
Luis Horna a tranché : les deux joueurs qui représenteront le Pérou en simple face au Paraguay, dans le cadre de la Coupe Davis 2026 (Groupe mondial I), sont désormais connus. Ignacio Buse sera le premier numéro national, et Juan Pablo Varillas occupera la deuxième raquette. La conséquence est simple : Varillas jouera deux matchs en simple sur la durée de la confrontation. Quant à Gonzalo Bueno, malgré une position plus favorable au classement ATP, il ne figurera dans aucun des cinq affrontements.
Cette décision a suscité des interrogations, notamment à cause de l’écart au classement. Bueno est actuellement 172e au monde, tandis que Varillas pointe à la 190e place. Mais le capitaine péruvien a insisté sur un point : la sélection n’a pas reposé uniquement sur le rang global.
Horna a expliqué que l’équipe a suivi de près les deux joueurs durant les dernières semaines, puis a ajusté la décision en fonction de la manière dont chacun abordait la fin de préparation, juste avant la série contre le Paraguay.
« Au fil des dernières semaines, on a suivi les deux joueurs très clairement, assez “sur le terrain”. Et au final, c’est une décision prise selon la façon dont on arrive aux derniers jours, aussi selon ce qu’on a envie de voir sur le court », a déclaré le capitaine.
Le capitaine de la “bicolor” détaille les critères retenus, avec un accent sur le moment compétitif des deux joueurs.
L’aspect physique a également compté. Horna a reconnu que le choix a été difficile, car les deux joueurs arrivaient avec des éléments positifs, ce qui rendait la comparaison moins évidente.
« On observe l’évolution du plan physique et toutes ces variantes, on les met sur la table pour prendre la meilleure décision possible. La réalité, c’est que ça a été une décision super compliquée. Les deux joueurs arrivent en forme, et tant mieux. Évidemment, c’est difficile — dans le bon sens — d’avoir autant d’options dans l’équipe pour déterminer qui va entrer sur le court », a-t-il ajouté.
Autrement dit, le classement reste une référence, mais il n’est pas le seul repère utilisé pour ordonner les matchs en simple.
Du côté de Juan Pablo Varillas, l’entrée dans la série s’appuie sur un rythme compétitif récent. Le Péruvien a disputé le Challenger de Como, où il a atteint la finale avant de s’incliner face au Croate Matej Dodig. Il a ensuite poursuivi sa campagne en Italie, en atteignant les quarts de finale du Challenger de Génova.

Ce parcours lui a permis de conserver un bon niveau de compétition avant la Coupe Davis. Varillas devra ensuite affronter Daniel Vallejo, actuellement 58e au monde et principal joueur paraguayen, lors du deuxième match du vendredi.
Son deuxième rencontre aura lieu le samedi, face à Hernando Escurra, si la série va jusqu’au cinquième match. Dans ce scénario, le Péruvien pourra donc effectivement disputer deux simples.
Pour Gonzalo Bueno, le contexte est plus compliqué. Il arrivait en étant le deuxième joueur péruvien le mieux classé au classement ATP, mais il a finalement été écarté du programme. À 22 ans, il occupe la 172e place, soit 18 positions devant Varillas.
Sa situation physique a aussi pesé dans le “tableau” global des dernières semaines. Bueno s’est retiré du Challenger de Séville après avoir passé le premier tour, en raison d’une gêne dans le bas du dos. Horna n’a pas présenté cet épisode comme l’unique raison de son non-sélection, mais il a confirmé que l’évolution physique des deux joueurs a fait partie des éléments pris en compte.

Au final, la décision du capitaine ne peut pas se résumer à “le mieux classé joue”. Le suivi pendant la préparation, le niveau physique et la capacité à apporter sur le court ont également orienté le choix.
Le Pérou abordera donc la série avec Ignacio Buse et Juan Pablo Varillas comme deux joueurs en simple. Gonzalo Bueno, malgré sa place plus haute au classement, devra attendre son opportunité depuis l’extérieur du programme. Horna l’a justifié en rappelant qu’il s’agissait d’une évaluation plus complète des deux profils.
Points à retenir
- Le classement ATP compte, mais Horna a rappelé qu’il ne décide pas à lui seul : l’état des joueurs “au moment J” a pesé.
- Varillas arrive avec un rythme récent, grâce à des performances sur le circuit Challenger (et pas juste un numéro au classement).
- Le physique a été un critère concret : on n’a pas choisi “au feeling”, on a comparé l’évolution et la disponibilité.
- Bueno, pourtant mieux placé au ranking, a été mis de côté pour la programmation : parfois, la meilleure place ne sert qu’à regarder les matchs.
- Si la série va jusqu’au bout, Varillas a toutes les chances d’enchaîner deux simples — et ça, c’est rarement un cadeau… mais c’est aussi un avantage pour ceux qui aiment jouer souvent.
À mes yeux, ce type de sélection dit quelque chose d’important : la Coupe Davis n’est pas seulement un exercice de chiffres, c’est une compétition d’instant et de gestion humaine. Et si on veut vraiment comprendre le débat autour de Bueno et Varillas, il faut accepter cette idée un peu frustrante : parfois, le classement n’est qu’une photo, et la préparation, c’est le film. Moi, je préfère quand les choix sont expliqués clairement — et surtout quand ils invitent à regarder le sport au-delà du “qui est le plus haut”. Comme journaliste, je trouve que c’est aussi ça, une certaine responsabilité : ne pas réduire les athlètes à des positions, mais analyser ce qu’ils peuvent réellement produire sur un court, sous pression, pour une équipe.