Dans l’Arctique norvégien, le cyclisme revient chaque année en août avec un scénario qui change peu : du grand air, des routes qui donnent du relief, et une course qui s’impose naturellement comme l’un des rendez-vous les plus au nord du calendrier. L’Arctic Race n’est pas “juste une étape de plus” : créée en 2013, c’est la compétition cycliste professionnelle la plus septentrionale au monde, un détail qui explique pourquoi elle attire autant les passionnés que les coureurs prêts à troquer la chaleur pour le défi.
Sur ses éditions, plusieurs noms ont marqué l’histoire récente de l’épreuve : Steven Kruijswijk (dont la retraite est annoncée cette année), Alexey Lutsenko, Dylan Teuns ou encore Magnus Cort. Et quand on parle de confirmation de talents, Mathieu van der Poel a aussi laissé sa trace en 2018, avec deux victoires d’étape qui ont renforcé sa réputation d’étoile en devenir. En 2026, le peloton remet le cap vers le nord avec une certitude : la course a désormais trouvé sa place, et elle n’entend pas la lâcher.
Arctic Race 2026 (13 au 16 août)
Étape 1 : Evenes – Myre (181,9 km)
13 août · Plat
La première journée met les sprinteurs en embuscade. Avec 181,9 km entre Evenes et Myre et seulement trois ascensions de deuxième catégorie, le parcours laisse de la marge à l’échappée. Évidemment, les équipes des hommes rapides vont surveiller ça de près… mais la météo peut toujours décider de brouiller les plans.
Étape 2 : Bø i Vesterålen – Andenes (180 km)
14 août · Plat
Deuxième journée, nouvelle opportunité pour les sprinteurs. Le kilométrage reste proche de la veille, et la journée ne propose que deux ascensions en début de parcours : de quoi favoriser une échappée, tout en permettant aux trains des équipes rapides de garder le contrôle.
Étape 3 : Stokmarknes – Storheia Summit (Melbu) (Media montagne)
15 août · Difficulté : moyenne montagne
Premier vrai moment pour les favoris du classement général. Le Storheia Summit, avec ses 3,5 km à 11,8%, est surnommé localement le “Mont Ventoux norvégien”. Autrement dit : court, mais suffisamment raide pour provoquer des écarts, et potentiellement changer la suite de la course. Espérons que personne n’y arrive en mode “touriste”.
Étape 4 : Sortland – Narvik (190 km) (Media montagne)
16 août · Difficulté : montagne
L’étape reine de l’édition. Avec 190 km et quatre ascensions classées, dont deux de première catégorie, Narvik devient le théâtre du dernier acte du classement général. En clair : c’est le genre de journée où les consignes d’équipe finissent souvent par se re-rédiger en cours de route.
Favoris pour l’Arctic Race 2026
Comme chaque saison, la course rassemble une liste de coureurs qui visent le maillot distinctif remis au vainqueur du “roi de l’Arctique”. En 2026, on retrouve un mélange de formations WorldTour et ProTeam, avec notamment Guillermo Thomas Silva, Felix Engelhardt, Lennert Van Eetvelt ou Alessandro Pinarello, tous en quête du maillot le plus désiré du peloton… à ceci près que le nord n’accorde pas de cadeau.
Et ce n’est pas tout : les sprinteurs peuvent aussi jouer leur partition, avec Ethan Vernon, Casper Van Uden et Giovanni Lonardi annoncés comme des références pour les arrivées rapides. Sur une course comme l’Arctic Race, ce genre de duel entre “rapides” et “généraux” promet de l’action… ou au minimum des discussions tactiques.
Diffusion
Les quatre étapes de l’Arctic Race 2026 sont proposées en direct sur Eurosport 2 et la plateforme HBO Max. Les horaires annoncés sont les suivants : première et quatrième étape à 16 h 15, deuxième étape à 13 h 35, troisième étape à 14 h 15.
Points à retenir
- Les deux premières journées sont surtout favorables aux arrivées en vitesse, et les équipes des sprinteurs auront intérêt à garder un œil sur l’échappée.
- Le Storheia Summit (3,5 km à 11,8%) est le moment où les favoris du général peuvent vraiment faire la différence—court, mais pas “facile”.
- La dernière étape à Narvik combine distance (190 km) et ascensions classées : de quoi transformer la fin de course en test grandeur nature.
- Le programme télé montre que la course sera bien couverte, mais c’est surtout sur la route que ça se jouera (et là, la météo peut chambouler les pronostics).
Au fond, ce qui me fascine avec l’Arctic Race, c’est qu’elle oblige le cyclisme à sortir de ses habitudes : on parle de punchs, de gestion, d’écarts… mais on le fait dans un décor qui rappelle que les “petites journées” peuvent devenir mémorables. Dans mon carnet de journaliste, je note surtout ceci : en 2026, la course pourrait bien offrir le bon dosage entre spectacle et différences au classement—et c’est exactement le genre de compétition qui mérite qu’on garde l’esprit éveillé… avec une dose d’exigence et un peu d’engagement pour suivre le vrai sport, pas juste le bruit autour.