De retour pour une deuxième édition en seulement deux ans, UAE Team Emirates-XRG dévoile son effectif de six coureurs pour le Lloyds Tour of Britain. La course par étapes de cinq jours s’élance à Lincoln ce mercredi 2 septembre, avant de rallier Earlston, en Écosse, le dimanche 6 septembre.
Au programme, des arrivées à Skegness, Beverley et Leyburn, pendant que le 22e Tour of Britain traverse la Lincolnshire, le Yorkshire et les Scottish Borders.
Pour l’équipe émiratie, les directeurs sportifs Fabrizio Guidi et Aner Moreno conduiront les opérations. La sélection compte Mikkel Bjerg, Benoît Cosnefroy, Felix Großschartner, Nils Politt, Florian Vermeersch et Tim Wellens.
Nils Politt arrive avec l’expérience de cinq participations précédentes en Grande-Bretagne. Benoît Cosnefroy, lui, aborde une course au profil nerveux, avec en ligne de mire des étapes qui peuvent vite mettre le peloton en mode “ça va, mais pas trop”. Des sprints sont envisagés lors des étapes 2 et 3, tandis que le reste du parcours offre de quoi titiller les coureurs capables de jouer la victoire d’ensemble.
Côté Tim Wellens, l’ambition est surtout d’en profiter, puisqu’il découvrira le Tour of Britain : cinq étapes entre l’Angleterre et l’Écosse, ça laisse forcément des souvenirs à fabriquer… même si la météo décide de faire sa propre carrière.
Wellens : “C’est ma première fois sur le Tour of Britain, donc je ne sais pas exactement à quoi m’attendre. J’ai entendu dire que la météo pouvait être imprévisible et que le parcours serait ‘piquant’. De ce point de vue, ça correspond bien à mes caractéristiques. Je pense aussi que, collectivement, c’est un rendez-vous qui nous va. On arrive avec une équipe solide, et l’ambiance devrait être très agréable toute la semaine. On a donc envie de savourer ces moments ensemble.
“De mon côté, après le Tour, j’ai eu un peu de mal à enchaîner et j’ai malheureusement dû manquer l’une de mes courses préférées, le Renewi Tour. Mais cette fois, mentalement, je suis frais grâce à la pause : on entre dans la dernière partie de la saison. Je suis motivé pour terminer fort. Et je sais qu’on peut attaquer cette course ensemble, en équipe.”
L’an dernier, le titre s’est joué à quelques secondes, et l’histoire récente du Tour of Britain n’est pas précisément de celles qui laissent de la marge au “tranquille”. Cette semaine, les bonifications auront donc un poids particulier. Et avec un parcours qui varie d’une étape à l’autre, il y a plusieurs façons de se rendre utile… ou d’y laisser des jambes.
Étape 1 : à Lincoln, mercredi. Pour beaucoup, ce sera une première “dans la version moderne” pour la ville, même si le cyclisme n’est pas une nouveauté ici. Le tracé se déroule sur un circuit au cœur de la ville, déjà utilisé lors du Lincoln Grand Prix. Le point d’orgue est l’ascension de Michaelgate : 400 mètres à 9,3%, pavés en bonus, ce qui signifie que la montée risque d’être un tri sélectif très efficace. Le premier maillot distinctif se décidera après une journée qui devrait user le peloton.
Étape 2 : une étape qui donne envie aux sprinteurs. Longue de 180 km, entre Boston et Skegness, elle ne cumule moins de 1 000 mètres de dénivelé : c’est, sur le papier, la journée la plus accessible de l’épreuve. Pour Boston et Skegness, c’est aussi une première au Tour. À Skegness, le Grand Parade pourrait accueillir un sprint massif.
Les étapes 1 et 2 traversent les Lincolnshire Wolds, avant que la course ne mette le cap sur le Yorkshire le vendredi.
Étape 3 : à Hull, départ de la plus longue journée. Avec 194,1 km jusqu’à Beverley, le parcours fait passer la course par Withernsea, Hornsea et Skipsea avant de se concentrer dans la région de Beverley. Quatre tours d’un circuit de 16 km marqueront la fin, et là encore, la logique penche vers une arrivée au sprint sur l’anneau de Beverley Racecourse.
Le lendemain, ce ne sera plus vraiment la même histoire. Le Tour of Britain s’attaque aux Yorkshire Dales, réputés pour être l’un des terrains les plus exigeants de la semaine.
Étape 4 : Helmsley vers Leyburn. Cette journée met 2 699 m de dénivelé au menu sur 165,8 km. Pour ceux qui connaissent déjà les Dales, la physionomie est claire : ça grimpe, ça sélectionne, et les favoris auront cette étape dans leur calcul. Les ascensions de Greenhow Bank (3,5 km à 8%), Kidstones (2,1 km à 6,9%) et la montée vers Redmire (3,7 km à 8,2%) vont donner le ton, avant les routes vallonnées menant à la ville historique de Leyburn. Jusqu’à Market Place, l’intensité ne devrait pas baisser.
Étape 5 : dimanche 6 septembre, dernière ligne droite dans les Scottish Borders. Earlston accueille le départ et l’arrivée. Le tracé s’étend jusqu’aux Lammermuir Hills. Sur 156,1 km, environ 2 236 m de dénivelé attendront le peloton, avec l’ultime journée qui peut encore redistribuer les cartes.
Une grande partie des difficultés se situe au milieu de l’étape, avant un retour à Earlston pour deux tours d’un circuit long de 19 km. À ce stade, une sortie “dans le bon sens” peut créer des écarts, même si rien n’empêche le peloton de se remobiliser et de tenter un dernier coup d’éclat avant la conclusion.
Mais avec les bonifications et le titre en jeu, difficile d’imaginer une course “facile à prévoir” en Berwickshire. En 2026, le Tour of Britain a de quoi offrir un programme qui se regardera sans détour — un peu comme on ouvre un tiroir et on se dit : “ok, ça va encore faire des étincelles”.
Points à retenir
- Six coureurs pour UAE Team Emirates-XRG : l’équipe mise sur un mélange d’expérience et de punch, avec Politt et Wellens dans des rôles qui peuvent peser.
- Étapes 2 et 3 susceptibles de sourire aux sprinteurs, tandis que la suite pourrait transformer la course en atelier de sélection (surtout à partir de l’étape 4).
- Lincoln et son Michaelgate posent un cadre dès le départ : pavés + pourcentage élevé = pas vraiment une promenade.
- Les Dales attendent les coureurs : Greenhow Bank, Kidstones et Redmire, ça ressemble davantage à une épreuve physique qu’à une simple mise en jambes.
- La dernière étape se joue aussi sur la stratégie : deux tours, des bonifications, et une fin potentiellement agitée jusque dans les Scottish Borders.
À mes yeux, ce Tour of Britain 2026 a le bon goût des courses où l’on peut tout à fait se tromper de moment : un jour, un sprint ; le lendemain, une montée qui réécrit le classement. Et si, comme journaliste, je dois poser une question franchement… je veux voir qui osera prendre les décisions “quand ça commence à faire mal”, parce que c’est souvent là que naissent les récits qui comptent. Rendez-vous à Lincoln, et après, on en reparle — avec les jambes et la curiosité, sans filtre.