Goran Ivanisevic n’a pas seulement brillé comme joueur, avec des titres à la clé dont un Grand Chelem. Son rôle d’entraîneur lui a aussi permis d’élever l’un des noms majeurs du tennis moderne au sommet : Novak Djokovic.
Entre 2018 et 2024, Ivanisevic et Djokovic ont partagé une relation entraîneur-poulain qui a laissé des traces. Et forcément, dès qu’on évoque “Nole”, deux autres silhouettes reviennent vite à l’esprit : Federer, Nadal et Djokovic restent les trois grandes figures qui ont marqué durablement le tennis—et qui continuent, quelque part, de faire école.
Aujourd’hui, Ivanisevic n’est plus sur le banc de Djokovic, mais il a encore une corde à son arc : il travaille désormais avec Arthur Fils. Une époque “dorée” qu’il connaît de l’intérieur, dominée par l’empreinte d’un Espagnol, d’un Suisse et d’un Serbe.
“C’est le meilleur joueur de tennis”
En parlant de son ancien élève, Ivanisevic ne mâche pas ses mots. Il décrit Djokovic comme “l’un des meilleurs athlètes de l’histoire et possiblement le meilleur joueur de tennis”. Pour le Croate, c’est celui qui a le jeu le plus complet, avec un tennis qui passe au-dessus du lot, surtout quand ça compte vraiment.
À 39 ans, Djokovic reste le dernier membre du “Big Three” encore en activité. Et même avec le temps, il continue d’ajouter des succès à son compteur. L’ancien coach résume l’effet Djokovic avec une image très parlante : “C’est comme un requin ou un serpent : ça te capture, et ensuite ça t’étouffe. Il n’y a pas de retour en arrière.”
“Sa force mentale le distingue”
Si Ivanisevic met en avant la qualité du jeu de Novak, il insiste encore davantage sur sa solidité mentale. Selon lui, c’est ce qui le différencie au sommet : “Si tu alignes cent joueurs sans savoir qui est qui, sur le tennis en général ils se ressemblent tous. Tu ne saurais pas qui est premier et qui est centième. Mais quand commencent les coups et que les points comptent, tu vois la différence.”
Il évoque aussi un tempérament bien particulier, associé à la personnalité de Belgrade : “Un génie que tu ne peux même pas essayer de comprendre, sinon tu te ferais tuer.” Et au-delà du terrain, il souligne une facette plus humaine : Djokovic, d’après Ivanisevic, aide les autres—y compris dans les coulisses, jusqu’à une demi-heure avant de prendre place sur le court—avec aussi des actions via des fondations et des associations.
“À Nadal, je confierais ma vie”
Ivanisevic a également rendu hommage à Federer et Nadal. Pour Federer, il retient une élégance de jeu rare : “Il joue avec une beauté exquise, et c’est un plaisir de le regarder même quand il joue mal.” Quant à Nadal, il parle avec un engagement direct : “Je lui confierais un match si ma vie en dépendait.”
L’ancien coach parle avec le regard de quelqu’un qui a travaillé très près du numéro un mondial de l’époque—et qui sait aussi ce qui se joue entre les lignes. Il reconnaît que son cœur reste attaché à Djokovic, mais il classe clairement “le Big Three” en trois profils.
D’après lui, celui qui a le meilleur niveau global et le jeu le plus complet, c’est Djokovic. Federer, lui, se distingue surtout par la beauté et la finesse gestuelle. Et quand il est question de combat, de détermination et d’une confiance maximale lors d’un match crucial, Ivanisevic choisit Nadal.
Points à retenir
- Ivanisevic loue Djokovic pour son jeu complet, mais insiste surtout sur la différence qui se voit dans les moments décisifs.
- Son explication “requin/serpent” résume bien l’idée : quand l’intensité monte, ça devient difficile de respirer.
- Federer incarne, selon lui, la grâce et le geste, tandis que Nadal représente le mental de fer dans les matchs à enjeu.
- Même sans être sur le banc de Djokovic aujourd’hui, Ivanisevic continue de détailler son approche : qualité sur le court et dimension plus humaine en parallèle.
Au fond, ce qui me frappe dans ces déclarations, c’est la façon dont Ivanisevic ne réduit pas Djokovic à une machine à gagner : il parle d’un ensemble, d’un rythme mental et d’un contrôle qui change la dynamique d’un match. Et si le “Big Three” a marqué autant, c’est peut-être parce que chacun représentait une réponse différente à la même question : comment rester au sommet quand tout le monde te pousse ? En tant que journaliste, je trouve ça intéressant—et utile—de rappeler que le sport, au-delà des trophées, raconte aussi des manières d’être, et parfois des façons de résister. Maintenant, à vous de décider : vous vous reconnaissez plutôt dans la froideur de Djokovic, l’élégance de Federer ou la rage de Nadal ?