lun. Août 31st, 2026
Novak Djokovic éliminé dès le 1er tour de l’US Open : le plus précoce en 20 ans

Ce lundi soir à l’US Open, la première séance de la journée s’approchait déjà du cap des trois heures lorsque Novak Djokovic s’est approché de l’extrémité du grand court Arthur Ashe, s’est accroupi, puis a vidé le contenu de son estomac dans la poubelle prévue à cet effet, au bord du terrain.

Et ce n’était ni le premier épisode, ni le dernier : pendant une rencontre pénible étalée sur 4 h 36, l’ancien numéro 1 mondial a enchaîné les vomissements et les alertes physiques. Son parcours s’est achevé vers minuit, sous les yeux d’un Djokovic en larmes, battu 7-6 (5), 5-7, 4-6, 6-2, 6-1 dès le 1er tour par le jeune argentin Mariano Navone.

Un match qui ressemblait à un piège météo… sauf que le scénario n’a pas vraiment laissé le choix.

La sortie de Djokovic est d’autant plus marquante que l’édition de l’US Open correspond à sa 84e apparition dans un tournoi du Grand Chelem. Résultat : un record… mais aussi l’une de ses défaites les plus lourdes. C’est seulement la troisième fois de sa carrière que le Serbe s’incline dès le premier tour dans un Majeur, et la première depuis l’Open d’Australie 2006, à l’âge de 18 ans.

Ce qui frappe surtout, c’est la rapidité du malaise. À peine une quinzaine de minutes après le début du match, alors qu’il venait de confirmer un break pour mener 2-0 dans la première manche, Djokovic semblait déjà peiner sous l’effet de la chaleur et de l’humidité. Et par la suite, sur les cinq sets, il a alterné entre grandes difficultés à respirer derrière la ligne, épisodes de vomissement, pertes d’équilibre et crampes qui le forçaient à changer complètement de rythme. À la fin, il n’avait plus grand-chose à offrir.

Ce n’était pas un accident isolé. Quelques semaines plus tôt, à Cincinnati, Djokovic avait déjà souffert dans des conditions comparables le soir, face à un autre adversaire argentin, Thiago Agustín Tirante. Là encore, le Serbe avait cédé en trois sets, comme si le corps décidait de ne pas suivre le plan de match.

Après la défaite, Djokovic a expliqué que cette fatigue venait d’une condition de santé aggravée par la chaleur et l’humidité. Il a repris le même discours à l’issue de ce nouvel épisode douloureux : « Je pense que c’était évident pour moi sur le court : j’ai ça quasiment à chaque match cette année. Ça commence par des vomissements, puis mon corps s’effondre : crampes, douleurs… et finalement l’épaule et le dos lâchent. Je n’ai pas réussi à conclure au moment où j’en avais la possibilité. Et je ne veux pas trop retirer le mérite à mon adversaire : félicitations à lui, c’est un gars de qualité. Mais franchement, je ne me suis pas senti bien. »

Djokovic cherchait à se refroidir pendant un temps mort, comme on tente de remettre de l’ordre dans un match qui déborde.

Sur le papier, l’affiche semblait favorable à Djokovic : Navone, malgré sa remontée dans le top 50, avait surtout brillé sur terre battue. Un tirage plutôt “lisible”, donc, pour démarrer vite le tournoi et économiser de l’énergie.

Sauf que tout s’est embrasé très vite. À mi-première manche, Djokovic a commencé à tousser et à s’étrangler derrière la ligne de fond, se courbant à répétition. À 4-3, la pluie a poussé les organisateurs à fermer le toit du court Arthur Ashe.

À partir de là, le match a pris la forme d’un spectacle inconfortable. Navone, lui, semblait parfaitement à l’aise avec les conditions, tandis que Djokovic s’aspergeait et s’endurcissait avec des linges glacés. À 5-4, dans le premier set, le médecin lui a donné des comprimés. Malgré tout, il a tout de même servi très bien pendant une partie de la rencontre : assez longtemps pour rester dans le coup… mais pas pour renverser la dynamique globale.

Navone a vécu une nuit qui marque une étape : celle où les rêves de gosse prennent du poids.

Pour Navone, tout cela ressemblait aussi à un moment préparé depuis longtemps. Le joueur de 25 ans a longtemps pris Djokovic comme modèle. Une fois le tirage dévoilé, des internautes ont ressorti des preuves de cet attachement : dans les archives de ses tweets sur X, on retrouvait notamment des messages de 2014 où Navone soutenait déjà son idole. Ses parents n’avaient pas prévu de venir à l’US Open cette année, mais le tirage a changé la destination : direction New York, plutôt que les vacances dans les Caraïbes.

Ce soir-là, pour la rencontre la plus importante de sa jeune carrière, Navone a disputé un match sérieux : déplacement constant, longueur maîtrisée des deux côtés et échanges longs, suffisamment violents pour mettre Djokovic sous pression. Sauf que le Serbe, lui, a passé la majeure partie de la nuit à tenir bon. Il a vomi plusieurs fois et, dès le quatrième set, les crampes ont commencé à grignoter son jeu. La qualité de son service et sa résistance ont entretenu l’espoir : il a même mené deux sets à un, avec un break dans la quatrième manche.

Mais ensuite, les jambes ont basculé. Son premier service s’est dégradé, et assez vite, Djokovic a dû quitter le court — retour au vestiaire, avec les larmes. Une nouvelle démonstration, s’il en fallait, que rester au sommet quand on avance en âge n’est jamais une formalité, même pour un monument.

Points à retenir

  • Djokovic a commencé à souffrir très tôt, à peine après le début de la rencontre, alors même que le rythme semblait contrôlé.
  • Les épisodes de vomissements et de crampes ont structuré le match : ce n’était pas “juste” une baisse de forme classique.
  • Le toit a été fermé après la pluie, mais l’inconfort a continué : la météo, parfois, ne négocie pas.
  • Navone n’a pas cherché à “faire joli” : il a tenu la longueur et forcé des échanges que Djokovic n’avait plus la capacité d’encaisser.
  • Les premières manches ont donné une illusion de stabilité, puis le corps a progressivement repris ses droits… et a gagné.

Au fond, ce match raconte une chose simple : même quand tout “devrait” être maîtrisé sur le papier, le corps peut décider de l’histoire. En tant que journaliste, j’ai beau aimer les grands noms et les grandes nuits, je ne peux pas oublier que le sport, à ce niveau, laisse parfois peu de marge à la romantique. Et oui, ça ouvre une discussion qu’on évite souvent : faut-il mieux préparer les joueurs aux conditions extrêmes… avant que le calendrier ne les mette à l’épreuve sans ménagement ?


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