Titre: Ballfield for Kids: le terrain-atelier de San Diego qui accueille la Swiss football pour le Mondial des jeunes
La San Diego Jewish Academy (SDJA) de Carmel Valley a été créée en 2006 autour d’un petit bijou de terrain: un complexe sportif extérieur taillé dans une colline pittoresque, baptisé à l’époque Ballfield for Kids. Personne n’imaginait alors qu’il deviendrait, une décennie plus tard, une étape prisée pour des formations de football réunissant certaines des meilleures équipes mondiales.
La Suisse n’est pas venue en visite touristique, mais pour s’entraîner: 500 élèves de la maternelle à la terminale, sur un campus de 56 acres, ont reçu les visiteurs de la sélection nationale helvétique comme base d’entraînement pour la Coupe du Monde des jeunes. Pour optimiser l’espace, un ancien terrain de softball inutilisé a été recouvert d’herbe naturelle et l’on a érige une grande tente extérieure de 4 500 pieds carrés sur le terrain de baseball, tandis qu’une salle de réunion a été transformée en centre médiatique. Les Suisses logent au Fairmont Grand Del Mar, et un match de préparation contre l’Australie a eu lieu à quelques encablures, au Snapdragon Stadium.
Sur le terrain, les résultats sont au rendez-vous. Après un nul inquiétant 1–1 face au Qatar lors de l’ouverture, la Suisse a enchaîné deux victoires, dont une nette victoire 2–1 contre le Canada, pour remporter le groupe B et accéder à un 8e de finale largement abordable contre l’Algérie, à Vancouver, jeudi prochain. Damien Mollard, directeur des opérations de l’équipe pour la fédération suisse, réagit: « Nous sommes très satisfaits du travail réalisé avant le Mondial. Dès le départ, nous avons eu une excellente relation et des échanges constructifs avec la SDJA. » Il poursuit: « Nous disposons de tout ce que nous demandions et avions besoin. Les joueurs apprécient les installations, le matériel et le gymnase, et le terrain est en très bon état. »
Le terrain est une fierté locale. Discret mais incontestablement performant, il est fréquenté par des clubs et fédérations internationales. Une ancienne entraîneuse de football du SDJA, travaillant ensuite sur des événements mondiaux, avait même évoqué en 2009 la possibilité pour l’équipe masculine mexicaine de s’y entraîner avant un match à San Diego. Des échanges et tournées de délégations ont suivi, et au fil des années, des dizaines d’équipes sont venues se reposer sur Ballfield for Kids. Les États-Unis, hommes et femmes, se sont entraînés ici, tout comme le Chili et le Costa Rica, puis le club mexicain Club América et le Real Betis en Espagne. Six équipes de la MLS ont aussi profité du site, en prévision de rencontres contre San Diego FC, et Dortmund, en pré-saison 2023, a même hissé le lieu au rang de camp d’entraînement. Même Fiji, en rugby, et les Titans du Tennessee (NFL) ont aussi fait étape sur ce terrain. Le site est même envisagé comme base d’entraînement pour les Jeux-Olympiques de 2028, Snapdragon Stadium devant accueillir onze matchs de football.
« Quand on m’a reçu en entretien en 2022, raconte Adam Benmoise, directeur des programmes annexes de la SDJA, on m a montré le terrain, et j’ai pensé: c’est incroyable. C’est un terrain de classe mondiale. » Il rappelle que le travail a été soigné dès le départ: « Il a été construit correctement, sans compromis, avec une base adéquate et une couche d’herbe adaptée. Nous le entretenons selon des standards professionnels. Les équipes choisissent ce site pour plusieurs raisons: la qualité du terrain est primordiale. » Au début, l’établissement a fait appel à un consultant en gazon, puis a embauché un agronome interne, dont les collègues plaisantent en disant qu’il protège son « bébé » avec un protocole pointu. Les équipes recevaient quotidiennement des courriels détaillant les prévisions météo, l’humidité, la température du sol, la hauteur de l’herbe et les risques d’endommagement par l’entraînement. En 2009, l’Sports Turf Managers Association a distingué Ballfield for Kids comme l’un des meilleurs terrains de lycée du pays.
Une anecdote illustre aussi l’attention portée à la communication. Lors d’un passage de BJ Callaghan (au moment interim head coach de l’équipe masculine des États‑Unis) pour une séance d’entraînement, Benmoise se rappelle d’un échange marquant: « BJ disait qu’on venait d’un lycée et qu’on avait tout pour réussir; mes joueurs et moi avons été ébahis par l’équipement et le cadre lorsque nous avons franchi la porte ».
Callaghan est aujourd’hui à la tête du club Nashville SC en MLS et il y a aussi amené son équipe dans le cadre d’autres visites. Le passage de la Suisse à SDJA s’est généralement déroulé sans remous, si l’on excepte une publication peu heureuse sur les réseaux sociaux qui montrait la zone boisée entourant l’aire d’entraînement marquée en rouge comme « zone de serpents ». L’intention était de plaisanter, mais le geste a provoqué une virale malentendu, une confusion que le porte-parole suisse, Sergio Affuso, a tenté d’apaiser: « Les Suisses ont compris la blague; peut‑être, à l’étranger, elle n’a pas été perçue de la même manière. »
Adam Benmoise indique que le choix de SDJA comme base d’entraînement Mondial a été envisageable après les visites d’avant tirage par l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne et les Pays-Bas. L’Italie, faute de qualification, n’a finalement pas rejoint l’Europe de l’Ouest; les autres ont été réparties ailleurs, et la Fédération américaine a privilégié Great Park à Irvine, plus proche de SoFi Stadium, pour les matches et potentielles phases à élimination directe. Les pays d’Asie et du Moyen-Orient (Iran, Qatar, Jordanie, Égypte) ont été quant à eux envoyés sur la côte Ouest. Pour Benmoise, l’acceptation suisse tombait à pic: « Une fois le groupe en West Coast, les Suisses ont apprécié l’atmosphère et le cadre; cela a renforcé l’impression que ce site pouvait répondre à des besoins compétitifs. » Et l’un des atouts supplémentaires: Gregor Kobel, gardien titulaire du Borussia Dortmund, évolue aussi en club sur le terrain qui a aidé les Helvètes à atteindre leurs objectifs.
« Pour nos besoins, c’est un excellent endroit », résume Mollard. « Nous avons vérifié avec les équipes qui ont déjà entraîné ici et obtenu des retours, notamment de Dortmund; il y a eu une adéquation dès le départ, et cela a fonctionné. Nous en sommes satisfaits. »
Image à l’appui: sur la photo associée, Granit Xhaka, au centre, et Cedric Itten, à droite, se disputent le ballon lors d’une séance d’entraînement le 3 juin à la San Diego Jewish Academy. (Crédit: Peter Klaunzer/Keystone via AP)
Bon à savoir
– Ballfield for Kids est devenu un hub pour des formations internationales et pour des athlètes de haut niveau, au-delà de son rôle initial dans l’enseignement scolaire.
– SDJA assure un ensemble d’infrastructures (surface de jeu en herbe, gymnase sous tente, médiathèque et installations associées) qui peuvent être mobilisées rapidement pour des besoins professionnels.
– Le site bénéficie d’un climat favorable et d’un accès facilité à des équipements et à des lieux de compétition régionaux (San Diego et environs), ce qui peut réduire les contraintes logistiques pour des camps.
– L’implication d’un personnel dédié (agr bout en particulier) et l’entretien régulier permettent de maintenir une qualité de surface élevée, élément crucial pour les entraîneurs et les joueurs.
– Le recours à Ballfield for Kids peut s’inscrire dans une stratégie plus large, notamment en vue des Jeux olympiques de 2028, lorsque la région accueillera plusieurs rencontres footballistiques.
– Le site illustre la relation entre une institution éducative et le monde du football professionnel, et peut influencer le niveau de préparation des équipes moins habituées à des installations de référence.
– Le cas suisse et les réactions autour d’un post sur les réseaux sociaux soulignent l’importance de la communication autour des lieux d’entraînement et de leur image, aussi bien au niveau local qu’international.
Note: cet article met en lumière une initiative locale qui s’est hissée au rang de référence pour certains programmes de football de jeunes et professionnels. Il rappelle aussi l’importance d’un encadrement technique et logistique solide pour répondre aux exigences des équipes de haut niveau. Le média The Athletic a relayé certains propos dans ce dossier pour apporter une perspective spécialisée sur le fonctionnement et l’accueil des équipes internationales; ce média est reconnu pour sa couverture pointue du football et de ses enjeux.
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