La “player board” de la WTA a réagi à ces données en déclarant : « Même si la source provient d’un nombre relativement restreint de comptes, l’impact peut être considérable. Il est rassurant de voir que la WTA et World Tennis prennent cela au sérieux : elles soutiennent les joueuses et rendent clairement évident que ce type de comportement n’est pas acceptable. »
Le communiqué ajoute que les progrès décrits dans ce rapport montrent « l’intérêt de travailler en collaboration au sein du sport et avec ses partenaires » : repérer les contenus abusifs, accompagner les victimes et engager des mesures concrètes contre les responsables.
Le dispositif de “threat matrix” s’appuie sur l’intelligence artificielle, assistée par des analystes humains, pour évaluer des contenus publiés sur X, Instagram, YouTube, TikTok et Facebook.
La WTA et World Tennis estiment qu’un effort coordonné—une forme d’« action collective »—est nécessaire pour parvenir à « des progrès significatifs » dans la lutte contre les abus.
En 2025, la Britannique Katie Boulter a indiqué à BBC Sport qu’elle avait reçu des menaces de mort. Des joueuses ont également plaidé pour que les plateformes introduisent une vérification d’identité, afin de tenter de limiter le problème.
Les deux organisations précisent : « Les informations issues de ce rapport sont essentielles pour élargir notre compréhension de la question et agir de façon décisive afin de protéger les victimes de cette violence en ligne, en sanctionnant les auteurs. » Elles ajoutent : « Les résultats d’aujourd’hui montrent l’efficacité des actions menées jusqu’ici, mais pour avancer davantage, il faudra une action collective de la part des entreprises de médias sociaux, des forces de l’ordre, des instances dirigeantes et de l’industrie du jeu. Nous continuerons à plaider activement dans ce sens. »
Côté tennis masculin, un nouveau système alimenté par l’intelligence artificielle est également en place. Il a permis de bloquer 162 000 publications en un an afin de contrer des formes d’abus particulièrement graves.
Points à retenir
- La lutte contre les abus repose sur un duo assez logique : IA pour analyser vite, humains pour juger avec discernement.
- Les plateformes visées sont nombreuses : quand on multiplie les réseaux, on multiplie aussi les angles… et donc le travail.
- Le “problème” ne vient pas de partout, mais l’impact, lui, peut être massif. Petit groupe, gros dégâts : c’est l’ironie du web.
- La vérification d’identité revient dans le débat : une mesure qui fait grincer des dents, mais qui pourrait réduire l’anonymat le plus toxique.
- Les progrès actuels existent, mais les organisations appellent clairement à une mobilisation plus large (plateformes, autorités, instances, secteur du jeu).
À mes yeux, le message central est simple : on ne pourra pas “désamorcer” la haine en ligne avec une seule technologie, ni avec une seule institution. L’intelligence artificielle aide à filtrer, mais c’est la responsabilité collective—et la volonté politique—qui détermine si les victimes sont réellement protégées. Et comme journaliste, je ne peux pas traiter ça comme un simple sujet de sport : ces menaces en ligne, ce sont des atteintes concrètes, et elles méritent une réponse ferme, immédiate, et durable.