dim. Juil 12th, 2026

Titre: Blessures faciales dans le football: pourquoi les masques protègent plus que l’apparence

Alors que les chocs aériens lors des rencontres internationales et des Coupes du monde se multiplient, les blessures du visage dans le football ne se résument pas toujours à des commotions, ligaments ou entorses. Parfois, c’est une fracture du nez qui devient la blessure durable, provoquant des saignements, des traitements sur la touche et, parfois, le port d’un masque protecteur avant un retour rapide sur le terrain. C’est un traumatisme souvent sous-estimé, selon le docteur Farhad Ardesh, chirurgien plasticien et reconstructeur facial à Beverly Hills, qui a notamment soigné des athlètes professionnels.

« Parfois une blessure extérieure apparemment mineure peut causer des dommages importants à l’intérieur », explique Ardesh. « Vous pouvez avoir un nez qui paraît juste gonflé ou légèrement de travers, mais l’intérieur du nez peut présenter une déformation en zigzag ou en S qui gêne réellement la respiration de ce joueur. »

À mesure que certains joueurs prennent part à la Coupe du monde 2026 avec des masques faciaux après des blessures de la mâchoire ou du visage, les traumatismes cachés du football gagnent en visibilité. Parmi les joueurs ayant été vus avec une protection faciale figurent Djed Spence (Angleterre), Stefan Posch (Autriche) et le gardien Luca Zidane (Algérie). D’autres cas célèbres incluent Kylian Mbappé, qui portait un masque pour protéger son nez cassé lors de l’Euro 2024, et Josko Gvardiol, qui avait lui aussi recours à un masque lors de la Coupe du monde 2022.

Pour le grand public, le masque peut sembler être un badge de résistance. Pour les chirurgiens comme Ardesh, il symbolise surtout les effets d’un traumatisme. « Le visage est très fragile après une blessure, que ce soit dû à un trauma, comme un coup de coude, ou à la chirurgie », dit-il. « Nous voulons protéger l’os. »

Un nez fracturé peut entraîner une obstruction chronique, un septum dévié et, à long terme, des problèmes de respiration ou un nez visiblement déformé nécessitant une chirurgie des mois plus tard si l’évaluation n’est pas adéquate. Pour les athlètes d’élite, le flux d’air peut influencer les performances. « Si les patients n’obtiennent pas une bonne circulation d’air par le nez, ils ne seront pas à leur meilleur », affirme-t-il. « Le but de la rhinoplastie et de la septoplastie n’est pas seulement d’améliorer l’esthétique du nez mais aussi d’assurer la meilleure respiration possible. »

Contrôler les saignements et exclure les blessures plus graves

Dans les heures qui suivent un coup, les premières mesures consistent à maîtriser les saignements et à écarter les lésions plus graves, en se penchant en avant pour éviter que le sang ne coule dans la gorge. Une fois qu’un athlète est pris en charge par un spécialiste, une préoccupation urgente est le hematome septal – du sang dans la paroi qui sépare les narines. S’il est laissé sans traitement, il peut couper l’apport sanguin au cartilage et provoquer une déformation en selle.

Un gonflement peut compliquer l’évaluation des fractures durant les premières heures après le choc. Si la blessure paraît plus qu’inerte, un examen d’imagerie peut être nécessaire pour vérifier des fractures orbitaires, des pommettes ou de la mâchoire, ainsi que les commotions. Pour une fracture nasale isolée, le médecin peut attendre une à deux semaines afin que le gonflement diminue avant de remettre les os en place. Des interventions plus définies, comme une rhinoplastie ou une septoplastie, peuvent intervenir trois à six mois plus tard, en fonction de la respiration, de l’apparence et de la fonction.

L’objectif pour ces joueurs est de retourner sur le terrain, mais chaque blessure doit être évaluée et un plan individualisé élaboré.

Les gardiens de but: un risque accru

Les gardiens de but sont particulièrement exposés car ils entrent en collision avec les adversaires en tentant de sauver le ballon. « Ils peuvent recevoir des coudes, des coups de tête ou des genoux », explique Ardesh. « Ils sont plus exposés à un impact facial direct. » Néanmoins, il ne prévoit pas que le port obligatoire de protections faciales se généralise dans un sport fondé sur la vitesse, la vision et le confort. Des masques optionnels pour les joueurs en récupération après une blessure semblent plus raisonnables, selon lui. « Ce sont des combattants », conclut-il à propos des joueurs professionnels. « Ils ne veulent pas quitter le terrain. »

Bon à savoir

– Les blessures faciales dans le football peuvent avoir des répercussions sur la respiration et la performance, même si elles semblent mineures à première vue.
– Une fracture nasale peut nécessiter une période d’observation avant une remise en place et des chirurgies ultérieures, parfois plusieurs mois après le trauma.
– Le port d’un masque peut faciliter le retour sur le terrain, mais son adoption dépend des joueurs et du contexte, et n’est pas systématique.
– L’évaluation médicale individuelle est essentielle: il faut vérifier les éventuelles fractures orbitales, temporales, zygomatiques et les commotions, et planifier le traitement en conséquence.
– Les gardiens de but présentent un risque accru de traumatismes faciaux en raison de leurs interventions près du visage de l’adversaire.
– Les patients peuvent percevoir différemment le masque: signe de résilience pour le public, mais surtout instrument de protection pour les médecins.
– La gestion des blessures nasales peut impliquer des délais entre les diagnostics et les interventions, afin d’assurer une respiration optimale et un rétablissement fonctionnel.

Note: Ce reportage met en lumière des pratiques et avis médicaux relatifs au football, et s’appuie sur les observations du docteur Farhad Ardesh, ainsi que sur des exemples récents de joueurs portant des protections faciales lors de compétitions internationales.


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