Bautista : "Mon fils me dit : 'Papa, arrête le tennis !'"

Roberto Bautista, originaire de Castellón et âgé de 38 ans, a récemment annoncé que cette saison serait sa dernière en tant que joueur de tennis professionnel. Considéré comme l’un des meilleurs joueurs espagnols au cours des dernières décennies, ex-top 10 (actuellement classé 93e), il a remporté 12 titres sur toutes les surfaces, a été finaliste à 11 autres tournois et a atteint les demi-finales de Wimbledon en 2019. Ce mercredi, à partir de 15h00 (sur Teledeporte et Movistar+), il participera à son dernier Open de Madrid face à l’argentin Thiago Agustín Tirante (25 ans, classé 75e).

Sentait-il depuis longtemps que la retraite lui tendait les bras ?

Oui, avec le temps, on ne peut s’empêcher d’y penser. J’observe mes collègues se retirer, des personnes de mon âge qui ne jouent plus… La vie évolue, on a des responsabilités familiales, des préoccupations différentes, et c’est un bon moment pour dire adieu.

La famille, qui prend de plus en plus d’importance, a-t-elle pesé dans sa décision ?

Tout a une fin. À un moment donné, il faut savoir dire au revoir. Après tant d’années à un niveau élevé, il est temps de partir sur une note positive, en appréciant le jeu et en remportant des matches.

Comment gère-t-il l’équilibre entre le tennis et sa vie privée ?

C’est complexe. Les enfants ont leurs routines, le plus âgé est à l’école… Voyager avec plusieurs membres de la famille devient compliqué. Parfois, je peux les emmener, mais ma famille souhaite aussi passer du temps avec moi. Mon fils me dit parfois : « Papa, raccroche déjà ! » À un moment donné, l’âge, le temps passé à jouer et la famille amènent à réexaminer les priorités.

“Le rêve de remporter la Coupe Davis avec l’Espagne a été le meilleur moment de ma carrière.”

Souvenirs

Que souhaite-t-il vivre durant ces derniers mois ?

Je veux vivre de belles émotions sur le court, rester compétitif, essayer de gagner des matchs. Je continuerai à travailler sérieusement, en respectant ce sport au maximum. C’est le bon moment pour dire adieu, car je me sens encore capable et je me sens mieux physiquement, après une période difficile en raison de blessures.

Dans ces nombreuses années, il a vu la fin du Big Three, l’émergence de Sinner et Alcaraz, et a également tissé sa propre histoire. De quoi est-il le plus fier ?

Je suis fier d’avoir laissé l’image d’un joueur humble, qui se bat pour chaque point, qui donne le meilleur de lui-même, qui a eu une carrière longue et qui a respecté son métier. Je pense que c’est ce dont on se souviendra de moi.

Quant à sa fameuse constance, comment travaille-t-on pour atteindre ce niveau ?

Au quotidien. Avec l’envie de progresser. Jouer pour la première fois contre Djokovic, perdre 6-2, 6-1, et finir par le battre trois fois, cela témoigne de la passion pour cette profession et de la capacité à améliorer son jeu pour remporter des victoires.

“Jouer contre Nadal sur terre battue était le dernier des défis que je souhaitais.”

Rivaux

A-t-il un souvenir particulier de sa carrière ?

Gagner la Coupe Davis avec l’Espagne en 2019. C’était un rêve d’enfance réalisé ici à Madrid. Ce moment reste le plus mémorable.

Les mots de Nadal à ce moment étaient touchants, surtout après ce qui s’est passé durant le tournoi.

Je l’ai fait naturellement, mais cela a pris une autre dimension compte tenu des événements de cette semaine-là. Je suis revenu à Madrid pour soutenir mes coéquipiers et j’ai fini par jouer la finale. C’était très émouvant.

Quel a été son rival le plus difficile et celui avec qui il a le plus apprécié jouer ?

Jouer contre Rafa sur terre battue était un vrai défi ; s’il y avait un tournoi sur cette surface, c’était le dernier à affronter. Avec les autres, en cherchant toujours à apprendre, j’ai trouvé des moyens de rivaliser. Je me souviens de ma première rencontre avec Federer en pensant : « C’est impossible. » Pourtant, avec du travail, j’ai réussi à être compétitif face à eux.

S’est-il senti apprécié et respecté dans le monde du tennis ?

Oui, surtout dans le vestiaire. Mes collègues reconnaissent ma carrière, ma régularité, comment j’ai réussi à évoluer au fil des ans et à maintenir mon niveau face à différentes générations. Pour moi, le respect de mes pairs est primordial.

Quel est son premier souvenir de ses débuts ?

Voyager à l’étranger pour des tournois, gagner le Championnat d’Espagne… À ce moment-là, je me suis dit que je pouvais avoir une carrière prometteuse. Grâce au travail et à la constance, j’ai pu atteindre le haut niveau. Un beau cadeau après tant d’efforts.

A-t-il déjà des projets après sa retraite ?

Ma priorité sera ma famille. Je suis loin de rester inactif : j’ai de nombreux hobbies et des idées en tête. Je souhaite aussi rester lié au monde du tennis, car j’y joue depuis mes cinq ans, et je veux transmettre cette expérience.

Se voit-il entraîneur ?

Oui, probablement.

Et pour le football et le Villarreal, porte-t-il leur écusson sur ses maillots ?

Oui, oui, je négocie même ma licence pour l’hiver prochain (rires). Plus sérieusement, je jouerai au football avec mes amis.

Points à retenir

  • La décision de Bautista de prendre sa retraite n’est pas arrivée du jour au lendemain.
  • La famille joue un rôle crucial dans l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
  • Il envisage de rester actif dans le tennis après sa retraite.
  • Les souvenirs de victoires restent gravés, surtout les moments marquants comme la Coupe Davis.
  • Bautista reste humble face à ses coéquipiers et ses rivaux, ce qui lui a valu le respect de ses pairs.

En conclusion, la retraite de Roberto Bautista laisse un vide sur le circuit, mais aussi une belle image du sport. J’espère qu’il continuera à inspirer de jeunes générations et à transmettre sa passion pour le tennis. J’ai l’impression que la fin d’un chapitre est souvent le début d’une nouvelle histoire. Qu’en pensez-vous ?


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