Cyclisme suisse à la croisée des chemins : Qui est Luana Bergamin ?

Quel est ton principal emploi en dehors de tes diverses fonctions ?

Je suis propriétaire de Bergamin Sport Conceptions. Nous formons une petite équipe et réalisons divers mandats dans le domaine du sport, notamment l’organisation d’événements.

Tu as travaillé pour Plussport. Quelle place l’inclusion et le parasport occupent-ils aujourd’hui dans ton travail ?

Ces notions sont toujours essentielles. Dans quelques semaines, nous organiserons un festival de sports d’hiver, où tout le monde pourra essayer différentes disciplines. Une question qui m’intrigue : comment une personne avec ses capacités peut-elle pratiquer un sport ? Par exemple, comment un skieur amputé parvient-il à exécuter un virage rapide ? C’est fascinant de voir comment ces limites peuvent être repoussées.

Le parasport devrait-il jouer un rôle plus important au sein de Swiss Cycling ?

Swiss Olympic collabore depuis longtemps avec les fédérations de sport pour personnes handicapées pour intégrer le parasport dans le milieu sportif conventionnel. La UCI a déjà reconnu le parasport cycliste. Je suis en dialogue avec les acteurs concernés et je suis évidemment disposée à les soutenir. Le parasport cycliste a un immense potentiel et nous devons maintenant réfléchir à comment optimiser les synergies et améliorer les conditions pour les athlètes handicapés. À mon avis, une intégration totale à tout prix n’est pas nécessaire. Il convient d’identifier ce qui fonctionne bien et où il y a des opportunités d’amélioration.

En tant que politicienne, présidente de la commune de Vaz/Obervaz et membre du Grand Conseil des Grisons, comment te situes-tu dans le réseau politique national ?

Mon réseau est très développé et solide. Il s’étend du Palais fédéral à la groupe parlementaire du cyclisme jusqu’à Swiss Topsport.

Je connais les processus politiques et les logiques de financement, ainsi que le moment et la manière de faire valoir nos sujets pour qu’ils aient un impact.

Comment utilises-tu ce réseau ?

Il est crucial que nous, les acteurs du sport, puissions intervenir dès qu’un sujet qui nous concerne est discuté au niveau politique, pas seulement après la décision. Ces dernières années, j’ai constaté que les membres du parlement sont très motivés pour défendre le sport, conscients de son importance pour la société.

En tant que magazine dédié aux vététistes, nous aimerions savoir ce que tu comptes faire pour faciliter l’accès aux sentiers. Qu’est-ce que les cyclistes dans les cantons moins favorisés peuvent attendre de toi ?

Mon objectif est évidemment que tous les cantons bénéficient du même niveau que le Grisons (rires). Plus sérieusement, l’infrastructure pour le VTT doit devenir une priorité. La coexistence pacifique sur les sentiers et le respect de la nature sont essentiels. Cette question est centrale tant pour la relève que pour le sport de compétition, le tourisme, les loisirs et l’acceptation sociale du cyclisme. Swiss Cycling doit jouer un rôle de coordination et de médiation entre les cantons, les régions, les autorités, les groupes d’utilisateurs et le sport.

Dans de nombreux cantons et régions, des groupes locaux représentent la communauté VTT. Comment Swiss Cycling peut-il collaborer avec eux ?

Ces dernières années, de nombreux nouveaux syndicats cantonaux et régionaux très bien organisés se sont formés pour représenter les intérêts du VTT. Swiss Cycling doit offrir son soutien, encourager les échanges et défendre leurs besoins à l’échelle nationale, tout en établissant des liens avec des membres du parlement sensibles aux questions relatives au cyclisme. Au niveau national, cela fonctionne parfaitement grâce au groupe parlementaire du cyclisme. Nous devons le transposer au niveau cantonal. L’objectif est de faire inclure les sujets liés au cyclisme à l’ordre du jour parlementaire afin de garantir le bon fonctionnement de l’infrastructure destinée aux vététistes.

Historiquement, Swiss Cycling s’est concentré sur le sport de haut niveau. Le sport de masse a été priorisé par moments, puis intégré ou mis de côté. Est-il toujours à la bonne place chez Swiss Cycling ?

Swiss Cycling a pour mission de gérer le sport de compétition et de représenter notre pays lors d’événements internationaux. Cependant, la fédération a également une grande responsabilité vis-à-vis du sport de masse. Afin de former des athlètes de haut niveau, il est impératif que tout le monde puisse faire du sport. Cela inclut l’infrastructure, les clubs, la formation des entraîneurs et le bénévolat. Enfin, il est crucial de convaincre la politique de fournir les ressources nécessaires au cyclisme.

Un sujet sensible au sein de la communauté VTT est la question de qui devrait représenter le sport auprès du grand public et des politiques. Certains pensent que cela devrait être Swiss Cycling, d’autres préfèrent une organisation issue de la communauté. Quel est ton point de vue ?

Le sport de montagne nécessite une voix unie au niveau national. Il me semble que tous poursuivent des objectifs similaires. Cela constitue déjà une base de collaboration. Il reste beaucoup de potentiel dans notre façon de collaborer. L’année dernière, plusieurs grandes associations d’infrastructure VTT se sont réunies et souhaitent être représentées par Swiss Cycling. L’intention est de permettre à Swiss Cycling de mieux soutenir les associations et clubs régionaux. Si Swiss Cycling devient le porte-parole, il pourra alors tirer parti de l’expertise des professionnels et agir comme un simple relais. Je suis ravie que Luise Rohland et Alex Rufibach, deux figures centrales du VTT, se soient également portés candidats au conseil d’administration. Leur compétence pourra sans nul doute influencer positivement l’évolution de la fédération. Le cyclisme est ce qui nous unit tous ; c’est ce que nous devons exploiter.

Peux-tu rassembler des personnes qui poursuivent un objectif commun, mais ne s’accordent pas sur la méthode ?

J’ai un bon sens pour rassembler ceux qui mettent l’intérêt collectif en avant plutôt que les intérêts personnels. Il est primordial de rappeler l’essentiel, ce qui est particulièrement crucial en ce moment.

Mettre en avant le plaisir du cyclisme en tant qu’élément fédérateur, penses-tu que cela sera d’un grand secours ?

Cela peut sembler simpliste, mais c’est effectivement vrai. C’est là notre point commun. Ici, à Lenzerheide, nous disons souvent : « Allons en discuter à vélo. » Cela facilite les échanges. Mais après, il est également nécessaire de formaliser nos discussions pour les concrétiser.

Points à retenir

  • L’inclusion et le parasport restent des priorités essentielles dans le domaine sportif.
  • Le partenariat entre les fédérations de sport et les acteurs politiques est crucial pour l’acceptation du sport en général.
  • Le développement d’une infrastructure VTT adéquate représente un enjeu clé pour le cyclisme.
  • Swiss Cycling semble devoir redoubler d’efforts pour équilibrer sport de masse et compétition.
  • Un dialogue constructif entre différentes parties prenantes est nécessaire pour le succès du VTT à l’échelle nationale.

Je me demande souvent comment nous pourrions harmoniser ces efforts sans tomber dans la division. Après tout, l’unité pourrait bien être la clé pour faire progresser notre communauté et assurer une voix forte au sein du paysage sportif. En tant que journaliste engagé, j’estime que c’est notre responsabilité de mettre en lumière ces enjeux et de promouvoir un dialogue utile.


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