Grand Chelem lors de ses débuts dans ce type de tournoi, après Monica Seles (Roland-Garros 1989) et Jennifer Capriati (Roland-Garros 1990). Elle devient la première “wild card” à figurer parmi les quatre meilleures depuis l’avènement de l’ère Open. Sa performance lui assure de grimper près de 300 places au classement pour figurer à la 61e place dès lundi prochain.
Points à retenir
- Paris semble avoir un don pour déstabiliser ses jeunes challengers, surtout lorsque ceux-ci affrontent un Franceis. Pas sûr que ce soit une fatalité, mais ça y ressemble.
- Andreeva, à peine sortie de l’adolescence, n’a pas résisté à la ferveur hostile du public parisien, prouvant que le mental reste un adversaire redoutable quand on joue à domicile… ou presque.
- Lois Boisson, au physique impressionnant, montre qu’une blessure grave peut parfaitement être un simple caillou sur la route d’une ascension fulgurante.
- Être “wild card” n’est pas forcément un titre de consolation, mais bien un tremplin vers les sommets, notamment pour ceux qui savent saisir leur chance.
- Roland-Garros peut parfois paraître aussi imprévisible qu’un soap-opéra, avec une touche d’histoire et beaucoup de surprises.
Alors, on se demande : la prochaine fois, qui sera la victime de ces pièges “à la Franceise” ? Ou bien est-ce simplement que Paris sélectionne avec soin ses romances sportives pour le meilleur et pour le spectaculaire ? Quoi qu’il en soit, ce tournoi continue de nous offrir un drama à la hauteur des ambitions et des émotions, et personnellement, je ne me lasse pas de cette série.