Pancho Campo décortique son programme SMILE dédié à la force mentale

Parler avec Pancho Campo, c’est un peu comme naviguer dans un océan d’expériences : on ne sait jamais où l’on va atterrir. Si l’idée ici est de discuter de tennis, je ne fais aucune promesse sur le plan de l’organisation. En effet, cet ancien joueur chilien, reconnu pour ses réflexions profondes, est un puits de sagesse.

Notre dernière rencontre, réalisée pendant la pandémie, reste gravée comme l’une des discussions les plus enrichissantes que j’ai eues dans ma carrière. Campo, qui a vu le jour à Santiago en 1961, a toujours eu une approche unique pour aborder les thèmes du tennis et de la psychologie. Malheureusement, son propre parcours professionnel a été limité par des problèmes mentaux qui l’ont empêché de devenir professionnel, une frustration qu’il a voulu réparer par d’autres moyens.

Son projet, SMILE, lancé en 2016 et qui se déclinera bientôt sous forme de livre, est une approche essentielle pour quiconque se sent freiné par ses émotions. Pancho a choisi de concentrer ce programme sur le monde du tennis, en visant particulièrement les joueurs. Sa connaissance des pressions mentales sur un court fait de lui un véritable mentor pour ceux qui cherchent à surmonter cette adversité.

Comment t’es-tu intéressé à la psychologie ?

Après ma carrière, il était évident que je ne pouvais pas gérer le stress sur le court. Malgré des qualités physiques indéniables, ma tête me trahissait. Cette prise de conscience a guidé mon implication en tant que coach, pour transmettre aux joueurs ce que je n’avais pas pu appliquer à moi-même.

Où as-tu appris ?

J’ai suivi des formations aux États-Unis, notamment à l’Académie de Nick Bollettieri, et j’ai travaillé avec James Loehr, ce qui m’a beaucoup apporté. Les résultats étaient là, avec des joueurs comme Borja Uribe qui sont passés de la 700e place à la reconnaissance de la ATP.

Pancho Campo

Dans le cadre de mes sessions, nous avions une méthode similaire à celle de Pato Álvarez, mais avec un accent sur l’alimentation et la préparation mentale. Et je suis heureux de voir que cela a fonctionné.

Où est née l’idée de SMILE ?

Au fil des années, j’ai vu la nécessité de faire évoluer ce programme. C’est là que j’ai formé une équipe avec des spécialistes pour adapter le programme aux exigences actuelles du sport. Il était clair que l’entraînement mental nécessitait une plus grande attention, et j’avais le désir pressant d’apporter ma contribution.

Quels sont les différents cours proposés ?

Nous avons trois variantes de notre programme. L’une d’elles est destinée aux entreprises, celle adaptée au tennis est riche en exercices pratiques. Nous avons même un programme pour le parachutisme, exploitant mon expérience personnelle.

Penses-tu que ce programme aurait pu changer ta carrière ?

Je n’en doute pas. Avec les outils que je propose maintenant, j’aurais pu atteindre un plus haut niveau, mais j’aurais aussi dû avoir le même savoir à cette époque.

Comment évalues-tu l’entraînement mental dans le tennis aujourd’hui ?

Comme l’a dit Serena Williams, 90% du succès réside dans la tête. Tous les athlètes de haut niveau ont accès aux meilleures ressources, et ce qui les départage souvent reste leur mental. Quand deux joueurs de talent se rencontrent, c’est souvent la tête qui fait la différence.

Points à retenir

  • Un bon mental est crucial, tant sur le court qu’en-dehors.
  • On ne devient pas un champion uniquement grâce à des coups parfaits.
  • La psychologie du sport est encore un domaine à explorer pleinement chez les jeunes athlètes.
  • La génération actuelle de joueurs est parfois trop protégée par leurs parents.
  • Il n’est jamais trop tôt pour commencer à travailler sur son mental.

Afin de conclure, je me demande souvent si les générations futures seront capables de naviguer à travers ces défis émotionnels que nous avons à cœur d’aborder. Il est indéniable que le tennis, tout en étant un sport d’une richesse incroyable, requiert de nos joueurs une force mentale que peu sont prêts à développer. La question reste de savoir si nous fournirons à ces jeunes l’éducation nécessaire pour maîtriser leur mental. Voilà une réflexion qui mérite notre attention.


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