dim. Juil 19th, 2026

La décision de la France de reconnaître la Palestine lors de la prochaine assemblée générale des Nations unies vise à impulser un élan en faveur du changement et à marquer une rupture avec l’inaction des grandes puissances occidentales face au massacre des Palestiniens à Gaza.

Cette annonce, faite de manière spectaculaire par Emmanuel Macron jeudi soir sur les réseaux sociaux, trace une ligne claire entre la posture américaine et celle de la France dans le conflit à Gaza. Elle accentue également la pression sur le Royaume-Uni, l’Allemagne et les autres membres du G7 pour qu’ils choisissent leur camp.

Macron s’est entretenu vendredi avec Keir Starmer, chef du Labour britannique, et Friedrich Merz, chancelier allemand, lors d’un appel qualifié d’« urgence » par le Premier ministre britannique. Ils ont appelé ensemble Israël à lever immédiatement le blocus alimentaire, à instaurer un cessez-le-feu et à libérer les otages détenus par le Hamas. Toutefois, cette réunion n’a pas modifié la position de Merz ni celle de Starmer concernant la reconnaissance de la Palestine.

Le gouvernement allemand a déclaré ne pas envisager la reconnaissance d’un État palestinien à court terme. Starmer maintient que cet acte devra s’inscrire dans une série d’étapes coordonnées vers la paix : « La reconnaissance de la Palestine doit être une de ces étapes, mais elle doit s’inscrire dans un plan global menant à une solution à deux États et à une sécurité durable pour Palestiniens et Israéliens. »

Face à l’absence de progrès pour mettre fin à la guerre, la France estime que les gouvernements européens doivent utiliser les moyens à leur disposition pour débloquer la situation. Victor Kattan, professeur de droit international, souligne que cette démarche exerce une forte pression sur le Royaume-Uni, allié proche de la France.

Ce tournant européen intervient alors que des représentants de l’ONU et un nombre croissant d’experts juridiques accusent Israël de génocide à Gaza. La Cour internationale de justice de La Haye examine actuellement une plainte déposée en décembre 2023 par l’Afrique du Sud à ce sujet.

En rejoignant les quelque 147 pays ayant déjà reconnu la Palestine, la France répond à la catastrophe humanitaire à Gaza, où la famine s’aggrave sous le blocus israélien tandis que les morts palestiniens s’accumulent sous les bombardements et les tirs.

Le geste de Macron, malgré sa portée symbolique, ne pourra à lui seul stopper le massacre, estime Khaled Elgindy, chercheur à l’université de Georgetown : « C’est avant tout un geste politique qui agacera Israël, mais ne modifiera rien sur le terrain, notamment à Gaza. Rien ne permet d’envisager un cessez-le-feu ou une réponse à la famine programmée. »

Selon lui, les actions concrètes des pays occidentaux devraient plutôt consister en sanctions commerciales et embargos sur les armes, alors que la France et d’autres continuent de livrer du matériel militaire à Israël.

Pour Husam Zomlot, ambassadeur palestinien au Royaume-Uni, attendre des résultats immédiats est une erreur : « C’est la mauvaise question qui nous a menés au génocide, à la destruction et à l’effondrement de l’idée même d’une solution à deux États. La reconnaissance du droit inaliénable à l’autodétermination est une condition sine qua non. »

Il insiste sur la nécessité d’une reconnaissance totale, sans conditions et immédiate, comme point de départ d’un processus politique susceptible de sortir du chaos actuel : « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? »

L’annonce de Macron précède une conférence de deux jours organisée lundi à l’ONU à New York, sous l’égide de la France et de l’Arabie Saoudite, retardée par le conflit Israël-Iran. Elle doit esquiver un plan de paix fondé sur la coexistence de deux États, Israël et Palestine.

Un sommet consacré au dossier doit suivre lors de l’assemblée générale des Nations unies en septembre, où Macron devrait officialiser la reconnaissance de la Palestine, espérant rallier d’autres puissances du G7 pour créer un effet d’entraînement.

Entretemps, Keir Starmer subira une forte pression, au moment où des voix s’élèvent au sein du Parti travailliste et du gouvernement britannique pour soutenir cette reconnaissance.

Un rapport publié vendredi par la commission des affaires étrangères de la Chambre des communes plaide pour que le Royaume-Uni reconnaisse la Palestine « tant qu’un État existe encore à reconnaître », rappelant que « ce droit inaliénable ne doit pas dépendre d’un moment parfait jamais venu ».

Gershon Baskin, ancien conseiller israélien et militant pour la paix, estime que le refus des grandes puissances occidentales de reconnaître la Palestine freine toute avancée vers une cohabitation pacifique. « Combien d’années peut-on parler de solution à deux États en n’en reconnaissant qu’un seul ? » s’interroge-t-il. La démarche française « est positive, mais elle doit s’accompagner d’actions similaires des autres membres du G7 et de l’Union européenne afin de marquer un engagement concret de la communauté internationale. »

Points à retenir

  • La France s’emploie à changer le récit occidental en contestant l’inaction habituelle face au drame palestinien.
  • Le Royaume-Uni et l’Allemagne demeurent prudents, préférant une approche graduelle pour ne pas froisser Israël ni perturber des équilibres politiques internes.
  • La reconnaissance de la Palestine par la France est principalement symbolique, sans effet immédiat sur le terrain, ce qui soulève une question d’efficacité.
  • Des experts indiquent que seules des sanctions économiques et militaires auraient un impact tangible face aux violations du droit international.
  • La famine et la destruction à Gaza continuent de s’aggraver, exacerbant la crise humanitaire sans que la communauté internationale n’agisse en conséquence.
  • La tenue prochaine d’une conférence onusienne sur la paix offre un cadre formel pour tenter d’avancer, mais les obstacles politiques restent nombreux.

En résumé, on observe que les grands États occidentaux se débattent entre symbolisme politique et réalités stratégiques. Au final, reconnaître un État, c’est bien joli, mais cela ne change pas la donne sur le terrain où la violence et la souffrance perdurent. Peut-être faudrait-il arrêter de jouer aux équilibristes diplomatiques et essayer autre chose ? Ou bien est-ce utopique d’espérer que la géopolitique cesse un jour d’être un théâtre d’hypocrisie bien ordonnée ? Je vous laisse y réfléchir, moi j’ai déjà ma petite idée…


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