Sébastien Pocognoli évite de parler de « matchs fondamentaux », mais certains moments peuvent véritablement influencer une saison, que ce soit en bien ou en mal. Parfois, ces instants précieux surviennent non pas sur le terrain, mais autour d’une table dans un restaurant.
Monaco a touché le fond au Bernabéu fin janvier avec une défaite cinglante de 6-1 contre le Real Madrid, leur plus sévère en compétition européenne. Cette claque faisait suite à une série de sept défaites en huit matchs en Ligue 1, le pire bilan de l’histoire du club. Suite à cette débâcle, l’équipe est restée à Madrid jusqu’au lendemain pour tenter de comprendre cette crise qui s’amplifiait. Les entraîneurs de l’équipe ont organisé une réunion pour discuter de la situation, tandis que les joueurs se sont aussi réunis pour en parler. « Nous avons pensé qu’il était important d’en avoir une en tant que joueurs, d’être ouverts et de chercher des solutions », a affirmé Folarin Balogun. « C’était positif. »
Pocognoli espérait que ces rencontres puissent constituer un « choc » salutaire, et elles l’ont été. Depuis ce jour, Monaco n’a plus connu la défaite en Ligue 1. Leur dynamique a encore gagné en intensité grâce à une séance de cohésion d’équipe début février. Les joueurs ont passé une journée ensemble, la première depuis longtemps, partageant un repas dans un restaurant hors des murs de leur lieu de travail.
« Nous savons à quel point cette équipe a été déchirée cette saison, donc c’était bien de discuter », a déclaré Pocognoli. « Mes joueurs doivent se rassembler davantage pour créer une véritable famille. Ces moments de déconnexion avec le terrain nous manquent un peu au club. »
Depuis leur journée de cohésion, Monaco a remporté tous ses matchs de Ligue 1, dont une victoire impressionnante 3-1 contre le Paris Saint-Germain. C’était une victoire attendue, car Monaco avait déjà battu PSG plus tôt dans la saison en Ligue 1 et s’était battu à leur niveau lors des barrages de la Ligue des champions, malgré deux exclusions de joueurs lors des deux matchs.
Luis Enrique a reconnu que PSG « souffrait clairement » après cette défaite, leur première à domicile en Ligue 1 cette saison. Cela ne fait aucun doute. Ses joueurs manquent de confiance, d’intensité, de motivation, de détermination, de cohésion et de solidarité ; tout ce qu’une équipe a besoin pour gagner des matchs semble cruellement absent en ce moment au PSG. Après deux défaites en quatre matchs, leur avance en tête du classement n’est plus que d’un point.
PSG est en difficulté, et c’est Monaco – et Pocognoli – qui a contribué à creuser leur trou. L’entraîneur belge a excellé à l’Union Saint-Gilloise, les menant pour la première fois de leur histoire en Ligue des champions, avant de se retrouver propulsé dans le grand bain lors de son premier poste dans l’un des cinq plus grands championnats européens. Il essaie d’implémenter un nouveau style de jeu, mais il doit faire face à un manque de temps d’entraînement et à une crise de blessures persistante.
Malgré les options limitées et le peu de temps, Pocognoli a su tirer son épingle du jeu ces derniers mois, ses décisions tactiques contribuant grandement au succès récent. Les remplaçants de Monaco ont marqué 16 buts en Ligue 1 cette saison – plus d’un tiers de leur total. Ce n’est pas seulement une question d’introduire les bons joueurs. Pocognoli souligne régulièrement la nature « hybride » de son effectif, ce qui lui permet de jongler entre plusieurs systèmes. Cette imprévisibilité devient un atout précieux pour Monaco.
Il existe d’autres atouts, dont celui de Balogun. L’attaquant a été exceptionnel cette saison. « Il s’est vraiment amélioré dans son jeu dos au but », a déclaré Wout Faes, le défenseur de Monaco. Le joueur américain marque des buts, avec 13 au compteur cette saison (dont trois lors des trois derniers matchs en Ligue 1), dépassant déjà le total de ses deux dernières saisons combinées (12).
Le capitaine du club, Denis Zakaria, qui avait eu du mal à trouver son rythme, s’épanouit depuis quelques semaines dans un rôle plus profond. Maghnes Akliouche a marqué deux buts en deux semaines au Parc des Princes, et Lamine Camara est de retour de blessure. Ceci n’est pas anodin, compte tenu du fait que Monaco a gagné seulement 22 % de ses matchs sans lui, contre 62 % avec lui.
Cependant, certaines imperfections subsistent. Les transactions estivales de Monaco et l’indisponibilité de certains recrues (notamment Paul Pogba, Eric Dier et Lukas Hradecky) ont mis le club sur la défensive, et la crise des blessures ne peut pas être entièrement attribuée à la malchance, même si des changements ont été opérés au sein du staff médical.
Bien que Monaco ait dû jouer les rattrapages pendant une grande partie de la saison, Pocognoli est en train de bâtir quelque chose. Il parle d’instiller « un état d’esprit » et des « principes », mais il favorise également la cohésion, que ce soit à travers sa gestion des hommes ou grâce à des résultats qui ont récemment convaincu les ultras du club de mettre fin à leur grève prolongée. « Nous garderons les pieds sur terre », a déclaré Pocognoli, qui n’exagère pas le récent rebond, mais qui a su tirer parti de ce repas crucial du mois dernier.
Points à retenir
- Le leadership de Pocognoli semble porter des fruits, transformant la dynamique de l’équipe.
- La cohésion hors du terrain pourrait être tout aussi cruciale que la stratégie sur le terrain.
- Les blessures jouent un rôle non négligeable, affectant la performance globale.
- PSG devra revoir ses priorités pour retrouver la victoire.
- Balogun, révélateur de talents, est un facteur clé dans la réussite de Monaco.
Il est fascinant de voir comment la chimie d’une équipe peut être influencée non seulement par les séances d’entraînement, mais aussi par les moments partagés en dehors du terrain. Peut-être que le partage d’un bon repas pourrait être le secret de la réussite pour d’autres clubs également. Les leçons à tirer de cette situation sont multiples et invitent à réfléchir sur la mentalité qui règne dans le football d’aujourd’hui. Et si ces moments de convivialité devenaient une norme plutôt qu’une exception ? C’est un questionnement que je trouve particulièrement pertinent.