La Grande Boucle 2026 s’est terminée très tôt pour Jonas Vingegaard : après une chute, le Danois a dû faire ses valises. Depuis, il poursuit sa convalescence en pays natal, à la suite d’une fracture de la clavicule — une blessure qui jette un gros doute sur sa participation au Championnat du monde de cyclisme sur route, prévu en septembre, à Montréal.
Interrogé par B.T. au sujet d’une préparation pour le Mondial (du 20 au 27 septembre), Visma-Lease a Bike a répondu que Vingegaard reste surtout focalisé sur la récupération. Pour Brian Holm, ancien pro, c’est un signal assez clair.
“Je conclurais qu’il ne prendra pas le départ du Mondial”, a tranché l’ex-coureur. “S’il visait vraiment une participation, il s’entraînerait déjà dur. En une semaine, c’est trop tard pour décider. Et ensuite, impossible d’être prêt à temps.”
Cyclisme : le sélectionneur national laisse Vingegaard dans le flou
De son côté, le sélectionneur national Michael Mørkøv assure que la décision n’est pas prise. “Il n’y a rien de nouveau concernant le Mondial. Je m’attends à avoir une réponse claire la semaine prochaine”, a-t-il indiqué au média sportif danois, via message.
Si Vingegaard venait à renoncer, le rêve d’un champion du monde danois pourrait s’envoler… du moins pour cette édition.
Brian Holm dit cependant comprendre ce scénario. “Il a beaucoup gagné cette année, dont un Grand Tour, le Giro. Il a fait ce qu’il devait faire. Donc, on peut lui permettre de souffler pour récupérer”, a expliqué l’ancien directeur d’équipe. Et d’ajouter : “Il faut aussi se rappeler que, sur les courses qu’il a disputées, il était sous une pression énorme.”
Mais l’ex-pro comprend aussi que, côté Danemark, une non-participation puisse surprendre. “D’autres vont se dire qu’il pourrait être champion du monde… et qu’il abandonne quand même. Il n’en a pas envie ? S’il en avait vraiment envie, je pense qu’il pourrait gagner. Lui et Pogacar jouent dans une autre catégorie”, a-t-il conclu, en visant son compatriote.
Points à retenir
- La clavicule change complètement la donne : sans récupération solide, le Mondial devient une équation difficile à résoudre.
- Holm lit dans les communiqués une logique simple : pour viser Montréal, il faut s’y mettre bien avant… et pas “dans une semaine”.
- Mørkøv laisse encore une porte ouverte : visiblement, la décision n’est pas tombée comme un coureur en fin d’étape.
- Le débat ne porte pas seulement sur le Mondial, mais aussi sur le moment idéal pour enchaîner (ou pas) après une saison chargée.
- Et derrière tout ça, il y a la question qui fâche un peu : à quel point un “joueur de premier plan” doit-il tout tenter même quand le corps n’est pas aligné ?
À mon avis, l’enjeu n’est pas juste de savoir s’il sera à Montréal, mais de comprendre ce que le calendrier exige d’un champion quand la forme n’est plus au rendez-vous. Si Vingegaard fait l’impasse, ce ne sera pas forcément un “renoncement”, plutôt un choix lucide. Et en tant que journaliste, je trouve ça intéressant — parce que ça rappelle une réalité : dans le cyclisme, on parle souvent de performance… mais rarement de la récupération, qui finit pourtant par décider de tout.