Turin prépare un nouveau pas dans sa stratégie de mobilité douce : dans les prochaines gares du Système Ferroviaire Métropolitain, cinq nouveaux espaces seront réservés aux vélos.
La bicyclette essaie de prendre sa place à bord du train. Et à Turin, on veut lui en faciliter la tâche : dans les futures stations du Système Ferroviaire Métropolitain, arriveront cinq nouveaux espaces dédiés aux deux-roues. Le projet concerne aussi VenTo, la véloroute qui, depuis plus de quinze ans, relie Turin à Venise le long du Pô.
D’après le plan de Rfi, de nouveaux stationnements vélos seront créés dans les gares d’Orbassano Ospedale San Luigi (110 emplacements couverts), de Torino Lesna (32 places), de Torino Dora (144 emplacements), de Torino Crocetta (156 emplacements) et de Torino San Paolo (30 emplacements), avec également 60 boxes prévus.
« La mobilité de demain doit être de plus en plus intégrée, et le vélo doit pouvoir “dialoguer” avec les transports publics », explique l’assessora à la Mobilité, Chiara Foglietta.
« L’expérience de la vélostation de Porta Nuova montre que, quand on propose des services sûrs et de qualité, les citoyens répondent présents. C’est pour cela qu’il faut continuer à investir dans des structures dédiées aux vélos dans les grands nœuds ferroviaires de la ville. »
Un exemple concret existe déjà : la vélostation de Porta Nuova. En 2025, la structure gérée par Fs Park a affiché une occupation moyenne quotidienne de l’ordre de 25 %, avec plus de 2 500 accès occasionnels et une moyenne de 15 nouveaux abonnements mensuels.
Les premiers chiffres de 2026, pour l’instant, confirment la tendance.
En revanche, le dossier de la vélostation de Porta Susa reste ouvert. Les échanges menés avec Rfi ont mis en évidence des difficultés liées à des questions de sécurité ferroviaire pour l’implanter directement dans la gare.
Pour l’option en extérieur, d’autres évaluations seraient encore nécessaires, avec une couverture financière à préciser.
« Nous continuerons à travailler avec Rfi afin d’aboutir à une solution partagée pour Porta Susa, parce que ce nœud ferroviaire doit aussi proposer des services adaptés à celles et ceux qui se déplacent à vélo », ajoute Foglietta.
« En même temps, nous regardons avec attention le prochain appel à projets régional sur les vélostations, auquel la Ville compte bien répondre avec de nouvelles propositions. »
Ce n’est pas tout : la dynamique vélo s’appuie aussi sur VenTo, né en 2010 d’une idée du Politecnico di Milano. Aujourd’hui, c’est une véloroute stratégique d’environ 700 kilomètres, traversant quatre régions et plus de cent communes, avec un objectif clair : encourager une autre façon de vivre la mobilité et le tourisme.
À Turin, un élément récent renforce le tracé : la passerelle cyclopiétonne du Parco del Meisino, inaugurée ces jours-ci. Elle vise à assurer la continuité du parcours VenTo et du EuroVelo 8.
Réalisée avec un investissement d’environ un million d’euros dans le cadre du PNRR, la passerelle relie deux parties du parc séparées par le cours Don Luigi Sturzo.
Longue de 230 mètres, en acier Corten, et accessible aux personnes en situation de handicap grâce à une pente moyenne de 7 %, elle constitue un des projets majeurs de requalification du Meisino et de la Cascina Malpensata.
« Le bouclage de la véloroute VenTo et la nouvelle passerelle cyclopiétonne du Parco del Meisino sont un élément essentiel pour accueillir au mieux cyclotouristes et passionnés dans l’une des zones naturelles les plus précieuses de la ville », commente l’assessore au Sport, Domenico Carretta.
« De plus en plus, le sport devient une expérience qui raconte le territoire, le valorise et contribue à la régénération urbaine. Le vélo fait partie des outils qui permettent à Turin de renforcer son lien avec l’environnement et avec l’espace public. »
Points à retenir
- Cinq gares vont recevoir de nouveaux espaces vélos, avec une combinaison d’emplacements couverts et de boxes, histoire d’éviter que le vélo devienne un “souvenir” sous la pluie.
- Porta Nuova sert déjà de référence : les chiffres 2025 suggèrent qu’avec des services pensés pour les cyclistes, la demande suit.
- Porta Susa avance mais sans aller trop vite : sécurité et financement restent les deux gros nœuds à débloquer.
- Le volet VenTo et la passerelle du Meisino rappellent que la mobilité à vélo ne s’arrête pas à la gare—heureusement, sinon le trajet deviendrait vite une mission impossible.
Au fond, je trouve l’approche plutôt cohérente : on traite enfin le vélo comme un “transport” à part entière, pas juste comme un accessoire pratique. Et si l’on veut que ça marche, il faudra continuer à relier les infrastructures entre elles, pas seulement les empiler.
En tant que journaliste, je pense qu’il faut suivre de près la mise en œuvre : la mobilité douce ne devrait pas être une parenthèse, mais une partie intégrante de la ville—et pas uniquement quand c’est confortable politiquement.
25 juillet 2026
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