Les tempêtes à Roland Garros : Cours et rebondissements des quarts de finale
Bienvenue dans notre briefing sur Roland Garros, où nous mettons en lumière les événements marquants de cette grande compétition.
Lors du second jour des quarts de finale, le vent, la pluie et le toit du court ont volé la vedette, faisant vivre des moments de tennis à la fois joyeux et douloureux à deux joueurs.
Quel impact a eu le vent lors des quarts de finale ?
Aryna Sabalenka et Diana Shnaider se protégeaient les yeux alors que la poussière de la terre battue s’élevait autour d’elles sur le court Philippe-Chatrier mercredi après-midi.
Shnaider, classée 23ème mondiale, a qualifié les conditions de « très difficiles » lors d’une conférence de presse, évoquant un vent si fort qu’elle avait l’impression qu’il n’y avait « plus de terre battue », rendant le glissement presque impossible. Le jeu est devenu plus imprévisible, et selon les deux joueuses, « malpropre », alors qu’elles tentaient de s’adapter auxCaprices du vent.
« Je ne sais pas comment les gens pouvaient rester assis et me regarder jouer », a déclaré Sabalenka après sa défaite inattendue 3-6, 7-5, 6-0 face à la joueuse classée 25ème, qui n’avait battu un joueur du top 10 qu’une seule fois auparavant.
Pour elle, la « grande question » était : pourquoi le toit était-il resté ouvert ?
« Je ne comprends pas pourquoi ils ont gardé le toit ouvert dans ces conditions venteuses », a-t-elle ajouté, surprise également par cette décision.
Les organisateurs ont finalement décidé de fermer le toit après le premier set du match suivant entre Félix Auger-Aliassime, classé 4ème, et l’italien Flavio Cobolli, 10ème. Après sa défaite sous le toit, Auger-Aliassime a mentionné qu’on lui avait fait savoir que la possibilité de pluie était la raison de cette décision. Sabalenka et Shnaider, quant à elles, devaient gérer les caprices de la météo.
La politique sur le toit de Roland Garros part du principe que le tennis est un sport en extérieur, donc le toit n’est fermé que dans des circonstances extrêmes de vent. Cependant, la fermeture en cas de pluie dépend en partie des prévisions. Il y a eu des cas où le toit a été fermé malgré un soleil éclatant à l’extérieur, notamment lors de la demi-finale de l’année précédente.
Le règlement stipule que la fermeture ne fonctionne que si la vitesse du vent est inférieure à 60 km/h. En cas de prévision de rafales fortes ou de pluie, l’arbitre peut ordonner la fermeture par mesure de précaution.
Avec le vent dans le dos, les joueurs doivent faire attention à ne pas surjouer et à maîtriser la vitesse de la balle. En revanche, si le vent leur est défavorable, ils doivent envoyer plus de puissance pour que leurs coups ne flottent pas dans les airs. À chaque extrémité, il faut être prêt à réagir à tout changement de direction, car même les plus petites variations peuvent perturber leur coup. Recevoir une balle avec le vent derrière nécessite une réaction rapide.
De plus, le vent dans un stade de tennis ne circule pas de manière linéaire : il tourbillonne autour de la structure. Un coup de vent bénéfique à un instant peut rapidement se transformer en désastre au suivant.
Sabalenka, 28 ans, a d’abord semblé s’adapter aux éléments, exprimant une légère irritation à 5-3 dans le premier set. Cependant, à mesure que le match avançait, elle prenait plus de temps entre les services, attendant que le vent faiblisse pour ne pas déranger son lancer de balle. Anna Kalinskaya, 22ème tête de série, a également reconnu avoir eu du mal avec son lancer durant sa défaite face à Maja Chwalińska.
« Je n’ai pas ressenti le besoin de demander à fermer le toit », a-t-elle précisé. « Comment pourrais-je me plaindre si, presque tout au long du match, ça fonctionnait pour moi, puis ça s’est effondré ? Je crois que c’était un peu fou parce que mentalement, je n’étais pas très bien », a-t-elle ajouté.
Shnaider a déclaré qu’elle se rappelait sans cesse que les deux joueuses affrontaient les mêmes conditions. Elle réfléchissait à la direction du vent et à la façon de s’adapter selon son côté de jeu. Consciente de la chute de Sabalenka dans des conditions similaires contre Coco Gauff l’an dernier, la russe a su tirer parti de son opportunité.
Les conditions étaient loin d’être idéales, mais la tempête psychologique que Sabalenka a connue a entraîné une spirale plus dommageable.
Des quarts de finale chez les hommes : entre rédemption et douleur
Il y a trois ans, Flavio Cobolli était parvenu à se qualifier pour Roland Garros, découvrant le tableau principal d’un Grand Chelem pour la première fois.
À l’époque, il était devenu un peu le souffre-douleur de Carlos Alcaraz lors de leur match en première ronde, où la foule était venue en masse pour voir la nouvelle sensation du tennis. Alcaraz n’a pas déçu, infligeant un 6-0, 6-2, 7-5 sans difficulté majeure.
À la fin, Cobolli se promenait dans les coulisses, réalisant le chemin qu’il devait encore parcourir pour continuer sa carrière.
Trois ans plus tard, à 24 ans, il atteint sa première demi-finale de Grand Chelem, ayant eu raison de Félix Auger-Aliassime, le canadien classé 4ème. Bien que le joueur canadien ait remporté le premier set, les organisateurs ont décidé de fermer le toit sur Court Philippe-Chatrier.
Malgré un meilleur service, Auger-Aliassime a trouvé les conditions difficiles et Cobolli, 10ème tête de série, a renversé la situation en gagnant 4-6, 6-4, 6-4, 6-4 en trois heures et demie. Pour le canadien, qui tentait de retrouver son meilleur niveau, cette défaite était difficile à encaisser.
« Actuellement, ma carrière de tennis est difficile. Je suis un peu démoralisé aujourd’hui », a-t-il déclaré en conférence de presse.
« En général, je gère bien les défaites, mais aujourd’hui, je n’ai pas l’impression d’être à la hauteur de mes attentes. »
Cette victoire garantit qu’un homme italien atteindra la finale pour la deuxième année consécutive, alors que Cobolli se préparait à affronter soit son ami Matteo Arnaldi, soit son mentor Matteo Berrettini.
Cela dit, à peine quelques heures plus tard, la défaite de Berrettini en quarts de finale, blessé à la hanche, était aussi un douloureux rappel de son passé d’absences à cause des blessures.
« Ce n’est pas simplement la défaite qui est dure, mais le fait de revivre ce que j’avais espéré laisser derrière moi », a-t-il commenté.
Points à retenir
- Le vent capricieux de Roland Garros a mis à mal la performance des joueurs, illustrant la complexité du tennis en extérieur.
- Aryna Sabalenka a connu une descente émotionnelle sur le court, une expérience qui pourrait alimenter des discussions sur la gestion de la pression mentale.
- Flavio Cobolli, autrefois en difficulté, fait désormais partie des qualifiés, rappelant que chaque parcours a ses hauts et ses bas.
- Félix Auger-Aliassime doit se relever de cette défaite, et la question du retour au sommet se pose à lui.
En réfléchissant à ces événements, je me demande combien d’autres talents cachés se trouvent encore dans l’ombre des grands noms du tennis. Peut-être que chaque match, chaque tournant, nous rappelle que derrière les foules et les projecteurs, des histoires de détermination et d’adversité se tissent. Et c’est cela qui rend ce sport si captivant.