À l’approche du combat pour le titre mondial IBF des lourds, Moses Itauma répond à Filip Hrgovic et laisse comprendre que les piques de son rival commencent à le chercher. Le duel est programmé samedi soir à l’O2 Arena, à Londres.
« Je me dis qu’il n’y a rien que ce type puisse faire pour me déstabiliser, mais il commence à me chercher », a déclaré Itauma mardi soir. « Dans une interview plus tôt, il aurait dit que je me réveille et que j’embrasse des arbres. Il commence vraiment à m’énerver. »
Il a aussi évoqué le tempérament verbal de Hrgovic: « Avant les combats, il a toujours dit des choses — comme quand il parlait de Dubois et disait voir de gros muscles mais pas de couilles. Du coup, Dubois paraissait furieux dans son coin. Hrgovic a toujours été un bavard. Ce n’est juste pas toujours compris parce que l’anglais n’est pas sa langue maternelle. »
Si Itauma venait à battre Hrgovic, il deviendrait le deuxième plus jeune champion du monde des lourds de l’histoire — Mike Tyson étant le seul à l’avoir été plus tôt. De son côté, Hrgovic a estimé que « c’est un gamin. Il est inexpérimenté. Donc, pour lui, il vaudrait mieux perdre ce combat car gagner le titre mondial va le ruiner. Il est déjà dans les nuages. Il est déjà délirant. Et cela peut ruiner quelqu’un qui n’est pas prêt pour cette célébrité et cet argent ».
Moses Itauma a reconnu une part de vérité dans ces critiques: « Même si ça m’agace, j’entends ce que cela signifie parce que je connais le niveau de réussite que j’ai atteint et ma manière de le gérer. J’ai toujours dit que je ne voulais pas atteindre le niveau d’Anthony Joshua ou de Tyson Fury, car je sais ce que cela peut faire pour rester normal. Aujourd’hui, j’imagine pas être au niveau de Fury ou Joshua. Mais si je choisis cette voie, je n’ai pas le choix. »
Interrogé sur la remarque de Hrgovic selon laquelle gagner jeune pourrait nuire à son « âme », Itauma répond: « Je ne dirais pas qu’il a tort, mais si je gagne ce combat, cela pourrait ne pas être bon pour mon âme. Je l’entends. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle je vais entrer sur le ring et ne pas gagner – ce n’est pas une bonne idée. »
Pour expliquer l’accusation de « délusion », Hrgovic avait déclaré que Itauma est « passé du niveau youth au professionnalisme, a eu quelques combats et est devenu une star. Tout le monde le porte dans les bras en le classant comme le meilleur, le prochain Muhammad Ali, le nouveau Mike Tyson. En réalité, il n’est pas encore là. »
Le vétéran croate, âgé de 34 ans et qui n’a perdu qu’une fois en neuf ans de carrière pro, a encore livré une prise de position sur son parcours: « Je suis dans une position bien différente grâce à cette expérience et aux hauts et bas de ma vie. Je suis comme une roche. Stable. Rien ne peut me bouger. Je me fiche de la célébrité. Je ne me soucie ni de l’argent ni de ce que pensent les autres. Mais nous verrons samedi. »
Points à retenir
- La tension monte entre Itauma et Hrgovic avant le duel pour l’IBF des lourds à Londres.
- Premières échauffourées verbales: tiraillements et taunts qui alimentent le spectacle, au-delà des seules compétences sportives.
- La discussion sur l’âge et la célébrité et ses effets sur le “moi” du champion potentiel.
- La perspective historique: une victoire d’Itauma le placerait parmi les plus jeunes champions du monde lourds, après Tyson.
- Le style des adversaires: Itauma contre l’expérience et le verbe de Hrgovic, avec des enjeux qui dépassent le ring.
- Le contexte: un duel qui s’inscrit dans une tradition médiatique où le mental et la gestion de la pression comptent autant que les coups.
En tant que journaliste pour LesNews, je vois ce combat comme bien plus qu’un affrontement physique: il met en lumière les mécanismes de pression qui accompagnent l’émergence d’un jeune champion et les choix qui jalonnent une carrière à haut risque. Le Guardian, média de référence, offre un cadre crédible pour ces discussions, et nous, chez LesNews, nous nous efforçons d’apporter une couverture claire et nuancée qui éclaire les enjeux humains autant que les enjeux sportifs. Ce duel témoigne de la manière dont le sport peut devenir un miroir des défis personnels et publics.
Perspectives et ouverture: ce duel n’est pas seulement une affaire de puissance, mais aussi de perception et de gestion de soi. Dans mon regard de journaliste, il invite à discuter de la manière dont la célébrité et l’argent peuvent façonner, ou déformer, le parcours d’un athlète. Je suivrai ce combat avec l’attention nécessaire pour éclairer ces dimensions, tout en restant fidèle à une information mesurée et responsable.