


Plus d’excuses, place à la victoire pour Tom Pidcock
Dire qu’on aimerait bien voir Tom Pidcock gagner le Giro de Lombardía ne relève pas d’une exagération… disons plutôt que c’est exactement ce qu’on ressent. Et pas seulement parce qu’on a envie de rêver.
On parle d’un coureur qui traverse une saison particulièrement solide : il enchaîne les attaques, bouscule les repères de ses rivaux et se retrouve logiquement dans les courses les plus intéressantes. Bref, il est devenu un habitué des fronts de course.
Sa campagne, marquée par beaucoup de deuxièmes et de troisièmes places, contient quand même des moments qui comptent : Milan–Turin, une étape en Andalousie, le Tour des Alpes, la classique d’Andorre, ou encore le Gran Premio Industria y Artesanía.
Mais il y a un détail qui saute aux yeux : Pidcock semble chercher plus grand. Pas juste un bon résultat, pas seulement “être là”. Un vrai succès qui pèse.
Et cette fin de saison, après avoir remporté le Mondial de VTT, repose sur une puissance qui le remet en position de référence. Sauf que, sur la route, tout n’a pas tourné comme il l’aurait mérité.
On a eu ce sentiment tenace que le Mondial sur route aurait dû lui sourire davantage. Pourtant, au moment décisif, des déséquilibres sont apparus. Il était entouré de coureurs américains qui savaient exactement comment gérer la tactique.
Pendant que certains tentaient de casser la course de loin, de faire sauter les favoris et de pousser au maximum, Pidcock, lui, a fini par émerger dans une épreuve d’une dureté bien réelle.
Ce scénario s’est aussi retrouvé ailleurs. Aux Tre Valli Varesine, il a dominé le Belge Jarno Widar dans l’un des plus beaux final de l’année. Et au Giro d’Emilia, il a repris l’avantage dans la montée vers San Luca après le mouvement de Davide Piganzoli.


Et ce n’est pas tout : les places de deuxième de Pidcock s’accumulent. Sur le Tour de France, il a frôlé la victoire à plusieurs reprises, s’est échappé souvent, et a même fini neuvième en s’appuyant sur des kilomètres en solitaire.
Il a d’ailleurs démarré l’année avec des performances très tôt : troisième à Murcia, deuxième à Jaén. Et personne ne semble contester un point essentiel : il a été le seul coureur capable de suivre Tadej Pogačar sur le Poggio.
Alors, au vu des résultats, de tout ce qui a été construit et de l’idée logique de “mettre une cerise” à une forme régulière sur toute la saison, une conclusion s’impose : on a envie de voir Tom Pidcock se couronner en Lombardie.
Points à retenir
- Pidcock enchaîne les podiums, mais l’étape suivante (le vrai grand succès) tarde à arriver : ce n’est pas un drame… mais c’est frustrant.
- Son passage par le VTT n’est pas “un détail de calendrier” : on retrouve une agressivité et une capacité à relancer au bon moment.
- Quand la course devient très dure, il ne se contente pas d’observer : il essaie de prendre la responsabilité, et ça finit souvent par payer.
- Les tactiques adverses ont parfois été trop propres pour lui sur certains rendez-vous (et là, oui, ça fait partie du jeu).
- Le Tour de France montre aussi un point intéressant : il peut être à l’avant longtemps, pas seulement sur un coup d’éclat.
Au final, je me dis que le cyclisme aime parfois trop les trajectoires “presque”. Et moi, je préfère quand “presque” se transforme en “maintenant”. Si Pidcock doit prendre une grande décision en saison, la Lombardie ressemble à l’endroit où il est le plus logique de la voir… et de la défendre, pour une fois, jusqu’au bout. En tant que journaliste, je le dis sans détour : le sport mérite qu’on s’intéresse aussi à ceux qui construisent des saisons complètes, pas seulement à ceux qui “tombent” sur la bonne journée.