La 99e raquette mondiale, la joueuse allemande Eva Lys, parle de soucis de santé qui l’empêchent d’être pleinement compétitive.
Eva Lys ne cache pas que plusieurs de ses difficultés trouvent une explication physiologique. Depuis 2020, la tenniswoman souffre de la spondylarthrite, une maladie chronique qui touche la colonne vertébrale et les articulations. Un problème qui se répercute directement sur l’entraînement, mais aussi sur la gestion du calendrier.
« Je vis avec ça tous les jours, et ce sera comme ça tant que je joue. Je dois faire attention », explique celle qui occupe actuellement la 99e place du classement WTA.
Selon elle, son état ne perturbe pas seulement les performances : il oblige aussi à ajuster des séances pourtant prévues.
« Je ne fais pas beaucoup de plans pour l’avenir, parce que je sais que tout dépendra de mon corps. C’a été l’année la plus difficile de ma vie. J’ai essayé de donner le maximum, mais mon corps m’a dit de ralentir », confie Eva Lys.
Deux mois : le délai dont elle a besoin pour inverser la tendance
La joueuse allemande estime que cette situation explique une partie de ses variations de forme sur la saison, ainsi que le nombre limité de matches où elle a pu réellement être sur le terrain.
« C’est aussi pour ça que je n’ai pas pu jouer beaucoup de rencontres, et que j’ai connu des hauts et des bas sur le plan physique », souligne-t-elle.
Cette semaine, à l’occasion du tournoi WTA-250 de São Paulo, où elle est tête de série n°5, elle affiche des objectifs mesurés. Avant son premier match face à Gabriela Ce, sa priorité est simple : se sentir mieux physiquement et accumuler davantage de rencontres.
Le contraste avec le début de saison est frappant. À l’United Cup, Eva Lys avait poussé Iga Świątek jusqu’au troisième set, et avait été proche d’une victoire qui aurait pu lancer une dynamique plus durable. Plusieurs mois plus tard, elle se remémore cette rencontre comme un point d’appui.
« Je sais que je vais dans la bonne direction, mais j’ai besoin d’être physiquement forte pour rivaliser avec ces adversaires », explique la tenniswoman.
Dernier exemple : l’US Open, où elle a affronté Mira Andreyeva. Eva Lys dit avoir retrouvé des sensations intéressantes, mais estime ne pas avoir été suffisamment prête physiquement pour viser un haut niveau face à une joueuse du top 10. Plutôt que de chercher une raison 100% “tennis” à son parcours en 2026, elle dit avoir choisi de travailler un autre aspect : apprendre à écouter son corps.
« Je pense que ça va s’améliorer maintenant », conclut-elle, avec un optimisme prudent.
Points à retenir
- Le problème n’est pas seulement “la forme du jour” : depuis 2020, la spondylarthrite pèse sur la préparation et le rythme des entraînements.
- Ses objectifs ressemblent moins à un plan stratégique qu’à une check-list du quotidien : prudence, ajustements, et écoute du corps.
- La saison a été marquée par des hauts et des bas, et pas forcément par un manque de travail—plutôt par des limites physiques qui changent la donne.
- À São Paulo, son enjeu n°1 est d’enchaîner des matches : quand le corps suit, le reste a plus de chances de suivre aussi.
- La bonne nouvelle, c’est qu’elle parle d’amélioration progressive plutôt que d’attendre un “miracle” immédiat.
De mon côté, ce qui me frappe, c’est à quel point le tennis peut avoir l’air d’un sport de décisions nettes sur le court, alors qu’en coulisses, il ressemble parfois à une négociation permanente avec le corps. En tant que journaliste, je crois qu’on devrait regarder ces récits comme une réalité—et pas comme une excuse automatique. Et si on prenait aussi le temps de mieux comprendre ce que ces athlètes endurent, sans réduire leurs performances à un simple score ? C’est, à mon avis, une conversation qui mérite d’être ouverte.