Plus de vingt médaillés olympiques, entraîneurs et athlètes internationaux, dont la célèbre tenniswoman Martina Navratilova et la nageuse Sharron Davies, ont signé une lettre appelant à l’arrêt de l’exécution d’un champion de boxe et entraîneur, actuellement détenu dans le couloir de la mort en Iran.
Face à l’indignation internationale croissante vis-à-vis de l’utilisation accrue de la peine de mort par l’Iran comme instrument d’oppression, cette lettre aux mots forts condamne la décision du régime iranien de maintenir la condamnation à mort de Mohammad Javad Vafaei Sani.
Agé de 30 ans et originaire de Mashhad, dans le nord-est de l’Iran, Vafaei Sani a été arrêté en 2019 pour avoir participé à des manifestations nationales et accusé de soutenir un groupe d’opposition, le Mouvement des Moudjahidines du peuple d’Iran (MEK). Il a passé cinq ans en prison, où il a été torturé et placé en isolement.
« Le sport devrait inspirer l’espoir, l’unité et le courage », ont écrit les signataires. « L’exécution d’un champion pour ses opinions politiques constitue une atteinte directe à ces valeurs et un avertissement pour chaque athlète qui ose parler. »
Les signataires ont appelé les Nations unies, les fédérations sportives internationales et les gouvernements à agir immédiatement pour sauver la vie de Mohammad Javad. « Le monde ne doit pas rester passif pendant que l’Iran fait taire ses champions. »
La lettre précise que le cas de Vafaei Sani n’est pas isolé et rappelle le passé de l’Iran, où des athlètes ont déjà été exécutés pour leurs convictions, comme Habib Khabiri, capitaine de l’équipe nationale de football, et Fourouzan Abdi, capitaine de l’équipe nationale de volley-ball féminin. En 2020, Navid Afkari, un champion de lutte iranien de 27 ans, a également été exécuté.
Mohammad Javad Vafaei Sani a été arrêté en mars 2020. Les charges portées contre lui incluent « la propagation de la corruption sur Terre par l’incendie et la destruction de biens publics ». Sa peine a été annulée à deux reprises, mais le 4 octobre, elle a été confirmée une troisième fois. Son procès a été qualifié de « manifestement injuste » par des activistes et des organisations de droits humains, y compris Amnesty International.
L’appel pour arrêter l’exécution de Vafaei Sani fait suite à une lettre adressée en 2023 au Haut-Commissaire des droits de l’homme de l’ONU, Volker Türk, signée par plus de 100 experts et organisations de droits humains, demandant des mesures pour empêcher l’exécution de l’athlète.
Selon Amnesty International, l’Iran traverse une « crise de la peine de mort, qui a atteint des proportions horrifiques ». En 2023, les autorités ont exécuté au moins 853 personnes, soit une augmentation de 48 % par rapport à 2022. L’année précédente, Amnesty a enregistré 972 exécutions, le chiffre le plus élevé depuis 2015. Plus de 800 personnes ont déjà été exécutées en 2023.
Les prisonniers politiques et les dissidents sont des cibles, en particulier après le soulèvement de 2022, connu sous le nom de « Femme, Vie, Liberté ». Les experts estiment que les autorités iraniennes utilisent la peine de mort pour réprimer toute forme de dissidence, instiller la peur dans la population et renforcer leur emprise sur le pouvoir.
Points à retenir
- Un soutien international se développe pour préserver la vie de Vafaei Sani.
- Le régime iranien a une longue histoire d’exécution d’athlètes pour leurs convictions.
- Les cas d’injustice dans le système judiciaire iranien sont alarmants, et cela ne semble pas être une exception.
- Le contexte social et politique en Iran présente des défis majeurs pour les droits humains.
- Les appels à l’action internationale soulignent l’importance de la solidarité face aux violations des droits.
En réfléchissant à cette situation tragique, je ne peux m’empêcher de m’interroger sur le pouvoir du sport comme agent de changement. Ne devrions-nous pas nous lever pour défendre ces valeurs que le sport est censé incarner ? La voix des champions doit résonner bien au-delà des arènes, et il est essentiel que nous restions vigilants et engagés dans la lutte pour les droits humains. Quel rôle, en tant que citoyens, sommes-nous prêts à jouer dans cette lutte ?