mer. Sep 30th, 2026
Vainqueure à Wimbledon : le incroyable retournement qui a tout changé pour Martina Hingis

Martina Hingis célèbre en 1997 l’un des triomphes les plus marquants de Wimbledon… à seulement 16 ans. Ensuite, sa vie — sur le court comme en dehors — ne manquera pas de montagnes russes.

Points à retenir

  • À 16 ans et quelques jours seulement, Hingis s’impose au sommet du tennis féminin, un âge où beaucoup découvrent encore le haut niveau.
  • Son premier Wimbledon (en 1997) marque le début d’une domination qui ne laisse pas vraiment de place au hasard.
  • 1999 à Roland-Garros résume bien son parcours : capable du meilleur… et parfois d’un mental qui vacille quand ça s’enflamme.
  • Après plusieurs retours, le plus gros tournant viendra aussi de l’extérieur : blessures, changements de style chez les rivales… et une affaire de dopage qui complique tout.
  • En dehors du tennis, elle devient mère en 2019 et restructure sa vie à son rythme, avec une priorité claire et… des arbitrages qui font sens.

Au fond, quand je regarde le trajet de Hingis, je me dis que le tennis ne pardonne pas seulement physiquement : il teste aussi la constance, le calme et la capacité à rebondir quand l’histoire déraille. Et c’est précisément pour ça que son parcours mérite qu’on en parle sans l’enfermer dans une légende, mais avec un regard lucide — et un minimum de courage journalistique.

Martina Hingis a bouleversé le tennis

Martina Hingis voit le jour le 30 septembre 1980 à Košice, en Tchécoslovaquie. Sa mère, Melanie Molitor, joue un rôle déterminant dans la trajectoire de sa fille : elle la nomme d’après son idole, Martina Navratilova, et accompagne son évolution. Très tôt, Hingis rejoint le circuit pro : dès 13 ans, en 1994.

À la fin de 1996, sa progression s’emballe. Elle remporte ses premiers tournois à Filderstadt et à Oakland, avec des finales face à Anke Huber et Monica Seles. Steffi Graf est déjà moins sereine qu’avant : la saison se termine même au Madison Square Garden, où Graf parvient à s’imposer… mais de justesse et dans un match où Hingis fait trembler la hiérarchie.

La suite ressemble à une série de pièces qui s’emboîtent : titres à Sydney, victoire aux Australian Open (contre Mary Pierce), succès à Tokyo, Paris et Key Biscayne. Alors que Graf se retire du jeu à cause d’une opération au genou, Hingis continue sans vraiment ralentir. Après son sacre à Wimbledon, elle enchaîne avec un triomphe aux US Open sans perdre de set. Dans ce final, Venus Williams ne trouve pas la solution.

Steffi Graf obtient sa dernière revanche

Hingis reste 209 semaines à la première place du classement WTA. Dans le classement historique, elle occupe la 5e position derrière Graf, Navratilova, Serena Williams et Chris Evert.

Graf ne retrouvera plus jamais la tête du classement, mais il reste un dernier chapitre entre elles : le 5 juin 1999, à Roland-Garros. C’est leur dernière confrontation en finale.

Dans les faits, le scénario semble d’abord tendre vers Hingis : après des provocations en amont, la Suissesse donne l’impression de maîtriser le deuxième set. Puis Graf déclenche un retour spectaculaire. Hingis finit par perdre ses repères dans le troisième set décisif, qu’elle cède 2-6. Elle pleure, de façon amère — et l’histoire bascule.

Peu après, Graf raccroche et commence une nouvelle vie aux côtés d’Andre Agassi. Elle décrira ce succès comme « le plus beau de sa carrière ».

Ce que personne n’avait anticipé à l’époque : Hingis ne gagnera plus en simple de grand chelem. Ses deux titres majeurs en simple à l’Australian Open (1998 et 1999) resteront les derniers.

Ensuite, le tennis lui met d’autres contraintes au visage : blessures, concurrence grandissante et montée en puissance de rivales au jeu plus puissant. Venus et Serena Williams bousculent la hiérarchie, Lindsay Davenport s’installe, et Jennifer Capriati, revenue de plus bas, réapparaît comme un phénomène. Le 15 octobre 2001, Capriati met fin à l’ère Hingis au sommet du classement.

Retours… et polémique

En 2003, à seulement 22 ans, Hingis décide d’arrêter. Un premier retour a lieu en 2005, mais il s’accompagne d’un scandale. En 2007, un contrôle antidopage la déclare positive au cocaïne. Hingis affirme son innocence et parle d’un piège, mais elle choisit malgré tout de se retirer à nouveau.

En mars 2013, elle effectue un retour : cette fois en double et en double mixte. Le timing est bon, et les résultats reviennent rapidement, avec d’autres succès dans les tournois majeurs.

En 2016, aux Jeux olympiques de Rio, elle décroche aussi une médaille d’argent en compagnie de sa compatriote Timea Bacsinszky. Au total, Hingis compte 25 victoires dans les tournois du Grand Chelem : 5 en simple, 13 en double et 7 en double mixte.

En 2017, elle met fin à sa carrière pour la troisième fois… et cette fois, définitivement.

Mère en 2019, vie privée en mouvement

Avec le recul, Hingis n’idéalise pas son enfance médiatisée. Elle évoque une jeunesse marquée par l’exposition, sans vraiment aimer être constamment sous les projecteurs. Selon ses propres mots, sa période « tempête et impulsions » se situe entre 25 et 35 ans — et elle le dit avec une lucidité qui tranche.

En 2019, elle devient mère pour la première fois : sa fille Lia joue déjà au tennis. Sa relation avec Harald Leemann — le père de Lia, médecin de l’équipe nationale suisse de tennis — se termine malgré tout. Il y avait déjà eu une première rupture : son mariage précédent avec le cavalier français Thibault Hutin avait lui aussi pris fin. Hingis reste passionnée d’équitation, un autre fil conducteur de sa vie.

En 2023, elle confie que sa fille est sa priorité absolue. Le reste passe après. Elle dit aller bien, et c’est l’essentiel : “ça va”, tout simplement.


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *