mer. Juil 22nd, 2026
Je n’aurais jamais imaginé remporter onze titres de champion d’Espagne

S’attendait-on vraiment à une victoire aussi nette au Championnat d’Espagne ?

Honnêtement, non. En regardant le niveau des jeunes et la manière dont ils abordaient la Coupe du Monde, je ne partais pas avec l’idée d’un succès aussi clair. Je suis arrivé en forme, parce que je me sens bien en marathon, mais le Championnat d’Espagne a été la première course de l’année que je courais en XC (cross-country). Je n’avais pas vraiment travaillé cette discipline, et avec le temps, ça se paye un peu : ça me coûte. Cela dit, je suis content, parce que je me suis senti à l’aise pendant la course. Forcément, je dois être satisfait de mon niveau.

Et la piste “sympa” d’Arroyomolinos, ça n’a pas été dur à gérer ?

Le circuit était agréable à regarder, du genre “ratoneros”, et tout le monde l’a bien aimé. Le plus difficile, ce sont les variations de rythme. Quand elles arrivaient, je n’y entrais pas directement : je restais un peu en retrait pour éviter une fatigue trop brutale. Mais au final, je m’en suis bien sorti.

Il avait confiance… sans pour autant viser le titre de Champion d’Espagne dès le départ

La confiance venait du titre européen en XCM

Oui, parce que je venais de gagner le Championnat d’Europe en marathon, une course que j’avais repérée dans le calendrier. Mais c’était du marathon, pas du rally. Donc j’arrivais avec de la confiance… sans imaginer gagner le Championnat d’Espagne.

Après ce Championnat d’Espagne, retour au marathon : quels objectifs pour la suite ?

D’abord, la Coupe du Monde de Marathon en Allemagne. Je suis en tête du classement général : après deux victoires, une troisième place et une 14e dans l’épreuve précédente. Ensuite, il y aura aussi le Mondial. Ce sont les deux objectifs qui nous restent.

Son prochain défi : gagner la Coupe du Monde qu’il mène, un prix de régularité

La course au titre est proche

Il reste la manche d’Allemagne et celle de Girona. Je vais faire au mieux, mais je ne peux pas me relâcher. Il faut continuer à travailler. Gagner le classement général d’une Coupe du Monde, ce n’est pas si simple : c’est un trophée qui récompense la régularité sur toute une saison entière.

Vu ses résultats sur les longues distances, il aurait peut-être dû passer plus tôt au marathon…

Non, parce que j’ai adoré le rally. Le passage au marathon, c’était le bon moment, au bon moment uniquement. Tout a coïncidé avec le calendrier et le changement s’est plutôt bien fait : c’était positif.

Encore une année de contrat : motivation intacte avec Klimatiza

Il prolonge son aventure au sein du Klimatiza Orbea Team. Comment se passe cette nouvelle étape ?

Très bien. J’ai encore une année de contrat avec Klimatiza, et je continue avec envie et enthousiasme. Je n’ai pas perdu l’illusion ni les raisons de continuer à courir. Tant que je les garde, je continuerai.

Valero, champion de Europe XCM
Valero, champion d’Europe XCM

Ce qu’on dit se comprend vite… mais c’est énorme : dimanche, son 11e titre de Champion d’Espagne, et le 10e d’affilée.

Je ne sais pas. La clé, je pense, c’est la régularité que j’ai maintenue. C’est ce qui m’a permis de lutter pour les titres en Championnat d’Espagne. Je n’aurais jamais imaginé autant de titres. Je suis venu à cette course parce qu’elle était proche de chez moi, et aussi parce que j’étais le champion en titre et que je voulais défendre cette situation. Je ne sais pas si je reviendrai l’an prochain… mais on verra.

Il prend aussi plaisir à transmettre aux jeunes

J’aime bien profiter de la dynamique avec les jeunes, leur transmettre mon expérience. Je trouve que c’est important : quand j’ai débuté, moi aussi j’ai eu de l’aide. Et ce genre de soutien, ça compte. Beaucoup.

Le marathon attire moins les projecteurs que le rally… Et en XC, quand on s’éloigne de la route, on se sent parfois un peu “à part”. Comment vivre avec ça ?

Je ne peux pas vraiment me plaindre : j’ai de la chance de pouvoir vivre du cyclisme et de ce que j’aime. Quand on quitte le cross-country (la discipline olympique), on se retrouve plus isolé.

Valero, concentré
Valero, concentré

Donc, pression en moins ?

Un peu plus tranquille, oui. Mais ces résultats ont aussi donné plus de visibilité. Et en plus, mes performances motivent des coureurs de VTT (MTB) qui, sinon, se contentaient de rester sur le cross-country. Avec moi, ils peuvent voir que les épreuves de marathon sont aussi accessibles. Et que des coureurs de XC peuvent faire du XCM sans souci.

Lors du Championnat d’Espagne, il collaborait avec la Fédération andalouse de cyclisme. Un travail de fond pour la suite ?

Je voulais surtout être avec les jeunes, vivre avec eux, et me replonger dans ces moments où j’ai commencé avec l’andalouse. C’est comme revisiter ce que j’avais réussi grâce à eux. Là, pour l’instant, je ne me projette pas sur ça : je veux continuer à profiter et à courir. On verra. J’aime profiter de la jeunesse et transmettre mon expérience, parce que j’ai aussi reçu un jour de l’aide. Et ça, ça se respecte.

Le coureur de Baza en compétition
Le coureur de Baza en compétition

Il a deux enfants : une fille de 2 ans et un garçon de 8. Le plus grand suit déjà la roue de son père ?

Il aime le vélo, mais je ne l’oblige pas à monter. Le principal, c’est qu’il prenne du plaisir avec le cyclisme, et plus largement avec le sport et les valeurs que le sport peut apporter.

Il a couru en MTB, en route, et on l’a aussi vu en gravel. Le gravel, c’est vraiment “à la mode” ?

Le gravel est clairement dans la dynamique. C’est la discipline qui grandit le plus. Cette année, j’en ai couru un peu, et l’an prochain j’aimerais en faire davantage. Avec les résultats que j’ai obtenus, je pense que dans mon équipe, ils voudront que j’en fasse plus. Pour le moment, la route est un peu de côté.

Points à retenir

  • La victoire au Championnat d’Espagne n’était pas “prévue” : il reconnaît avoir abordé le XC sans l’avoir suffisamment travaillé pour l’année.
  • Le circuit d’Arroyomolinos l’a surtout mis face aux variations de rythme—le genre de détail qui fait perdre des places sans prévenir.
  • Sa confiance venait du marathon et de ses résultats en XCM : une chose est d’être fort en longue distance, une autre est d’être parfaitement dans le rythme du XC.
  • Son calendrier se concentre maintenant sur la Coupe du Monde de Marathon (Allemagne puis Girona) et sur le Mondial.
  • La “gagne” en Coupe du Monde, ce n’est pas un sprint : c’est la régularité sur toute la saison, et lui le sait très bien.
  • Il profite aussi de sa visibilité pour encourager des jeunes coureurs de MTB à explorer le marathon, histoire de ne pas rester coincé dans une seule case.
  • Il reste motivé malgré la pression : il dit être plus tranquille, mais les résultats lui apportent en même temps plus d’attention.

Mon avis : ce que j’aime dans cette histoire, c’est la façon dont la performance ne tombe pas du ciel : on sent le choix, le timing, et cette idée un peu “contraignante” de la régularité. Et franchement, ça me fait réfléchir : dans le sport, on croit souvent que tout vient du talent, alors que la vraie différence se joue dans la discipline qu’on travaille (ou pas), dans le moment où on change, et dans la capacité à rester constant quand tout le monde ne regarde plus. En tant que journaliste, je trouve ça important de rappeler que le travail invisible—celui qui ne fait pas forcément la une—peut aussi mener aux titres. Et c’est justement ce genre de trajectoire qui mérite d’être raconté.


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