Novak Djokovic n’a pas tari d’éloges pour Jannik Sinner. Le champion aux multiples records voit dans le tennisman italien de nombreuses similitudes avec lui-même et estime qu’ils partagent bien plus qu’un simple talent. « Je me reconnais en lui », a confié le Serbe de 39 ans dans un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera, quelques semaines avant le coup d’envoi de la 146e édition de l’US Open, du 30 août au 13 septembre à New York.
Dans ses souvenirs, Djokovic souligne que leur parcours a été façonné par la même nécessité : grandir vite. « Nous avons dû devenir adultes rapidement, loin de la famille et de nos proches », a-t-il rappelé. Les deux joueurs ont grandi dans les montagnes : Sinner en Haut-Adige, lui en Serbie. Et surtout, ils se sont d’abord tournés vers un autre sport — le ski — avant de quitter le cocon familial à seulement 13 ans pour se consacrer pleinement au sport.
Le ski, selon Djokovic, leur a donné de solides bases pour le tennis. « Il ne fait aucun doute que cela nous a appris la mobilité, les mouvements et la capacité de glisser sur n’importe quelle surface », a-t-il expliqué. D’après lui, la finesse des chevilles, mais aussi l’équilibre et la coordination entre le haut et le bas du corps, viennent aussi de la neige.
Mais au-delà du physique, c’est l’aspect mental qui impressionne le mieux le numéro un mondial. Djokovic décrit notamment une forme d’exigence permanente chez Sinner : « Jannik ne se satisfait jamais de ce qu’il fait. Il se réveille chaque matin avec l’envie d’être meilleur que la veille. » Et d’ajouter, sans trembler : « Il n’y a pas de victoire capable de calmer cette faim, même pas 24 titres du Grand Chelem. »
Une motivation que Djokovic pourrait bien avoir envie de prolonger dans la tournée américaine, alors que l’US Open s’annonce particulière : l’absence de Sinner, déjà fragilisé par des blessures, et le forfait confirmé de Carlos Alcaraz compliquent la donne. De son côté, Djokovic reste sur sa dernière grande victoire en Grand Chelem en 2023, au moment fort de la saison sur surface dure à New York.
Points à retenir
- Djokovic ne se contente pas d’admirer Sinner : il y voit une trajectoire “en miroir”, surtout sur le plan mental.
- Le ski n’est pas présenté comme un détail de parcours, mais comme un vrai bagage technique (mobilité, équilibre, coordination).
- Le Serbe insiste sur une faim de progresser qui ne s’éteint pas avec les victoires—même avec des chiffres qui font tourner les têtes.
- Avec les absences évoquées, la compétition à l’US Open pourrait paraître moins “habituelle”… et ça, dans le sport, change souvent les habitudes des favoris.
Au final, quand Djokovic dit qu’il se reconnaît en Sinner, j’y entends surtout une question : est-ce que le tennis d’aujourd’hui se gagne davantage avec la vitesse ou avec l’envie, celle qui pousse à recommencer encore et encore ? En tant que journaliste, je trouve intéressant de regarder comment cette génération (et ses rivalités) s’écrit : pas seulement avec des résultats, mais avec une manière de penser le travail—et ça, forcément, ça mérite qu’on s’y attarde.