Les petites conversations dans un taxi sont le cœur battant des échanges britanniques, la bande-son de milliers de trajets à Londres et au-delà.
Un dimanche, un passager pourrait jeter un coup d’œil à son chauffeur dans le rétroviseur et poser la question habituelle : « Bon week-end, mon pote ? As-tu fait quelque chose de spécial ? »
Pour Bilal Fawaz, âgé de 37 ans, la réponse pourrait diverger des plaintes habituelles sur la circulation ou des remarques sur la pluie.
« Je suis devenu champion britannique. Et ensuite, j’ai conduit cet Uber », prévoit-il de dire, avec le même ton décontracté qu’il utiliserait pour évoquer un embouteillage sur le North Circular.
Cependant, pour que cette conversation ait lieu, Fawaz doit d’abord se concentrer sur son combat ce samedi à Nottingham, où il défiera Ishmael Davis pour le prestigieux titre de champion britannique des poids légers.
Dans le monde de la boxe, le récit du « héros de la classe ouvrière » – cet athlète qui jongle avec un emploi de 9 à 17 heures – sert de puissante stratégie marketing. Mais pour Fawaz, il n’y a rien de romantique dans cette quête.
« Je suis chauffeur Uber, entraîneur personnel, instructeur de fitness et boxeur professionnel. Ça fait quatre jobs », explique-t-il lors de la semaine de combat.
« J’ai fait Uber le jour où je suis arrivé ici. J’entraînais des clients avant de quitter Londres. Je paie la voiture par abonnement chaque semaine et si je ne travaille pas, l’argent sort, mais rien ne rentre. »
« Donc, le dimanche après le combat, quand les enfants dorment, je monte dans la voiture, je gagne 70 ou 80 livres, je la gare, je dors, puis je les emmène à la crèche et je reprends des clients. »
Fawaz est articulé et réfléchit, avec une touche de flair théâtral qui témoigne de son temps à l’école de théâtre.
Cependant, au-delà de cette aisance se cachent des défis bien plus lourds que des quarts de nuit ou des combats de dix rounds. Son combat a commencé bien avant Nottingham – une enfance marquée par des abus, des années dans le système de protection de l’enfance et une vie consacrée à prouver qu’il a sa place.
Nous avons d’abord entendu l’histoire de Fawaz en 2018, puis en 2022, et il reste en attente en tant que champion anglais, toujours sans passeport.
Points à retenir
- Le taxi, un cadre propice aux discussions légères… parfois, il cache davantage.
- Être chauffeur Uber et boxeur, c’est un vrai défi logistique.
- Fawaz s’illustre non seulement sur le ring, mais aussi en jonglant avec plusieurs emplois.
- Une enfance difficile a façonné le champion, mais n’a pas altéré son désir de réussir.
- Le combat est autant sur le ring qu’en dehors, dans la vie de tous les jours.
En tant que journaliste, cette histoire résonne avec moi d’une manière particulière. Elle nous rappelle que derrière chaque sourire, il y a souvent une lutte, une réalité bien plus complexe qu’un simple titre. Alors que la société célèbre les champions, il est essentiel de se demander : quelles histoires se cachent derrière le succès ? Comment ces athlètes jonglent-ils avec leurs vies, et comment cela résonne-t-il dans notre quotidien ? C’est un appel à considérer le parcours des autres avec empathie et engagement. Cette réflexion n’est pas qu’une simple observation, mais une invitation à la solidarité. Ensemble, réfléchissons à l’impact de nos choix et à ceux des autres.