jeu. Juil 2nd, 2026
Tour de France : la Belgique veut marquer les esprits avec un gros coup

La Belgique débarque sur la 113e édition du Tour de France avec 29 coureurs, un effectif supérieur à celui de bien des nations… et un de moins que la France, pays hôte. Le chiffre résume bien la profondeur du mouvement belge : des hommes de calibre pour le classement général, des sprinteurs capables de gagner n’importe quelle arrivée, des chasseurs de succès sur les étapes, ainsi que certains des équipiers les plus solides du peloton.

Un seul nom plane sur la Grande Boucle : Tadej Pogacar, présenté comme le favori principal pour la victoire finale. Mais si une sélection nationale sait jouer un rôle décisif sur presque tous les types d’étapes, c’est bien la Belgique.

Le projecteur est évidemment braqué sur Remco Evenepoel. Depuis son départ de Soudal Quick-Step, il a choisi la formation Red Bull-BORA-hansgrohe, avec une intention très claire : disposer d’un collectif encore plus compétitif pour aller chercher le Tour de France. Champion olympique, il arrive avec plus de deux mois sans compétition. Une période pensée pour arriver avec un maximum de fraîcheur, au moment où ça compte vraiment.

Mais l’exercice s’annonce délicat. Evenepoel pourra-t-il tenir le rythme face à Pogacar et Vingegaard dans les ascensions les plus dures ? Et comment s’organisera l’équipe autour de Florian Lipowitz, également prévu pour jouer un rôle dans la hiérarchie, lui qui avait signé une belle troisième place l’an dernier ? De la réponse à ces questions dépendra une partie des choix tactiques du Tour 2026.

L’autre pari belge pour le classement général s’appelle Cian Uijtdebroeks. À 23 ans, le grimpeur de la Movistar s’apprête à vivre son premier Tour de France. La pression ne pèse pas de la même manière que sur Evenepoel, mais le potentiel est là : la formation espagnole mise sur ses qualités, avec l’idée d’un résultat dans le top 10, qui reste à portée de main.

La Belgique ne compte pas seulement sur les prétendants au général. Elle arrive aussi avec des coureurs taillés pour la vitesse : au total, quatre sprinteurs capables de dominer les arrivées au sprint. Dans ce domaine, peu de pays peuvent se vanter d’un tel alignement.

Le principal repère reste Tim Merlier, déjà auteur de trois victoires d’étape au Tour, et décidé à étoffer encore son palmarès. Pour le porter au bon moment, il pourra compter sur l’expérience de Bert Van Lerberghe et Jasper Stuyven.

À surveiller de très près également : Jasper Philipsen. Il a déjà remporté dix victoires d’étape sur la Grande Boucle. Après un Baloise Belgium Tour prometteur, il aura encore pour mission de s’appuyer sur un travail d’équipe bien rôdé, notamment avec Mathieu van der Poel et Jonas Rickaert, afin de préparer les sprints au millimètre.

Parmi les autres talents en embuscade, on retrouve Milan Fretin, appelé à vivre son premier Tour en tant que leader côté Cofidis pour les arrivées massives. Il faudra aussi compter avec Arnaud De Lie, figure souvent difficile à cerner : talent très affûté, mais aussi caractère imprévisible, notamment après des soucis physiques rencontrés ces derniers mois.

Côté soutien et étapes plus “stratégiques”, le collectif belge a aussi de quoi faire. Victor Campenaerts devrait être l’un des atouts majeurs au service de Jonas Vingegaard chez Visma-Lease a Bike. Des absences ont déjà fragilisé l’équipe néerlandaise par le passé récent, et son rôle pourrait devenir encore plus important. Tim Wellens et Florian Vermeersch, eux, auront pour mission d’accompagner Pogacar dans les moments décisifs, au sein de l’UAE Team Emirates-XRG. Enfin, Maxim Van Gils sera un soutien pour Evenepoel sur les journées de haute montagne.

Le plan prévoit aussi une dose d’expérience avec Tiesj Benoot, chargé d’épauler Paul Seixas dans sa première participation au Tour. Dans le même temps, des coureurs de travail comme Edward Planckaert, Tom Van Asbroeck et Piet Allegaert restent essentiels pour soutenir les différentes cartes vitesse.

Le groupe prévoit également de la liberté pour certains. Lennert Van Eetvelt vise surtout les victoires d’étapes, tout comme Ilan Van Wilder, après un Giro di Svizzera convaincant. Jasper Stuyven devra lui aussi jongler entre les missions pour Merlier et ses propres ambitions.

Enfin, la Belgique a placé plusieurs coureurs en capacité de faire parler d’eux dans les échappées : Jenno Berckmoes, Liam Slock, Lars Craps, Louis Vervaeke, Quinten Hermans, Brent Van Moer, Jente Biermans, Emiel Verstrynge, Ramses Debruyne, Vlad Van Mechelen et Robbe Dhondt. Pour beaucoup, le Tour constituera un premier terrain de jeu, tandis que d’autres savent déjà exactement comment “se placer” sur les étapes de transition.

Alors, malgré la présence annoncée de Pogacar et la solidité de Vingegaard, le Tour 2026 peut devenir une vitrine de la Belgique. Et même si la maillot jaune reste un objectif compliqué à décrocher, les chances de victoires d’étape, de succès sur les classements annexes et de moments forts sont bien réelles. Bref : la Belgique ne débarque pas pour “participer”, elle arrive pour peser.

Points à retenir

  • Le collectif belge s’appuie sur deux profils pour le classement général : Evenepoel et Uijtdebroeks, avec deux logiques différentes.
  • La préparation d’Evenepoel s’appuie sur un temps sans compétition : pratique pour la fraîcheur, moins pour garder le rythme dans les jambes… mais il faut espérer que ça compense.
  • Le sprint belge n’est pas “un” sprint : c’est un plan avec plusieurs leaders, dont Merlier et Philipsen, et des coureurs capables de faire le boulot en amont.
  • Les échappées ne sont pas un hasard : une bonne partie de l’équipe semble pensée pour tenter, et pas seulement pour cadrer.
  • Le vrai test tactique pourrait être la cohabitation entre les ambitions au général et l’organisation pour les victoires d’étape — et ça, on sait que le Tour adore compliquer la vie.

À mes yeux, ce qui rend cette sélection belge intéressante, ce n’est pas seulement la liste des noms : c’est l’impression d’un plan “réaliste” où chaque étape trouve sa réponse. Maintenant, reste à voir si le terrain (et les étapes qui tombent mal, évidemment) laissera suffisamment d’espace aux scénarios les plus ambitieux. En tant que journaliste, je trouve ça aussi stimulant que politique : un Tour n’est jamais qu’un concours de watts, c’est une histoire d’organisation, d’attitude et de courage — et la Belgique, cette année, a décidé de jouer pour gagner, vraiment.


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