La dernière grande tournée de la saison approche, et Lidl-Trek débarque sur la Vuelta a España 2026 avec une équipe de huit coureurs, pensée pour affronter l’une des éditions les plus dures ces dernières années.
La 81e Vuelta démarre le 22 août par un court contre-la-montre individuel à Monaco, avant de filer à travers la France et l’Andorre, puis de rejoindre l’Espagne. Sur 21 étapes et 3 275 kilomètres, le peloton va enchaîner les difficultés, avec notamment sept arrivées au sommet, un contre-la-montre individuel de 32 kilomètres et plus de 58 000 mètres de dénivelé. Les moments décisifs devraient se jouer en montagne, avec une semaine finale qui promet des arrivées exigeantes à La Pandera, Peñas Blancas et une nouvelle ascension à Collado del Alguacil. La course se terminera à Grenade le 13 septembre.
Photo : Chris Auld
Mattias Skjelmose sera le fer de lance des ambitions au classement général. Le Danois arrive en Espagne après un Tour de France solide, puisqu’il termine sixième au général. Le parcours de la Vuelta offre de quoi faire travailler son talent en grimpe, en contre-la-montre et dans la gestion tactique des étapes.
Autour de lui, Mads Pedersen sera à surveiller sur les passages plus « punchy ». Sa vivacité et sa vitesse au final peuvent faire basculer des étapes où un détail change tout. Fraîchement auréolé du maillot vert et auteur d’une victoire d’étape au Tour, il voudra tenter de rééditer une performance dans la dernière grande tournée de l’année.
Photo : Chris Auld
Thibau Nys ajoute un autre profil offensif : sa capacité à combiner de la puissance sur les sprints et de la résistance peut ouvrir des portes sur un parcours varié.
Son approche a toutefois été plus compliquée au moment de préparer la course, et le coureur explique pourquoi il arrive néanmoins avec confiance :
« On voit bien que la saison est loin de ce que j’espérais après ma blessure au genou : il y a eu l’opération et toute la période de récupération. Je voulais vraiment courir. On a bien démarré en Suisse et aux championnats nationaux, puis on a eu une bonne préparation à Majorque pour arriver en forme pour la Vuelta, mais aussi pour San Sebastián et Burgos, deux courses pour lesquelles j’avais fait des plans. La dernière semaine de stage à Majorque, j’ai eu des symptômes de maladie : je pensais presque que je n’allais pas pouvoir prendre le départ de la Vuelta… et au final, je me suis rétabli assez vite.
J’ai l’impression d’être dans la forme que je voulais, et je ne peux pas en attendre plus après ce que j’ai traversé. D’ailleurs, les dernières sorties d’entraînement m’ont surpris par leur qualité. J’espère que je pourrai le montrer à la Vuelta. Je pense qu’on a une très belle équipe, avec des objectifs clairs. Je suis impatient, et j’espère tourner la page de la mauvaise fortune de cette année pour la terminer en beauté. »
Julien Bernard, Lennard Kämna, Patrick Konrad, Jacopo Mosca et Mathias Norsgaard complètent un groupe avec de l’expérience et plusieurs cordes à l’arc. L’idée : soutenir les ambitions au classement général tout en saisissant les opportunités qui se présenteront quand la course s’ouvrira.
Le directeur sportif Maxime Monfort a détaillé la composition de l’équipe :
« On démarre avec huit coureurs motivés. Skjelly est le leader au général. C’est son deuxième Grand Tour, mais il se sent vraiment bien et il va viser le classement général. On peut rêver grand, mais évidemment il ne sait pas encore comment il réagira dans la troisième semaine. Pour l’instant, tout se passe bien.
Ensuite, Mads, lui aussi sur son deuxième Grand Tour : il ne cherche pas forcément le maillot vert, mais il veut aider l’équipe et, en parallèle, viser des victoires d’étape. Avoir un coureur dans cet état, c’est précieux. Thibau n’a pas eu la préparation idéale à cause de la maladie, mais on pense qu’il peut être performant, et on est heureux de l’avoir avec nous. Il peut faire la différence dans la chasse aux étapes et aider l’équipe de façon générale. On a aussi Julien, qui est un excellent équipier, avec énormément d’expérience. Idem pour Konrad et Kämna, qui sont très importants dans les montées. Jacopo Mosca a été impressionnant en Pologne : il est toujours combatif. Et Norsgaard aussi : son rôle sera de protéger Skjelly et Mads.
Ça promet une Vuelta chaude, comme toujours, avec une course difficile et beaucoup de grimpe dès le troisième jour. Il y aura des opportunités pour des échappées, et ça restera dur jusqu’au final, dans le délire des dernières étapes à Grenade. »
Photo : Chris Auld
Trois semaines de course exigeantes attendent les coureurs, avec des chances réparties sur presque tous les types de terrain. Lidl-Trek arrive à La Vuelta avec des objectifs clairs : se battre pour le classement général, aller chercher des victoires d’étape et laisser sa trace sur la dernière grande tournée de la saison.
Points à retenir
- Le parcours combine escalade, contre-la-montre (dont un long de 32 km) et journées piégeuses : difficile de tricher avec la “gestion d’effort”.
- Skjelmose et son équipe cherchent à construire dans la durée, avec une inquiétude classique… mais assumée : la troisième semaine, on ne la court pas, on la subit.
- Pedersen a un rôle offensif sur les étapes plus explosives, là où une puissance au bon moment vaut parfois une stratégie complète.
- Nys arrive après une préparation moins linéaire : quand la forme revient, le peloton le remarque vite… ou alors il espère que non.
- La direction sportive insiste sur l’éventail des profils : équipiers d’expérience, grimpeurs, et coureurs capables de saisir l’occasion quand la course s’emballe.
Et moi, en regardant cette équipe, je me dis qu’on aura peut-être un plan “GC” plutôt carré… mais avec assez de leviers pour que la Vuelta leur laisse aussi de la place sur les étapes. Une dernière grande tournée, c’est souvent une histoire de timing, de jambes et de détails. Alors je surveille : qui encaisse les premiers jours, qui flirte avec l’échappée au bon moment, et comment Lidl-Trek gère le moment où tout se complique. Parce qu’au fond, c’est là que la course devient intéressante — et que j’attends qu’elle offre du courage, pas seulement de la prudence. Dans ce sport, rester présent jusqu’à Grenade, ce n’est jamais “gratuit”, c’est un engagement.