Zverev a sorti le drapeau allemand sur le court, l’a déployé devant le public, puis a levé les bras comme pour signifier : « c’est maintenant ». Une semaine après son sacre à l’US Open, le tennisman allemand a une nouvelle fois enflammé les tribunes en Westphalie orientale. Résultat : l’Allemagne a décroché son billet pour le tournoi final à Bologne, contre la Croatie, sur un score final de 3-1.

« Je suis content d’être là et de pouvoir aider », a déclaré Zverev. Son deuxième succès en simple a apporté le point décisif, dans une rencontre où tout pouvait basculer après la défaite de Daniel Altmaier.

Zverev très concentré, le double fait le reste

Avant le point final, Kevin Krawietz et Tim Pütz, le duo allemand, ont posé les bases avec une démonstration : 7-5, 6-2 face aux champions olympiques de Tokyo, Nikola Mektic et Mate Pavic. Puis, Zverev a conclu la soirée avec un match maîtrisé, 6-2, 6-4 contre Dino Prizmic, celui qui avait éliminé Altmaier.

De son côté, Zverev, arrivé en Westphalie après un déplacement rapide, affichait une concentration bien plus solide que la veille. Là où sa victoire précédente contre Matej Dodig avait été plus laborieuse, cette fois, il a joué plus clair, avec moins d’à-coups. Dodig, lui, n’a pas cherché à minimiser : « J’ai joué un match incroyable, je ne m’attendais pas à ça. »

Final Four en novembre à Bologne

Porté par l’ambiance à Halle, Zverev a pris le jeu à son compte. Entre des revers qui claquent et des coups venus de « pas si loin que ça du miracle », il a plusieurs fois déclenché des ovations debout. Prizmic a fini par être davantage relégué en défense, avec une frustration qui se lisait aussi sur son banc — et pourtant, Zverev n’a pas laissé de fenêtre.

La dernière victoire de l’Allemagne en Coupe Davis remonte à loin : 33 ans, depuis l’époque de Michael Stich et de ses coéquipiers. Derrière les États-Unis et l’Italie, hôte de l’événement, l’Allemagne occupe la troisième place. Du 24 au 29 novembre, la sélection menée par le capitaine Michael Kohlmann tentera donc d’aller chercher, cette fois, une nouvelle étape à Bologne.

Points à retenir

  • Zverev n’a pas seulement « fini » la rencontre : il l’a stabilisée au bon moment, après un début plus fragile côté allemand.
  • Le double Krawietz–Pütz a servi de clé de voûte, en imposant un rythme difficile à contrer dès le premier set.
  • La dynamique à domicile compte : quand le public se met de la partie, Zverev a clairement su transformer l’énergie en points.
  • Le Final Four arrive vite : désormais, c’est moins la forme du week-end qui sera scrutée que la capacité à répéter ce niveau sous pression.

À titre personnel, je trouve intéressant que l’Allemagne avance ainsi : on n’est pas sur une performance « automatique », mais sur une logique de match, avec des timings qui tombent juste. Et si la Coupe Davis est censée récompenser l’équipe autant que le talent individuel, alors ce 3-1 sent bon le futur à condition de ne pas confondre élan et constance. Une chose est sûre : à Bologne, l’Allemagne ne jouera pas pour faire de la figuration, et moi je vais suivre ça de près — avec le sens de l’engagement qui va avec.