[mis à jour le lundi, 11h25] Selon des enquêtes du quotidien “Bild”, révélées ce week-end, cette séparation inattendue, intervenue après le Nouvel An, ne peut pas être attribuée à des “raisons personnelles” comme cela avait été annoncé par le HSV et Kuntz. En réalité, des allégations de comportement inapproprié auraient été formulées par des salariées du club.
Âgé de 63 ans, Kuntz a réagi dimanche après-midi en rejetant fermement ces accusations. Sur Instagram, il a également annoncé avoir mandaté des avocats pour “faire face à ces allégations mensongères et à cette présomption de culpabilité”.
HSV : Une gestion discrète
Ce lundi matin, le conseil de surveillance du club a confirmé les informations rapportées par “Bild”. Jusqu’à présent, le comité de contrôle a traité “la séparation et les raisons ayant conduit à celle-ci avec discrétion et respect pour les personnes concernées”. Suite à la publication sur les réseaux sociaux de Kuntz et aux accusations lancées dans son entourage – certains évoquant même une “chasse aux sorcières” – le conseil de surveillance du HSV se sent désormais obligé de clarifier la situation.
Des allégations graves de comportement inapproprié à l’encontre de Kuntz ont été portées au conseil d’administration de la HSV Fußball Management AG en décembre 2025. Des avocats externes ont été sollicités pour éclaircir ces accusations. “Après un examen minutieux et la constatation de la crédibilité de ces accusations, le conseil a décidé d’une manière urgente de mettre fin à la collaboration avec cet ancien membre du conseil d’administration”, précise le communiqué. La protection des victimes reste une priorité et continue de l’être.
Absence de réponse
Sur cette base, Kuntz a donné son accord pour une séparation à compter du 31 décembre, avec l’assistance de ses avocats, précise le conseil. Malgré plusieurs offres, Kuntz n’a pas saisi l’opportunité de répondre aux accusations. “Dans ce contexte, les allégations d’une ‘campagne de diffamation’ contre Kuntz sont clairement inexactes et trompeuses”, indique le communiqué du Hamburger SV.
La séparation inattendue
Le 2 janvier, le club a annoncé de manière surprenante qu’un accord de résiliation du contrat avait été trouvé avec Kuntz. Selon le communiqué, il aurait demandé cette résiliation immédiate pour des raisons personnelles après les fêtes de fin d’année.
“Il y a parfois des choses plus importantes que le football. C’est le cas pour moi aujourd’hui. Je n’en dirai pas plus et je vous prie de respecter cela”, a-t-il été cité dans le communiqué. “Je remercie le HSV pour ces belles années et souhaite le meilleur aux équipes ainsi qu’à l’ensemble du personnel”, a-t-il ajouté.
Un départ sans émotion
Dans un post sur Instagram à ce moment-là, Kuntz n’a pas donné plus de détails. “Cela a été un grand honneur d’être associé à ce club particulier. Mon temps au HSV a été intense, émotionnel et imprégné de vraies valeurs”, a-t-il écrit.
Le HSV a à l’époque commenté le départ de Kuntz avec une étonnante neutralité. Après tout, il a mené le club à un retour tant attendu en première division. “Nous respectons le souhait de Stefan d’une résiliation anticipée de son contrat et d’une libération immédiate de ses fonctions. En ce qui concerne les raisons, nous respectons pleinement son souhait de confidentialité”, a déclaré Michael Papenfuß, le président du conseil de surveillance. De plus, le départ de Kuntz n’est pas perçu comme un setback, mais plutôt comme “un défi, une nouvelle situation que nous sommes prêts à relever”. En mai 2024, Kuntz avait remplacé Jonas Boldt en tant que directeur sportif du Hamburger SV.
Syndrome des “trenches” en Pfalz
Kuntz est considéré comme un symbole du football allemand, avec un statut quasi culte en Pfalz. En tant que joueur, il a évolué notamment au VfL Bochum, à Arminia Bielefeld, et à Besiktas Istanbul. En tant que capitaine de l’équipe, il a conduit le 1. FC Kaiserslautern à la victoire en coupe en 1990 et au titre de champion en 1991, devenant le premier joueur non international à être élu footballeur de l’année. Il a également été couronné champion d’Europe avec l’équipe nationale en 1996.
Après sa carrière de joueur, il a exercé en tant qu’entraîneur notamment pour plusieurs clubs, ainsi que pour l’équipe nationale U21 avec laquelle il a été champion d’Europe en 2017 et 2021, ainsi que pour l’équipe nationale turque. Au 1. FC Kaiserslautern, il a été président de 2008 à 2016, tout en étant sollicité comme expert à la télévision.
Points à retenir
- Stefan Kuntz a été écarté suite à des accusations de comportement inapproprié.
- Le HSV a adopté une approche discrète dans cette affaire, respectant la confidentialité des victimes.
- Kuntz n’a pas choisi de répondre publiquement aux allégations, laissant un flou sur son départ.
- Son départ intervient après une période de succès pour le HSV, mais la gestion du club pourrait en pâtir.
- Kuntz, figure charismatique du football allemand, reste populaire malgré leurs dernières difficultés.
En me penchant sur cette affaire, je me demande quel impact cela aura sur la perception du football en tant qu’institution. La séparation d’une personnalité bien connue comme Kuntz, bien qu’accompagnée de controverses, pose la question des normes éthiques dans le milieu sportif. Il est crucial de réfléchir à la manière dont nous, en tant que société, abordons non seulement le succès, mais aussi les responsabilités qui en découlent. L’engagement à promouvoir un sport plus éthique est une démarche indispensable et méritée.
