3e étape de la Deutschland Tour : Giulio Pellizzari s’impose, Isaac Del Toro prend le maillot de leader

Avec 3 000 mètres de dénivelé et 170,8 kilomètres sur la “Königsetappe” entre Herxheim et Bad Dürkheim,
les coureurs ont dû s’employer… parfois sous une pluie qui ne faisait pas semblant. Au final, Giulio Pellizzari
(Red Bull–Bora–Hansgrohe) a franchi la ligne en premier. Il devance Isaac Del Toro (UAE Team Emirates – XRG)
et Marc Hirschi (Tudor Pro Cycling Team).
Conséquence immédiate au classement général : Del Toro s’empare du maillot bleu, reléguant Louis Barré
(Visma/Lease a Bike) sur le bas de la hiérarchie du jour. Le Mexicain arrive au départ de la dernière étape
avec 52 secondes d’avance.
Son coéquipier Nils Politt a résumé l’enjeu, avec une franchise qui ressemble à un plan :
“Facile, c’est rarement le cas pour défendre. Mais 52 secondes, c’est déjà beaucoup. L’idée, c’est de faire le
nécessaire et de décider de la Deutschland Tour.”
Florian Stork (Tudor Pro Cycling Team) termine lui meilleur Allemand, à la 10e place.
Barré a dû passer la vitesse au-dessus
Très tôt, une échappée a réussi à prendre le large. Mais dans le peloton, on ne lâche pas vraiment les leaders :
l’espace est resté contrôlé, et au bout de 57 kilomètres, la fuite a été reprise.
À 98 kilomètres du terme, le porteur du maillot bleu, Barré, a remis une attaque. Il s’est alors retrouvé
dans un groupe d’une dizaine d’hommes environ, qui s’est détaché du reste de la course.
Puis le gros de la pluie s’est abattu — et, comble du “service public”, elle a compliqué la vie de tout le monde.
Nelson Oliveira avait aussi tenté sa chance, mais son avantage n’a jamais excédé une minute.
De quoi donner des options, sans créer de fauteuil roulant pour qui que ce soit.
Del Toro attend, puis frappe
Dans le peloton, Visma/Lease a Bike a continué à imprimer du rythme, avec un travail organisé autour de Louis Barré.
Après quelques phases plus calmes, la pluie a fait des retours… en mode répétition générale.
Et au moment où il fallait, Del Toro n’a pas hésité : le Mexicain a accéléré à 135 kilomètres de l’arrivée,
se mettant à l’abri du peloton. Barré a alors dû se contenter de l’essentiel :
réduire la casse, parce qu’il semblait visiblement à la limite. Il n’a pas pu suivre l’intensité de Del Toro.
Le trio de tête se met en place
À l’avant, Nelson Oliveira, Isaac Del Toro et Pellizzari se sont retrouvés ensemble.
Les trois ont cherché à faire grossir l’écart.
Entre-temps, ils ont compté un peu plus d’une minute d’avance, ce qui rendait le retour de Barré de plus en plus improbable.
Après la première montée vers l’Annaberg, à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée,
Pellizzari et Del Toro ont lâché Oliveira. La suite s’est jouée entre eux :
leur course à eux, comme si le reste du peloton avait été relégué à “l’arrière-plan” des écrans.
La dernière étape, dimanche, s’annonce piégeuse
Dimanche, place à la 4e et dernière étape : un parcours de Heilbronn à Heilbronn (156,5 kilomètres).
Le tracé n’est pas fait pour économiser les jambes : il combine du relief et des enchaînements qui favorisent les coureurs à l’aise en “classiques”.
Les sprinteurs ne sont pas exclus pour autant : il faudra être au bon endroit au bon moment.
Le point décisif devrait se situer sur le circuit final à Heilbronn, à parcourir trois fois.
À chaque passage, le Jägerhaus et sa montée à 5,3 % sur plus de deux kilomètres viendront rappeler que la route n’est pas un buffet libre.
À huit kilomètres de l’arrivée, des bonifications peuvent encore faire la différence, et des attaques sont attendues.
Ensuite, place à la descente jusqu’à la ligne.
Points à retenir
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La 3e étape a basculé quand la pluie a rendu la course moins “jolie” et plus tactique :
contrôle au début, cassure plus tard. -
Barré a bien existé… jusqu’au moment où Del Toro a choisi d’accélérer :
quand ça compte, c’est rarement “au ralenti”. - Pellizzari a su transformer une séquence de course en opportunité concrète pour s’imposer.
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L’écart de 52 secondes avant la dernière étape donne une fenêtre aux favoris,
mais pas une garantie : au cyclisme, l’avance est souvent un “délai” plutôt qu’une victoire.
À mes yeux, ce scénario dit surtout une chose : on parle de classement général, mais c’est la combinaison entre timing, météo et énergie qui décide.
Et dimanche, avec le circuit de Heilbronn et ses bosses à répétition, je sens que les discussions vont reprendre — et que la course va encore
forcer chacun à choisir entre gérer… ou attaquer. En journaliste engagé, je le dis simplement : dans ce genre d’étapes, le spectacle ne vient pas
“d’en haut”, il se construit au sol, dans la fatigue et les choix, pour que le public ait enfin quelque chose à regarder vraiment.