Après le tirage au sort à New York, Carlos Alcaraz et Novak Djokovic pourraient bien se retrouver sur la route… au plus tard en demi-finale, comme si l’US Open avait décidé de nous faire économiser du suspens. De son côté, Arthur Fery (Royaume-Uni) a hérité d’un premier tour très compliqué contre l’Italien Lorenzo Musetti, tête de série numéro 13.
Champion en titre, Alcaraz lancera sa campagne contre le Russe Roman Safiullin. À la clé : un possible choc contre Djokovic, qui vise un 25e titre majeur, le genre de chiffre qu’on prononce avec des yeux qui brillent (et des épaules qui se crispent).
Ce match sera aussi la première apparition d’Alcaraz à l’US Open depuis sa convalescence d’une blessure au poignet droit, contractée en avril.
Du côté de Djokovic, la route démarre contre l’Argentin Mariano Navone, classé mondial numéro 48. Le vainqueur de ce duel affrontera ensuite soit Matteo Berrettini, soit Stan Wawrinka. Et Wawrinka aura, lui, la particularité de disputer son dernier Grand Chelem avant de mettre un terme à sa carrière en simple.
Malgré sa bonne dynamique à Wimbledon (demi-finaliste), Fery n’a pas été protégé par le classement : l’Italien Musetti, quart de finaliste l’an dernier, revient lui aussi d’une période perturbée par une blessure et n’a pas joué jusqu’à Rome, puis a repris progressivement en revenant au Canada. Donc… oui, il peut être “rusty”. En tennis, ça veut parfois dire “dangereux quand même”.
Dans un premier décryptage, l’ancienne joueuse britannique Naomi Broady a commenté ce tirage, notamment pour le choc de Fery :
« C’est difficile, mais comme Fery joue bien cette saison, on ne sait jamais ce dont il est capable. Musetti revient d’une blessure, il n’a pas joué de Rome jusqu’à la suite et il n’est revenu qu’après, donc il sera potentiellement un peu rouillé. Ce sera un match intéressant. »
Broady s’est aussi penchée sur le cas Alcaraz, en pointant l’inconnu qui plane autour du poignet :
« Safiullin peut être un tirage piégeux. Le gros test pour Alcaraz, c’est que ce sont des matchs au meilleur des cinq manches, et que ça représente une grosse épreuve pour le poignet, surtout contre quelqu’un qui frappe très fort. La question, c’est : est-ce que le poignet va tenir ? »
Parmi les autres affiches du tableau masculin, le numéro 33 mondial Cameron Norrie, qui a atteint le samedi des demi-finales à Los Cabos puis un quatrième tour à Montréal avant le dernier Grand Chelem, affrontera Luca Van Assche. L’adversaire du Britannique est un jeune Français né en Belgique, classé sept places en dessous.
Jan Choinski (n°3 britannique) croisera le fer avec Botic van de Zandschulp, mondial 71.
Chez les hommes, l’absence de Jannik Sinner (blessé) laisse la tête du tableau à Alexander Zverev, finaliste à Wimbledon et principal favori à Flushing Meadows. Son premier match l’oppose à Lorenzo Sonego.
En simple dames, la tenante du titre Aryna Sabalenka, numéro 1 mondiale, démarre son tournoi par un duel contre Camila Osorio. Elle vise un troisième US Open consécutif, tout en sachant que l’été nord-américain sur dur l’a parfois mise en difficulté.
Sabalenka pourrait retrouver Linda Noskova en quart de finale.
Coco Gauff, tête de série numéro 4, commence contre la joueuse turque Zeynep Sonmez. Gauff arrive à New York juste après avoir remporté le tournoi de Cincinnati et se retrouve dans la moitié inférieure du tableau, avec un possible quart de finale face à Amanda Anisimova.
Katie Boulter entame sa campagne contre une wild card américaine, Carol Lee. Muchova pourrait se présenter comme adversaire au deuxième tour.
Plusieurs joueuses britanniques tentent aussi de décrocher une place dans le tableau principal via les qualifications : Fran Jones, Harriet Dart, Heather Watson, Jacob Fearnley, Toby Samuel et Harry Wendelken.
Venus démarre… mais ce n’est pas Serena
Le tirage au sort réserve aussi un duel qui vaut le détour. Venus Williams, 46 ans, fera son entrée contre Sofia Kenin. Et non, ce n’est pas Serena Williams : le tableau a conservé une place, mais Venus sera bien celle qui ouvrira le bal en simple.
L’histoire est un peu plus “administrative” qu’émotionnelle : quand Venus a reçu une wild card, l’USTA gardait aussi une possibilité pour Serena si elle décidait de jouer en simple dans le tableau principal pour la première fois depuis 2022. Mais finalement, Serena ne s’est pas alignée en simple : elle a fait le choix de ne jouer qu’en doubles. La wild card disponible a donc été attribuée à Sofia Kenin, championne de l’Open d’Australie en 2020.
Jeudi, Venus Williams et Kenin ont donc été tirées l’une contre l’autre, tandis que Jessica Pegula débutera contre Elena-Gabriela Ruse, qui pourrait aussi devenir un obstacle au deuxième tour.
Autres rencontres à surveiller : Arthur Fils, vainqueur à Cincinnati, affronte le double finaliste de Grand Chelem Stefanos Tsitsipas.
Enfin, Stan Wawrinka — invité pour son dernier Grand Chelem avant de tirer sa révérence — rencontre Matteo Berrettini, finaliste de Wimbledon 2021.
« Berrettini avait peut-être un léger avantage sur l’herbe avec son service très puissant. Ce sera un match intéressant », a résumé Broady.
Points à retenir
- Alcaraz revient de blessure au poignet : le premier vrai test en “cinq sets” arrive vite, et Safiullin frappe fort (ce qui, en tennis, n’aide pas forcément les articulations).
- Djokovic démarre contre Navone, puis pourrait tomber sur Berrettini ou Wawrinka : la route est loin d’être une balade dominicale.
- Arthur Fery joue Musetti dès le premier tour, dans un contexte de reprise après blessure : “rouillé” ne veut pas dire “inoffensif”.
- Chez les dames, Sabalenka commence contre Osorio et pourrait croiser Noskova en quart, tandis que Gauff cherche une continuité après son titre à Cincinnati.
- Venus Williams lance le bal en simple face à Kenin : Serena n’est pas au rendez-vous, mais le tirage, lui, reste spectaculaire.
Au final, ce tirage ressemble à un classique : les favoris veulent avancer proprement, mais les premiers tours n’ont jamais lu le scénario. Et moi, en tant que journaliste, j’aime quand l’US Open oblige les têtes d’affiche à prouver, dès maintenant, qu’elles méritent leur rang… au lieu de le laisser “faire tout seul”. On va suivre ça de près, parce que quand ça démarre fort, ce n’est jamais juste pour le spectacle : c’est aussi pour la suite du tournoi et pour ce qu’on en comprend.