Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé une nouvelle augmentation des dépenses militaires pour les deux prochaines années : un effort supplémentaire de 6,5 milliards d’euros. Ce budget portera à 3,5 milliards en 2026, puis 3 milliards en 2027, pour atteindre un total de 64 milliards d’euros cette dernière année, soit le double de ce que la défense française recevait en 2017, lors de son arrivée au pouvoir.
Dans un ton solennel, Macron s’est adressé dimanche aux Forces armées lors de son traditionnel discours à la veille du 14 juillet. Ce jour symbole, marqué par le défilé militaire sur les Champs-Élysées, a servi de cadre pour rappeler que « jamais depuis 1945 la liberté n’avait été aussi menacée ». Il a aussi annoncé qu’un projet de révision de la loi de programmation militaire 2024-2030 sera présenté dès cet automne.
Cette annonce intervient alors que le gouvernement est sous pression pour équilibrer les comptes budgétaires de 2026. Le Premier ministre, François Bayrou, doit dévoiler ce mardi son plan d’économies de 40 milliards d’euros pour tenter de maîtriser le déficit public, l’un des plus élevés d’Europe.
« Pour être libres dans ce monde, il faut être redoutés. Et pour être redoutés, il faut être puissants », a déclaré le chef de l’État, précisant que cet effort supplémentaire « ne se fera pas par endettement ». « Notre indépendance militaire est indissociable de notre indépendance financière. Elle sera financée par une activité économique plus forte et une meilleure production », a-t-il ajouté.
Points à retenir
- Le budget de la défense française double en dix ans, preuve que la guerre reste une constante de notre époque, même quand on aimerait l’oublier.
- La menace sur la liberté évoquée par Macron depuis 1945 ? Probablement plus une manière de réveiller les consciences et justifier les dépenses qu’un véritable état de siège.
- Équilibrer les comptes publics tout en augmentant les dépenses militaires : un véritable numéro d’équilibriste auquel le gouvernement semble prêt à se livrer, comme un funambule sur un fil invisible.
- L’idée que la puissance militaire doit aller de pair avec une indépendance économique nous rappelle que la défense n’est pas qu’une affaire de soldats, mais aussi de banques et d’usines.
Au fond, cette augmentation budgétaire illustre bien le dilemme français : comment préserver un rang mondial quand on croule sous les dettes et les promesses contradictoires ? Il faudra sans doute attendre l’automne pour voir si cette stratégie de « puissance respectable » tient plus de la fiction ou si elle parviendra à convaincre les Français que la guerre, hélas, peut être un luxe indispensable.