Au cœur du monde sportif, les stars apprennent rapidement à naviguer entre les succès et les échecs. Mais peu d’entre elles, comme Jelena Dokic, ont traversé des épreuves aussi extrêmes. Soumise à des abus physiques et psychologiques de la part de son père, elle a lutté contre la dépression et un trouble de l’alimentation, frôlant même le pire dans ses moments de désespoir.
Cependant, Dokic n’a jamais abandonné, faisant preuve d’une résilience rare, nourrie par son enfance dans un pays ravagé par la guerre et son expérience de réfugiée à deux reprises. née en Croatie, elle a vécu en Serbie avant de s’établir en Australie. À plusieurs reprises, même lors des pires moments hors du terrain, elle a réussi à offrir des performances incroyables sur celui-ci.
En 1999, à seulement 16 ans, elle a battu Martina Hingis, la championne en titre, au premier tour de Wimbledon. L’année suivante, elle a atteint les demi-finales du même tournoi et a raté de peu une médaille aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000.
Cette année marque le 25e anniversaire de la plus grande victoire de sa carrière, remportée lors de l’Open d’Italie à Rome. À peine âgée de 18 ans, elle s’est imposée face à Amélie Mauresmo en finale et semblait promise à un avenir radieux. Elle a décroché deux autres titres cette année-là, puis trois autres la saison suivante, atteignant en août 2002 le quatrième rang mondial. Malheureusement, le comportement bien documenté de son père, Damir – décédé l’an dernier – a freiné sa carrière, mais un quart de siècle plus tard, sa passion pour le tennis demeure intacte.
« C’est un sport difficile, où l’on voyage dix mois par an », explique Dokic, lors d’une interview au cœur de l’Open d’Australie plus tôt cette année. « On commence à jouer dès l’âge de quatre, cinq, six ans. Mais comme dans n’importe quel sport, les efforts que l’on consacre font partie de la passion pour ce que l’on fait. »
« Aujourd’hui, j’adore mon rôle de commentatrice, c’est une véritable passion. J’aimerai toujours le tennis, même dans les pires moments », ajoute-t-elle. Dans ses souvenirs de Rome, elle est fière d’avoir pu montrer ses talents malgré les abus qu’elle a subis, des expériences qu’elle a révélées avec cœur dans deux livres et, plus récemment, dans le documentaire intitulé « Unbreakable ».
Dokic ne nourrit aucun ressentiment, se considère plutôt comme une survivante, capable d’aider les autres. « Je suis extrêmement chanceuse d’être ici. Beaucoup ne le sont pas. Si vous regardez tous les champions, ils bénéficient d’un soutien familial incroyable. C’est essentiel pour atteindre le sommet », souligne-t-elle.
Elle souhaite faire évoluer la perception selon laquelle la dureté et l’abus mènent à la réussite sportive : « C’est une fausse idée », précise-t-elle avec fermeté.
À 43 ans, Dokic a trouvé sa voie en tant qu’intervieweuse et chroniqueuse reconnue à la télévision australienne, tout en s’engageant dans la lutte contre les violences domestiques. Aujourd’hui, elle se sent épanouie et heureuse.
« J’ai trouvé une force immense en prenant la parole et en plaidant pour les autres, cela m’a sauvé la vie », confie-t-elle. « Le jour de la publication de mon livre a été le plus beau jour de ma vie, une véritable libération. Rien ne pourra jamais égaler cette liberté d’être ouverte sur mon histoire. »
Dokic, qui est en couple, envisage peut-être l’adoption dans quelques années, car elle souhaite apporter amour et soutien à un enfant en difficulté. « J’ai toujours ressenti que je pourrais donner beaucoup d’amour à un enfant dans le besoin », conclut-elle.
Points à retenir
- Les athlètes, comme Dokic, font face à des défis personnels et professionnels importants.
- Un bon soutien familial est souvent un facteur clé de succès dans le sport.
- La publication d’un récit personnel peut être cathartique et libérateur.
- Il est essentiel de remettre en question les mythes entourant la discipline parentale.
- Le parcours de Dokic rappelle l’importance de l’engagement et de la résilience.
En tant que journaliste, je me demande souvent quels enseignements nous devrions tirer de l’histoire de Dokic. Sa capacité à transformer sa douleur en force et à aider les autres est inspirante. Cela soulève une réflexion sur le soutien que nous devrions tous porter aux victimes de violences. Il est impératif que nous soyons des défenseurs de la santé mentale et de l’empathie dans notre société. Qui sait, peut-être que nos histoires peuvent également inspirer d’autres à s’exprimer et à se relever.