Interrogée lors de sa conférence de presse sur la lutte en cours pour conserver la place de numéro un, Aryna Sabalenka a rappelé sa priorité : défendre son titre à l’US Open. Une réponse qui, entre détermination et calme apparent, dit aussi tout le plaisir qu’elle trouve dans l’idée de poursuivre la série.
« Avec plaisir. Le “trois d’affilée”, ça sonne vraiment bien », a-t-elle déclaré.
Sur le court, Sabalenka a démarré comme si le match était déjà sous contrôle. Elle a breaké dès le sixième jeu de service de la tête de série 6, Noskova, puis a filé vers un 5-2. Avant d’être finalement reprise : au moment de servir pour emporter le set, elle s’est fait breaker.
Le tie-break qui a suivi a toutefois penché nettement en sa faveur. Et pourtant, son dernier jeu de service aura donné un petit aperçu de ce qui a rythmé la rencontre : un double faute (parmi quatre dans le match). À cela s’ajoute une difficulté à transformer ses balles de break.
Dans le deuxième set, Sabalenka a laissé passer trois opportunités dès le début. Puis, au sixième jeu, elle s’est retrouvée à concéder un break : double faute à 30-40, comme si le match voulait lui rappeler que la facilité n’existe jamais bien longtemps… Noskova a alors imposé un troisième acte décisif.
Le scénario n’a pas cessé de pivoter. Sabalenka a encore concédé deux doubles fautes, et a vu Noskova passer devant une troisième fois. Menée 4-2, elle semblait en mauvaise posture… mais a renversé la vapeur : elle a remporté les trois jeux suivants pour revenir dans le bon sens du courant.
Ensuite, tout s’est joué au tie-break. Sabalenka l’a remporté, et au passage elle a enchaîné sa 10e victoire consécutive à l’US Open — une série qui remonte à 2021. Pour finir, elle a scellé le match avec un ace au deuxième service, sans trembler.
Au passage, c’est aussi seulement sa deuxième victoire en quart de finale depuis le mois de mars. Elle n’a pas retrouvé, sur terre et sur gazon, la même réussite précoce qu’en début de saison sur dur — notamment avec des titres à Brisbane, Indian Wells et Miami. Avant l’US Open, elle a été éliminée dès le seizième à Toronto et à Cincinnati.
Mais à New York, elle semble avoir remis la main sur un rythme proche de son meilleur niveau. Et le plus frappant : elle n’y a pas perdu de quart de finale en six tentatives.
Après sa victoire, Sabalenka s’est dite soulagée : « Je dois reconnaître que savoir que physiquement mon corps peut à nouveau tenir ces matches, ça me rend vraiment heureuse. »
Et elle poursuit : « Ces matches serrés te donnent une confiance énorme. Tu reviens, tu es prête à tout faire pour gagner. Là, ce match m’a clairement reboostée en énergie et en motivation. »
Pour Noskova, la défaite marque la fin d’une dynamique qui comptait. Elle a certes frappé plus de winners, commis moins de fautes directes, et surtout elle a sauvé sept de ses neuf balles de break. Mais au final, cette rencontre met un terme à une série de 11 victoires consécutives en simple sur le circuit des Grands Chelems.
Points à retenir
- Objectif prioritaire : Sabalenka a clairement mis l’US Open au premier plan, même quand la question “numéro un” revient naturellement sur le tapis.
- Le détail qui compte : dans un match à rebondissements, la présence de doubles fautes n’a pas disparu… mais elle n’a pas suffi à faire dérailler la fin de match.
- Les balles de break manquées : elles ont pesé dans la dynamique, ce qui rappelle que gagner, ce n’est pas seulement “bien jouer”, c’est aussi “convertir”.
- Le retour après le doute : menée après plusieurs bascules, Sabalenka a réussi à enchaîner — et les tie-breaks l’ont ensuite récompensée.
- Noskova en embuscade : plus efficace sur la qualité des coups, mais insuffisante au moment clé, malgré une belle capacité à sauver des balles de break.
Au fond, ce match raconte une histoire assez classique : la confiance, ça se construit dans les moments tendus, et le tennis n’attend jamais qu’on ait “tout réglé” avant de revenir vous tester. De mon côté, j’aime particulièrement quand une joueuse arrive à gagner malgré les points qui grincent — parce que c’est là qu’on voit la vraie solidité. Et à l’US Open, avec l’intensité de chaque set, c’est souvent la constance dans les instants un peu moins glamour qui fait basculer le destin. Alors oui : la suite s’annonce passionnante, et je trouve ça très intéressant de voir comment ces batailles de rythme et de nerfs deviennent, match après match, un argument en faveur d’un tennis qui ose et qui se bat.