Aryna Sabalenka, en apparence fière, très expressément émotionnelle — et parfois un brin indomptable — aborde Wimbledon comme une sorte de “rattrapage personnel”. La Biélorusse n’a jamais atteint la finale dans le tournoi, et elle a encore chuté à trois reprises en demi-finales. Cette fois, l’impulsion vient aussi d’un revers à Roland-Garros, où elle s’est effondrée en quarts face à Diana Shnaider. Un coup dur qui l’a poussée à remettre sa carrière sur la table. “Je peux gagner à Wimbledon.”
Dans une interview accordée à The Guardian, Sabalenka raconte sa jeunesse à Minsk et se livre davantage sur son rapport aux autres. Elle reconnaît qu’à cause de son visage et de son attitude, certaines personnes peuvent se faire des idées. “Quand tu me vois pour la première fois, tu te dis que je suis une sorcière à cause de mon look”, confie-t-elle au quotidien londonien.
Elle évoque aussi comment elle a fait la rencontre de Paula Badosa, sa meilleure amie sur le circuit. “Quand on s’est rencontrées, je me suis dit : ‘Oh, je croyais que tu étais une sorcière !’. Et elle m’a répondu : ‘Moi aussi, je pensais que tu étais une sorcière’. Je lui ai dit : ‘Bon, alors je suppose que ce n’est pas vrai… donc on peut être amies’. Elle m’a répondu : ‘Oui, en fait on se ressemble beaucoup. Je pense que c’est juste la manière dont on se montre sur le court’.”
Quand je marche avec ce visage peu expressif, sans émotions, je peux donner l’impression d’être très agressive. Donc je comprends pourquoi certains pensent que je suis méchante.
Sabalenka estime qu’il y a aussi une explication très simple derrière cette perception : son “mode sérieux” pendant les matchs. “Quand je marche avec cette expression, sans émotions, je peux sembler agressive. Je comprends donc pourquoi certains me jugent. Quand tu me connais mieux, tu comprends que c’est quelque chose avec lequel je suis née”, poursuit-elle.
Aryna Sabalenka s’entraîne à Wimbledon.
L’ancienne “bombe contenue” parle aussi de la manière dont elle gère l’émotion. Elle admet avoir besoin d’un exutoire : “Même si parfois on me voit m’émouvoir ou crier à l’adresse de mon équipe, c’est quelque chose dont j’ai besoin. On en a parlé avec eux : quand je sens que je me retiens trop, il faut que je jette la raquette, que je crie un truc, puis que je laisse sortir. J’ai maintenant plus de contrôle, mais je fais encore des choses dont je ne suis pas fière. Dans la vie réelle, j’essaie d’éviter les conflits. J’aime transmettre de la joie. Dans la vie réelle, je suis différente.”
Points à retenir
- Wimbledon n’est pas seulement un objectif sportif pour Sabalenka : c’est aussi une manière de tourner une page après ses récents à-coups.
- Son image “sérieuse” sur le court alimente les malentendus : visage peu expressif, gestes contenus… et l’esprit des gens part parfois dans le mauvais sens.
- Son “libérateur” émotionnel est assumé : la tension doit parfois sortir, même si elle reconnaît ne pas être fière de tout.
- Entre elle et Badosa, l’amitié naît aussi d’un premier quiproquo… et d’un constat : sous le jeu, il y a surtout une attitude.
À mon avis, ce que raconte Sabalenka, c’est moins une histoire de “choc des caractères” qu’une réflexion sur la façon dont on lit les sportifs : un visage, une posture, et tout le monde conclut trop vite. Moi, je trouve ça intéressant (et un peu injuste) — parce qu’on parle d’athlètes, mais on oublie souvent de regarder l’humain derrière le score. Et si, en 2026, le sport pouvait aussi servir à corriger nos réflexes de jugement… alors là, je dis banco : un bon match, oui, mais une vraie lucidité aussi. Je suis partisan d’un regard plus juste, sur le court comme en dehors.