On dit que la troisième fois est la bonne. Et jeudi soir, Mirra Andreeva a visiblement décidé de rendre l’adage vraiment crédible. La joueuse russe a signé sa première victoire face à la n°19 mondiale, Ekaterina Alexandrova, en s’imposant 7-6 (4), 7-6 (3) en 1 h 53, pour rallier pour la première fois les demi-finales à Pékin.
Un match qui a basculé dans les tie-breaks
Dans le deuxième set, Andreeva a mené 5-3 et a même eu le match en main en servant pour conclure… avant de se faire rejoindre. Alexandrova a forcé un tie-break, et c’est là que tout s’est joué : Andreeva a claqué un coup gagnant de revers pour prendre l’avantage 3-2, puis a littéralement accéléré. Elle a empoché cinq des six derniers points pour décrocher la victoire.
Après la rencontre, Andreeva a reconnu avoir senti la pression malgré le score : « Même quand je menais 5-2 dans le deuxième set, je sentais qu’elle continuait à me pousser. Je pensais qu’elle jouait mieux que moi, et je n’ai pas saisi mes chances. Je pouvais être plus agressive. Mais quel match… Je suis vraiment contente de la façon dont ça s’est passé. »
Et à propos d’Alexandrova : « Elle a joué incroyablement aujourd’hui. Je suis très heureuse d’obtenir ma toute première victoire contre elle. »
Une étape de plus dans sa trajectoire
Grâce à ce succès, Andreeva affiche désormais un bilan de 1 victoire pour 2 défaites contre Alexandrova sur le circuit WTA. Auparavant, elles s’étaient croisées deux fois sans qu’Andreeva ne réussisse à prendre un set.
Elle devient aussi la plus jeune joueuse à atteindre les demi-finales du China Open depuis Agnes Szavay en 2007. De quoi donner à cette semaine à Pékin une saveur particulière, même pour celles et ceux qui n’aiment pas trop les statistiques…
Statistiques : l’avantage était dans le détail
Sur la feuille de match, l’écart semble serré. Sur le fond, ça penche clairement du côté d’Andreeva.
Elle a converti 62 % de ses premières balles de service et a remporté 71 % des points derrière sa première balle. Côté bilan entre gagnants et fautes directes, elle termine avec un différentiel positif : 23-16, dont 15-5 dans le deuxième set. Les deux joueuses ont chacune breaké quatre fois : Andreeva a transformé 4 balles de break sur 7, contre 4 sur 10 pour Alexandrova.
Autre chiffre marquant : 296 balles de break converties, un total qui constitue le meilleur bilan sur les matches du tableau principal WTA en 2026. Et quand on regarde le nombre de gagnants, Andreeva pointe aussi très haut, derrière seulement quelques noms déjà bien installés.
Place aux demi-finales : duel de jeunes talents
En demi-finales, Andreeva affrontera Nikola Bartukova. Celle-ci a créé la surprise en dominant Karolina Muchova, 6-3, 6-0, en seulement 67 minutes. Pour Bartukova, c’est aussi la première qualification dans le dernier carré d’un WTA 1000.
Ce sera la deuxième confrontation entre les deux joueuses : leur première a eu lieu à l’US Open le mois dernier, où Andreeva s’était imposée 6-2, 7-6 (5).
Andreeva a évoqué ce prochain match : « Elle a battu beaucoup de très bonnes joueuses pour arriver là. Ce match sera compliqué. Même si j’ai gagné à l’US Open, j’avais senti que c’était dur. Il y a eu des hauts et des bas. Je pense que ce sera un match très divertissant à regarder. Elle est incroyable, donc je suis super excitée à l’idée de rejouer contre elle. »
Et elle a ajouté, avec une pointe d’ironie bien sympathique, que c’est aussi une confrontation entre joueuses jeunes : « Elle a aussi beaucoup de jeunesse, donc c’est un affrontement de… nouvelle génération. Enfin bref, des jeunes. »
Avec un total d’âge combiné de 40 ans et 6 jours, Andreeva et Bartukova composeront la 4e demi-finale la plus jeune du WTA 1000 depuis 2009. Les comparaisons existent, même quand on ne les demande pas.
Pour la finale, le vainqueur retrouvera l’une des joueuses suivantes : Elina Svitolina (tête de série n°6), Iga Swiatek (n°8), Elise Mertens (n°13) ou la favorite locale Zheng Qinwen.
Points à retenir
- Andreeva passe une grande étape grâce à deux tie-breaks remportés, après avoir mené largement dans le deuxième set avant de se faire rejoindre.
- Son service a fait le travail dans les moments clés : beaucoup de premières balles trouvées et un rendement solide derrière.
- Le match n’a pas “décidé” d’un seul coup : tout s’est joué sur des détails, notamment le rythme gagné à la fin des échanges décisifs.
- En demi-finales, Andreeva ne change pas de décor : Bartukova arrive avec une dynamique convaincante et une forme qui impose le respect.
Au final, je trouve que la meilleure histoire ici n’est pas seulement le score : c’est la capacité d’Andreeva à garder le cap quand le match lui échappe un peu. Et si le tennis nous apprend quelque chose, c’est bien que la régularité émotionnelle compte autant que la puissance. À partir de là, j’attends la suite avec l’envie (et l’espoir) que ces jeunes arrivées continuent de bousculer les habitudes du circuit. Un peu de mouvement, dans un sport souvent trop prévisible, ça fait du bien—et je le dis avec l’enthousiasme d’un journaliste qui n’a pas envie de rester spectateur.