Lotte Kopecky sera au départ à Montréal ce samedi. La Belge fera partie des rares femmes à avoir déjà porté les maillots arc-en-ciel de championne du monde, aux côtés de la tenante du titre Magdeleine Vallieres.
Déjà lauréate des Championnats du monde sur route à deux reprises (Glasgow en 2023, Zurich en 2024), Kopecky n’arrive pas forcément avec le statut de grande favorite sur la course élites dames de 180,1 km. Mais elle fait bien partie des prétendantes crédibles pour la victoire.
Cette fois, c’est plutôt la championne Demi Vollering — déjà reine sur le Giro et le Tour — qui occupe la place de favorite au moment d’aborder les difficultés montréalaises, en tant que tête d’affiche de l’équipe néerlandaise. Interrogée vendredi, Vollering a reconnu se détacher dans les pronostics, tout en rappelant qu’il existe “beaucoup d’autres coureuses” prêtes à jouer leur chance.
« Je pense qu’elle peut très bien être la coureuse à battre, mais il y a beaucoup de concurrentes avec des qualités fortes, qui ne doivent certainement pas être considérées comme inférieures à Demi. Je suis aussi curieuse de voir comment la course va se dérouler samedi », a déclaré Kopecky à VTM.
« La forme du jour sera décisive. J’espère une grande journée pour moi – des jambes fraîches, une bonne sensation. Si j’ai ce “top day”, alors beaucoup est possible », poursuit-elle.
Kopecky peut s’appuyer sur un solide groupe belge à l’approche du circuit exigeant de Mount Royal. Parmi ses coéquipières figurent Shari Bossuyt (championne de Belgique), ainsi que Lotte Claes, ancienne vainqueure de l’Omloop Het Nieuwsblad. L’encadrement autour de Kopecky est complété par Sandrine Tas, Margot Vanpachtenbeke et Julie Van De Velde.
Côté équipes, le plateau s’annonce également très dense : aux côtés des Pays-Bas, les formations d’Espagne, de France et d’Italie figurent parmi les plus armées. Au programme pour les 148 coureuses : huit tours d’un parcours vallonné, avec l’ascension Camillien Houde (1,7 km à 7,3 %), un passage qui risque de trier les ambitions dès que la course accélère.
Interrogée sur le parcours, Kopecky a déjà reconnu la route cette semaine. Elle décrit un tracé « très dur », avec peu d’occasions de récupérer. Elle s’est aussi souvenue de critiques similaires avant Zurich : à l’époque, elles avaient eu le tort de viser trop bas. La preuve, c’était elle, au final, avec une victoire arrachée au sprint à partir d’un groupe de six coureuses, incluant Vollering.
« J’ai appris que c’est un circuit très exigeant. Un parcours très rapide avec très peu de moments pour récupérer. En regardant les courses du jour, c’est une course extrêmement difficile, une bataille d’usure », a expliqué la Belge.
« Je ne compare pas ce parcours à Zurich, mais mon avis, c’est que la majorité des gens pensaient aussi que Zurich était trop dur pour moi. Je suis contente d’avoir prouvé le contraire. »
Points à retenir
- Kopecky arrive avec un historique solide aux Mondiaux route, mais le favoritisme n’est pas automatique : sur ce genre de course, ça se joue souvent “le jour J”.
- Vollering est donnée favorite, pour une raison simple : son profil colle bien au format et à la difficulté annoncée du circuit.
- Le Mount Royal promet de faire mal : huit tours et la montée Camillien Houde ne laissent pas beaucoup de répit, même aux équipes les plus structurées.
- La stratégie devrait tourner autour de la gestion de l’effort : attrition, relais, et opportunités plus rares qu’on ne l’imagine au départ.
- Et si certaines “pensent” que ce parcours est trop dur, Kopecky a déjà montré que l’avis des autres n’est pas toujours celui de la ligne d’arrivée.
À mes yeux, ce rendez-vous à Montréal ressemble à une belle confrontation entre des certitudes (la forme du jour, la difficulté, l’usure) et l’imprévisibilité du peloton. Kopecky a l’expérience, Vollering le rôle de favorite, et le circuit fera le reste. En tant que journaliste, je suis franchement partant pour une course qui rappelle une chose : le cyclisme féminin progresse, et il mérite qu’on l’observe avec attention, pas avec des pronostics paresseux.