lun. Juin 29th, 2026
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L’agent d’UAE et porte-parole de Tadej Pogacar, Alex Carera, a vivement démenti plusieurs rumeurs dans les colonnes de Velo. Selon lui, certaines informations relayées au sujet d’une “valeur” sportive prêtée à des coureurs français seraient purement exagérées : « Je le sais parce que je le tiens du patron de Pinarello : ce n’est absolument pas vrai », affirme Carera. « Ce n’est pas la valeur réelle. »

« S’il gagne quatre Tours, peut-être »

La cote de Seixas a explosé au fil d’une saison en rupture, qui l’a propulsé au cœur de l’avenir du cyclisme français. Il est toujours sous contrat avec Decathlon jusqu’à la fin 2027, mais l’intérêt de formations extérieures a déjà transformé son futur proche en l’un des dossiers de transferts les plus commentés du peloton.

Carera ne nie pas le talent de Seixas. Son argument tient plutôt à la chronologie : le Français est encore au début d’une carrière en construction, quand Pogacar a déjà accumulé les résultats qui justifient sa place au sommet du marché. « S’il gagne quatre Tours, peut-être », résume Carera à propos de Seixas.

La comparaison devient presque inévitable tant les chiffres circulent. Le salaire de Pogacar est souvent évoqué entre 8 et 10 millions d’euros, tandis que la rumeur concernant Seixas ferait apparaître un montant encore supérieur, et ce avant même qu’il ait disputé son premier Tour de France. « Je pense que certains ne comprennent pas qu’on pousse trop les nouveaux rivaux de Tadej », ajoute Carera.

« Les jeunes ont besoin de temps »

Seixas abordera le Tour sous une attention particulièrement forte. Son âge, sa nationalité et ses performances en font l’un des débutants les plus surveillés depuis des années. Et comme si ce n’était pas assez, les rumeurs de transferts n’arrangent rien : Decathlon doit gérer un double défi, celui de le protéger… tout en essayant d’éviter de le voir filer vers les équipes les plus riches du peloton.

« Les jeunes ont besoin de temps. C’est étape par étape. Parfois, c’est plus facile d’arriver au sommet que de rester au sommet », insiste Carera.

Dans la discussion, Carera a aussi évoqué Isaac del Toro, autre de ses protégés. Le Mexicain a renforcé son dossier pour un rôle majeur en juillet avec UAE Team Emirates – XRG. De son côté, la préparation finale de Seixas a été perturbée par une chute récente. « Seixas, c’est un talent énorme, mais sur le Dauphiné, la veille de sa chute, il n’arrivait pas à lâcher Del Toro. Honnêtement, je pense que Del Toro a plus de chances que Seixas sur le Tour », tranche Carera.

Carera recadre le bruit de transferts

Carera dément également des informations annonçant que Paula Blasi aurait déjà trouvé un accord avec Movistar pour 2027. La coureuse espagnole devrait faire ses débuts au Tour de France Femmes cet été et suscite l’intérêt de plusieurs grosses équipes, dont Movistar, Lidl-Trek, UAE, Canyon ou Alpecin. « Pour l’instant, on n’a signé quoi que ce soit », précise Carera. « C’est une autre histoire de fausse info. »

Il ajoute que l’entourage de Blasi veut d’abord observer le début de la seconde partie de saison avant toute décision. Dans cette logique, seules certaines parties ont été informées, et pas sur le caractère acquis de la suite du contrat : rien ne garantit qu’elle restera en 2027.

Pour Seixas, à l’inverse, l’intérêt serait déjà assez concret. Le jeune est sous contrat, déjà recherché, et les montants évoqués sont tels qu’ils auraient semblé “absurdes” il y a peu pour un coureur de son âge. L’intervention de Carera ne fait pas disparaître le feuilleton, mais elle pose une question sèche sur le chiffre le plus spectaculaire : si la valeur de Pogacar a été construite en gagnant le Tour, comment Seixas pourrait déjà être tarifé au-dessus, sans avoir franchi cette étape ?

Points à retenir

  • Carera insiste sur l’écart entre talent et “preuve” chiffrée : pour lui, on ne facture pas un palmarès… qui n’existe pas encore.
  • Le débat autour de Seixas montre surtout à quel point le marché adore les scénarios “trop beaux pour être vrais” (et adore les citer avant les résultats).
  • La pression n’est pas seulement sportive : gérer les rumeurs, c’est aussi gérer l’attention, et parfois ça fatigue autant que la montagne.
  • Del Toro apparaît comme un concurrent crédible au moment où Seixas doit composer avec les aléas d’une chute— bref, le terrain aura le dernier mot.

À mes yeux, le point le plus intéressant n’est pas de savoir qui a “raison” sur tel chiffre, mais de voir comment les équipes et les agents tentent de reprendre la main sur le récit. Parce que tant que le Tour n’a pas parlé, les montants restent des paris… et moi, en tant que journaliste, je préfère m’appuyer sur ce que les coureurs feront vraiment au lieu de ce qu’on raconte dans les coulisses. Et clairement, quand on met autant de pression sur des trajectoires encore en construction, il y a aussi un enjeu : protéger le sport contre le sensationnel, sans enlever le suspense aux fans.


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