Kim Birrell, visiblement soulagée, avait dans l’idée de rembourser son emprunt immobilier… après avoir survécu à une balle de match et à une nuit agitée. Résultat : une victoire marquante à l’US Open, à New York, qui peut changer la suite de sa saison.
La joueuse de Gold Coast a eu raison de la Croate Petra Marcinko : 3-6, 7-6 (7-4), 6-3. Elle s’est ainsi qualifiée pour le deuxième tour, elle qui avait perdu ses trois premiers matchs à Flushing Meadows lors des éditions 2023, 2024 et 2025.
De son côté, la jeune talent Maya Joint et le plus expérimenté James Duckworth ont également fait avancer les couleurs australiennes, dans une journée très solide pour le contingent.
Joint s’est imposée face à la Russe Liudmila Samsonova, mieux classée : 3-6, 6-2, 6-2. Une remontée convaincante, après un début de 2026 difficile.
Duckworth, lui, a signé un retour spectaculaire contre le Grec Matteo Arnaldi, finaliste de Roland-Garros en 2026 : 5-7, 6-3, 6-2, 7-6 (10-8). Le tout après un match rythmé et une fin d’une tension… digne d’un feuilleton.
Mais c’est Birrell qui a volé la vedette. Elle a surtout mis fin à une série qui la poursuivait en sortant ses nerfs après avoir été contrainte de reprendre son match sur le Court 7, à cause d’un long arrêt lié à la pluie, qui aura duré quatorze heures.
« Je me suis réveillée vers 5h, j’étais déjà bien éveillée, prête à aller sur le court… mon réveil n’était pas censé sonner avant quelques heures. Donc j’ai dû redescendre un peu, calmer mon esprit, et j’ai réussi à me rendormir », a-t-elle raconté.
Dès dimanche, Birrell a aussi eu chaud. Alors qu’elle se trouvait au bord de la sortie dans le 12e jeu du deuxième set, elle a sauvé sa balle de match. Ensuite, elle a même été menée dans le tie-break de la deuxième manche, avant d’opérer une remontée qui fait partie des plus satisfaisantes de sa carrière.
Il faut dire que la veille avait un goût de revanche : deux mois plus tôt, à Eastbourne, Birrell avait perdu contre la même adversaire sur gazon. Pour leur première confrontation, elle avait même concédé le premier set 6-0. Cette fois, ce scénario a clairement changé : Birrell a repris le dessus et a construit sa victoire.
Après sa qualification, elle a assuré un chèque garanti de 190 000 dollars (265 000 dollars australiens), et elle pourrait gagner davantage si elle élimine ensuite la Russe Ekaterina Alexandrova (19e mondiale).
Birrell et son entraîneur Matt Fraser sont en pleine organisation de leur mariage à Kingscliff. Et l’argent reçu, disons-le, tombe à pic pour la suite : « Je ne pense pas que je vais tout dépenser ici. J’en mettrai de côté. On se marie à la fin de l’année, donc ça aide beaucoup… et peut-être que j’achèterai quelques fleurs en plus. On a aussi un crédit immobilier. Oui, le crédit immobilier. »
Sportivement, Birrell devrait aussi progresser d’environ 16 places pour atteindre son meilleur classement en carrière, avec une place autour de la 55e mondiale. Elle dépasserait ainsi Talia Gibson et deviendrait la nouvelle n°1 australienne.
Maya Joint et James Duckworth rejoignent Taylah Preston, autre jeune espoir de l’Australie occidentale, qui a déjà validé son billet pour la suite.
À 35 ans depuis janvier, Duckworth a enfin réussi à atteindre le deuxième tour dans les quatre tournois du Grand Chelem. Son prochain adversaire sera Yibing Wu, de Chine, pour une place dans le dernier tableau de trente-deux joueuses.
Joint, de son côté, avait connu une période délicate, avec 13 défaites en 14 matchs depuis janvier. Sur la tournée américaine sur dur, la dynamique a changé : elle aura désormais l’occasion de se mesurer à la 9e tête de série, Elina Svitolina.
Enfin, malgré la bataille, Aleksandar Vukic n’a pas réussi à obtenir la victoire dans un match interrompu par la météo contre Rei Sakamoto. Il s’incline au terme d’un scénario en cinq sets : 6-4, 6-7 (5-7), 6-4, 3-6, 6-4.
Points à retenir
- Birrell met fin à une “malédiction” à l’US Open en passant enfin le premier tour, après trois ouvertures ratées.
- La pluie a encore joué un rôle : après un arrêt de quatorze heures et un changement de court, elle a quand même tenu la barre.
- Le sauvetage de balle de match au bon moment a fait basculer l’histoire : parfois, il suffit d’un jeu pour tout inverser (et parfois, ça coûte un tie-break).
- Pour Joint et Duckworth, la journée a été une question de patience : remonter après avoir pris cher, puis continuer quand le match “ralentit” dans la tête.
- La suite s’annonce avec des adversaires de niveau : Alexandrova, Svitolina ou encore Wu, bref, pas de répit prévu au programme.
Au fond, ce que j’aime dans ce genre d’US Open, c’est qu’il ne suffit pas d’être bon : il faut aussi survivre. Entre la pluie, les moments de bascule et les détails qui font pencher une manche, on voit encore une fois que le tennis est autant mental que physique. Et si je devais ouvrir la discussion comme un journaliste engagé : valoriser ces parcours, ces retours et cette détermination, c’est aussi défendre le sport tel qu’on le vit vraiment—avec du travail, du stress et, parfois, une victoire qui tombe juste au bon moment.