À peine un peu plus d’un mois après avoir décroché son premier Grand Chelem à Roland-Garros en 2026, Alexander Zverev a vécu l’autre face de la pièce : la finale de Wimbledon contre Jannik Sinner.
Le joueur allemand a livré un match de très haut niveau, mais a fini par s’incliner face au numéro 1 mondial. En conférence de presse, il a en revanche affiché sa confiance : il se voit en candidat au “nouveau Big Three”.
Une fois le poids de la conquête d’un major enlevé — son “tremplin” longtemps attendu — Zverev semble avoir accéléré. L’absence de Carlos Alcaraz, blessé, l’a aussi aidé à prendre davantage de place.
Et sa manière d’exprimer sa trajectoire donne le sentiment qu’il veut jouer un rôle central : mettre fin à la domination régulière d’Alcaraz et de Sinner dans les tournois majeurs, comme il le dit lui-même.
Zverev explique si son glissement du 3e set a pesé contre Sinner
“Non. J’ai hyper-étendu le genou, comme il y a deux ans.
J’avais un peu plus de mal à repartir sur mes jambes au moment du service, donc ma vitesse au service a diminué,
mais le reste s’est plutôt bien passé. Je bougeais bien depuis la ligne de fond et je jouais bien depuis la ligne de fond,
mais au service, c’était un peu plus compliqué.”
Zverev, Alcaraz et Sinner : vers un “nouveau Big Three” ?
“J’espère. Pour ça je suis là. Comme je l’ai dit, je pense que cette année a été une progression.
J’ai mis la pression sur ces garçons.
Je ne les ai pas battus cette année, mais je les ai poussés dans leurs retranchements, je dirais.
Alcaraz à l’Australian Open, Sinner peut-être ici. Même si c’était en quatre sets, je trouve que c’étaient quatre sets très serrés qui auraient pu aller jusqu’à cinq.”
“Il y a toujours eu cette discussion : qui sera le troisième joueur, qui prendra la place.
Depuis deux ans, je suis souvent celui qui est classé “troisième”, mais j’étais à distance de ces deux-là.
Si je peux me rapprocher, être dans le groupe — en disputant et en gagnant des tournois majeurs — avec eux, ce serait génial.”

“Avez-vous eu le contrôle ?”
“Je ne sais pas si j’avais le contrôle, mais je sentais qu’on jouait à un niveau extrêmement proche,
et surtout très, très élevé.
Je pense qu’on a tous les deux joué à un niveau haut dès les deux premiers sets.
J’ai raté un coup de revers au mauvais moment au début du tie-break du deuxième set, et ça a un peu changé le cours du match.
En général, le niveau était bon.
Le relâchement n’a pas aidé au troisième set.
Là, mon niveau a un peu baissé, puis je l’ai retrouvé au quatrième.”
“On m’a breaké, oui, d’une façon un peu malchanceuse… Mais dans l’ensemble, on a tenu un niveau assez haut tout le long.”
Ses axes : la droite, mais aussi tout le reste
“Si tu peux frapper ta droite avec le maximum de puissance, c’est une bonne chose.
C’est un travail auquel je me suis vraiment attelé, et dont j’ai parlé ouvertement cette année.
Quand j’ai l’occasion, je la prends.
Si je la passe ou si je la rate, ça dépend des jours, mais je tente.
Mon objectif, c’est ça. Je veux que ça marche de mieux en mieux avec chaque mois.”
Zverev confirme sa transition : jouer plus agressif
“Je l’ai dit en début d’année, et je l’ai gardé en tête : c’est le tennis que je veux jouer.
C’est le style que je veux développer.
Au début de la saison, j’ai eu un peu de mal à m’adapter, mais je l’ai travaillé régulièrement.
Plus je m’entraîne, plus j’espère que je jouerai mieux.”
“Encore une fois, j’ai gagné un Grand Chelem pour la première fois de ma carrière à Paris.
Je suis arrivé en finale à Wimbledon pour la première fois aussi.
Donc quelque chose est en train de fonctionner — ce n’est pas parfait, non.
Mais je pense qu’on avance dans la bonne direction.”
Ce qu’il faut pour gagner Wimbledon
“Faire la même chose. Continuer à travailler ce sur quoi j’ai travaillé depuis le début de l’année. Rester sur cette trajectoire.
En gros, continuer à faire ce qui marche.”
Moins d’écart entre son niveau et celui de Sinner
“Je pense que oui.
Sinner reste le meilleur joueur du monde.
Je le crois fermement. Il y a peut-être seulement deux, voire trois joueurs — probablement trois, en incluant Novak (il faut le reconnaître) — qui peuvent le défier.
On doit tous travailler pour y arriver.
Je vais continuer à le faire.
Je pense qu’aujourd’hui, je l’ai challengé.
Pas assez, évidemment, puisqu’au final je suis là comme perdant… Mais les tournois majeurs arrivent.”
Points à retenir
- Zverev attribue la chute de vitesse au service à un souci physique au moment du 3e set, sans chercher à maquiller l’ensemble du match.
- Son idée est claire : une meilleure agressivité et une droite plus “active”, pas juste une question de talent mais de répétition.
- Il se projette dans le rôle du “troisième homme”, pas en slogan, mais en disant qu’il veut combler l’écart avec les deux références.
- Face à Sinner, le niveau a été très proche par séquences : c’est souvent là que se joue Wimbledon—dans les détails, pas dans les discours.
- La suite logique : continuer à travailler exactement ce qu’il travaille déjà, parce que quand ça progresse, on évite en général les “grands virages” inutiles.
Au fond, ce que je retiens de ses propos, c’est une forme de méthode : il ne promet pas de révolution, il parle d’un processus. Et dans un sport où les écarts se creusent vite, c’est presque rassurant.
Dans les prochains tournois, j’attends de voir si cette agressivité “assumée” tient sur la durée… et si le discours de “nouveau Big Three” devient autre chose qu’une ambition bien formulée.
Moi, je veux surtout une chose : que la compétition se durcisse, que les outsiders bousculent les certitudes, et que le tennis reste un terrain de lutte — pas une simple file d’attente pour les mêmes victoires.