Pablo Carreño, originaire de Gijón et connu pour son élégance sur le court, reste concentré sur son parcours après s’être assuré une place parmi les cent meilleurs joueurs du classement. Son calendrier pour les mois à venir comprend le prestigieux Trofeo Conde de Godó, Roland Garros et, potentiellement, Wimbledon. De retour dans sa ville natale après un bref repos, il s’entraîne au TEC Carles Ferrer Salat, où il croise la jeune espoir asturienne, Paola Piñera.
– Vous avez pris un petit repos, n’est-ce pas ?
– Effectivement. J’avais prévu de participer à Murcia, Alicante et Bucarest, mais après de bons résultats lors des deux premiers tournois, où j’ai atteint mes objectifs de qualification pour Roland Garros et de figurer parmi les cent premiers, nous avons décidé de faire une pause.
– L’objectif était clair, jouer Roland Garros ?
– Absolument, le classement se fait cette semaine. L’année dernière, j’ai dû me battre jusqu’à la dernière minute pour obtenir ma place, mais cette fois, je suis arrivé avec un peu plus de marge et j’ai pu passer quelques jours tranquilles à Gijón avec ma famille. Le Trofeo Conde de Godó arrive vite.
– Qu’est-ce qui fait la magie de Paris ?
– C’est un Grand Chelem. Participer à ces tournois prestigieux est essentiel, car ce sont les meilleurs endroits pour jouer. Je pense qu’avec mes résultats récents, ma place à Wimbledon est pratiquement garantie.
– Vous avez bien commencé cette saison.
– Janvier et la première moitié de février ont été un peu compliqués. J’ai eu quelques matchs corrects, mais les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Cependant, à partir de Doha, j’ai commencé à gagner, ce qui m’a permis de changer la dynamique.
– Quelle part de talent et de sacrifice dans votre parcours ?
– Lors de ma blessure, j’étais proche du top 10, mais en revenant, j’ai dû tout reconstruire. Récupérer le niveau et la confiance a été un défi. Je commençais aussi à m’adapter à ma nouvelle vie de père. Maintenant, je peux me concentrer sur la victoire et améliorer mon classement.
– Comment se porte votre condition physique ?
– Mon coude va parfaitement bien, et je me sens en bonne forme. Il y a quelques douleurs habituelles, mais rien de sérieux.
– Votre séjour à Gijón a-t-il été bon pour décompresser ?
– Oui, l’expérience aide. Passer du temps avec mon fils me permet de déconnecter complètement du tennis. Ça me donne une énergie renouvelée quand je retourne sur le terrain.
– Est-ce difficile de jongler entre le tennis et la vie familiale ?
– La pression en dehors des courts est depuis plus forte. Quand ça ne se passe pas bien, je relativise davantage les enjeux.
– Pensez-vous que la société idéalise trop le sport ?
– Pas seulement le tennis, mais tous les sports. Les gens voient l’image glamoureuse, mais derrière, il y a beaucoup de sacrifices et de moments difficiles loin de sa famille et des amis. Ceux qui nous entourent voient et apprécient cela.
– Qu’est-ce qui est le plus difficile à gérer ?
– Les entraînements et les déplacements font partie de ma vie depuis l’adolescence. Ce qui est le plus dur, c’est de manquer des moments précieux avec ceux que j’aime. À vingt ans, on priorise d’autres choses, mais aujourd’hui, je souhaite passer plus de temps avec mon fils.
– Quand vous revenez, parvenez-vous à vous intégrer dans la vie de vos amis ?
– Petit à petit, oui. Ma priorité a évolué, mais je fais toujours des efforts pour jouer au tennis.
– Êtes-vous reconnu à votre retour à Asturias ?
– À Gijón, on me reconnaît davantage, mais je ne suis pas dérangé par cela. Dans d’autres endroits, c’est plus difficile, car des stars comme Nadal et Alcaraz attirent l’attention.
– Comprenez-vous l’engouement pour les sportifs de haut niveau ?
– Oui, car enfant, j’étais moi-même admiratif des athlètes. Le sport véhicule des valeurs importantes qu’il faut transmettre aux jeunes.
– Pensez-vous que les sportifs doivent être un modèle ?
– Oui, cela fait partie de notre rôle. Nous devons montrer un bon exemple pour les jeunes.
– Qui vous a inspiré en tant que modèle ?
– Mon idole était Juan Carlos Ferrero. J’ai eu la chance d’apprendre beaucoup à ses côtés.
– Que pensez-vous du divorce entre Ferrero et Alcaraz ?
– Un peu inattendu, mais je suis sûr que la situation se réglera rapidement.
– Comment avez-vous ressenti le départ de votre entraîneur, Samu López, vers Alcaraz ?
– Cela m’a surpris, car nous étions en plein dans nos discussions pour la saison prochaine. C’est une décision compréhensible.
– Alcaraz a-t-il été jugé peu engagé ?
– Il a atteint la célébrité très jeune et, même s’il veut s’amuser, il doit donner le meilleur de lui-même sur le terrain.
– Vous partagez des installations avec la jeune Paola Piñera ?
– Oui, elle s’entraîne bien. Il faut lui donner le temps de grandir à son rythme.
Points à retenir
- Pablo Carreño jongle entre sa carrière et sa vie de famille avec une certaine aisance.
- La pression émotionnelle peut parfois éclipser le simple plaisir de jouer au tennis.
- Être un athlète professionnel ne se limite pas à la gloire ; le sacrifice est souvent invisible aux yeux du public.
- Les nouveaux talents comme Paola Piñera doivent évoluer sans pression excessive.
À réfléchir : comment concilier réussite personnelle et sacrifices familiaux ? Évidemment, la passion pour ce que l’on fait doit coexister avec les valeurs humaines. Le sport, tout en étant un puissant vecteur d’inspiration, ne doit jamais faire oublier ceux qui nous entourent et qu’on chérit.