Pour certains, le golf se résume à un face-à-face d’esprit autant que de technique, un défi ultime que seule la discipline peut offrir. Pourtant, le format des foursomes divise : il est célébré par quelques-uns mais repousse bien davantage de golfeurs.
Beaucoup de joueurs ont l’impression de passer à côté de quelque chose de fondamental. Ainsi, les foursomes errent souvent dans l’oubli des clubs, relégués à l’état de simple compétition hivernale. Si tant est qu’ils soient joués.
Mais sur le podcast Golf de NCG, nous l’apprécions pleinement. Après que Tom Irwin et Nicola Slater aient tenté leur chance lors des Sunningdale Foursomes, l’événement qui marque le début de la saison de golf en Europe, Tom est revenu tout enthousiasmé par ce format.
« Personnellement, je jouerais tout le temps en foursomes », a-t-il confié. « Ce format reflète tellement ce qu’est le golf. »
« La conversation est meilleure, car vous marchez avec votre adversaire pendant que votre partenaire est avec l’autre membre du duo. Il y a une convivialité naturelle qui en découle. »
« Le golf est un sport un peu absurde par nature. À la fin de la journée, vous frappez une balle sur un terrain bien toni, armé d’un bâton. C’est un peu ridicule, un jeu pensé pour amuser. »
« Nous portons des vêtements originaux pour jouer et les règles sont parfois obscures. Les foursomes amplifient tout cela, car vous devez composer avec l’autre joueur. Ils pourraient vous envoyer dans un buisson ou dans une position délicate, et vous devez simplement l’accepter. »
« Une part d’acceptation doit se faire avec humour ; vous vous retrouvez dans des situations cocasses qui ne sont pas de votre fait. »
« C’est un art. Il y a un rythme à respecter, car la question essentielle est : quel coup vais-je laisser à mon partenaire ? »
Irwin a ajouté : « Cela change votre état d’esprit. Je pense à comment rapprocher sa balle du green ou à comment créer une opportunité de birdie. »
« En réalité, je me préoccupe de ne pas me retrouver en difficulté pour mon partenaire. L’idée est de lui laisser une chance. »
« C’est un vrai changement d’approche lors d’une partie. Une stratégie qui n’apparaît pas vraiment dans beaucoup d’autres formats du jeu. »
Pourquoi les golfeurs de clubs n’adhèrent-ils pas aux foursomes ?
Mais, en compétition, où voit-on vraiment ce format dans de nombreux clubs ? Les calendriers d’été sont dominés par des matchs en fourballs, que ce soit en stroke play ou en match play.
Certains clubs expérimentent les greensomes, où chaque partenaire frappe un drive, le meilleur est choisi, puis on alterne les coups. Mais cela reste souvent un événement épisodique dans le calendrier de compétition.
Notre année est remplie de compétitions Stableford, même les Texas Scrambles ont plus de visibilité. Pourtant, les foursomes étaient autrefois le cœur même du jeu.
Pensez à l’époque emblématique de Old et Young Tom Morris ; ils ne jouaient pas pour des points. De plus, le stroke play n’était qu’une exception. Par contre, ils jouaient fréquemment en alternance.
Alors pourquoi ce format est-il si difficile à vendre ?
Mon expérience montre que beaucoup de golfeurs n’aiment tout simplement pas l’idée de jouer seulement la moitié des coups lors d’un parcours.
Malgré tout, cela reste un point assez curieux, étant donné la manière dont la plupart jouent. À quel point est-ce réellement un fardeau d’innover de temps en temps ?
Il est clair que les joueurs tiennent à jouer leur propre balle lors de leur passage au club.
Une partie de la résistance pourrait aussi venir de la difficulté du format. À mes yeux, il représente la forme la plus pure du golf, car c’est aussi la plus impitoyable.
Quand on n’est pas sûr de garder la balle en jeu, n’est-ce pas là le vrai défi des foursomes ?
Si vous pouvez frapper relativement droit et éviter les embûches pour votre partenaire, alors vous aurez souvent le dernier mot.
Personnellement, j’adore les éléments tactiques. Même si je ne joue que la moitié des coups, je suis entièrement absorbé par le jeu.
Il rassemble des réflexions rarement présentes en fourballs, où l’accent est toujours mis sur la proximité du trou.
En foursomes, on réfléchit : quelle balle est la meilleure pour nous ? Dans quel ordre devrions-nous frapper ? Quels trous conviennent le mieux à chaque partenaire ? Quelles sont nos forces et nos faiblesses ?
J’apprécie tout ce processus. J’aime analyser le jeu tout au long du parcours. Et je trouve fascinant de voir un match se jouer sur un simple slice ou un hook mal placé.
Je comprends que ce format ne convienne pas à tout le monde et que tous ne souhaitent pas aborder une partie comme un jeu d’échecs.
Cependant, j’aimerais comprendre pourquoi d’autres golfeurs ne se mobilisent pas davantage pour les foursomes. Vous ne jouez peut-être que la moitié des coups, mais chaque coup compte.
Pour moi, c’est cela, le golf dans toute sa splendeur.
Points à retenir
- Les foursomes sont souvent perçus comme un format élitiste, mais ils apportent une belle dimension stratégique.
- Les golfeurs semblent préférer leur propre balle, même s’un changement de routine pourrait être rafraîchissant.
- Les interactions sociales lors des foursomes ajoutent une couche de convivialité rarissime dans d’autres formats.
- La prise en compte de l’autre joueur amène une profondeur que le golf en solo ne peut égaler.
- Sans doute, la peur de l’erreur est un frein à l’adoption des foursomes, mais que serait le jeu sans risque ?
En fin de compte, le golf est plus qu’un simple sport, c’est une rencontre d’esprit et de tactique, où chaque coup compte. Que faut-il pour que les golfeurs changent de perspective et embrassent ce format ? Réfléchissons ensemble à la manière dont nous pouvons redynamiser notre passion pour le golf, en reprenant ce qui a fait sa beauté autrefois.