ven. Août 14th, 2026
Jódar connaît enfin son rival à Cincinnati : un duel qui sent la revanche

Le calendrier n’a aucune pitié pour Rafa Jódar. Après avoir atteint les demi-finales du Masters 1 000 de Montréal, le joueur madrilène a déjà posé ses valises à Cincinnati pour enchaîner. Ce samedi, il fera ses débuts dans le Masters 1 000 américain face à un adversaire de taille : Denis Shapovalov.

De son côté, le Canadien a validé son billet pour le tour suivant en s’imposant au premier tour contre le Français Adrian Mannarino (6-1, 6-4). Il rencontrera ensuite Jódar, exempt du premier tour grâce à son statut de douzième tête de série.

Il s’agit de leur deuxième confrontation officielle seulement. Ils s’étaient déjà retrouvés en février, au premier tour de l’ATP 500 de Dallas. À l’époque, l’américain avait nettement pris le dessus (6-1, 6-2) en un peu plus d’une heure, lors du lancement de Jódar dans ce format. Un détail qui rend le scénario actuel encore plus intéressant : cette fois, l’Espagnol n’arrive pas avec le même statut… ni la même trajectoire.

Rafa Jódar, au Masters 1000 de Montréal

Rafa Jódar, au Masters 1000 de Montréal

Malgré cette défaite à Dallas, Jódar avait engrangé 25 points au classement, ce qui lui a permis de grimper jusqu’à la place 117, le meilleur rang de sa carrière à ce moment-là. Quelques mois plus tard, les rôles ont changé : cette fois, il se tient à la onzième place mondiale, à seulement 600 points d’une entrée dans le Top 10.

Et si l’objectif se concrétise, Jódar améliorerait un repère historique : passer du numéro 100 au numéro 10 en 160 jours, soit 50 jours de moins que celui qu’il avait fallu à Boris Becker en 1985 pour réaliser la même montée.

Las ATP Finals, a tiro

En parallèle, le joueur est également dans une position très favorable pour se qualifier aux Nitto ATP Finals. À l’heure actuelle, il se situe septième dans la course au classement (les huit premiers prennent part au tournoi), avec en plus la meilleure place chez les joueurs “jeunes”.

Mais l’ambition de Jódar reste concentrée sur le prochain match. À Montréal, il a résumé sa philosophie avec simplicité : son but n’est pas de “faire monter” son classement à tout prix, mais de progresser, de découvrir les tournois du circuit dès sa première année et de jouer le plus possible, en comptant sur les résultats pour suivre.

Après une finale à Washington, où il s’est incliné face à Taylor Fritz, puis une demi-finale au Canada, stoppé par un autre Américain, Brandon Nakashima, Jódar arrive à Cincinnati avec un statut de favori. Et ce, dans un contexte qui l’aide : l’absence de deux têtes d’affiche, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz, ouvre forcément la voie à ceux qui veulent saisir leur chance. Pour un joueur jeune, Cincinnati peut aussi servir de grande répétition avant l’US Open, quatrième et dernier Grand Chelem de la saison, dans quelques semaines.

Points à retenir

  • Jódar et Shapovalov se retrouvent à peine pour leur deuxième duel officiel : le précédent remonte à Dallas, et l’image “légère” de l’époque est forcément loin…
  • Les points accumulés à Montréal ne sont pas seulement une jolie ligne : ils ont propulsé Jódar à un rang qui change la façon dont on le regarde (et dont on le prévoit).
  • Aux Nitto ATP Finals, la place est proche : pas besoin de fantasmer, il faut juste continuer à faire le job match après match.
  • Son discours est assez clair : s’amuser, découvrir, enchaîner — et laisser le classement faire son travail tout seul (ou presque).

De mon point de vue, ce qui rend l’histoire vraiment passionnante, c’est la combinaison entre la trajectoire et la méthode : Jódar n’a pas l’air de courir après un chiffre, mais après des conditions de jeu meilleures. Dans ce genre de saison, quelques victoires “normales” peuvent très vite devenir des décisions historiques. Alors oui, je me demande si Cincinnati sera juste une étape… ou le moment où il commence à écrire une partie de plus en grand, avec la patience d’un joueur qui sait qu’il n’a pas besoin de crier pour compter. Et moi, côté journaliste, je trouve ça justement important : encourager le jeu, la progression, et rappeler que les performances, ça se construit — pas ça se décrète.


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