jeu. Juil 2nd, 2026

La semaine dernière, j’ai traversé le pays pour suivre le deuxième match de poules des Footballoos face aux États‑Unis à Seattle. Les échanges entre supporters australiens et américains oscillent entre la solidarité dans l’auto‑dépréciation — après une défaite amicale de l’Australie contre le Mexique, un fan américain avait twitté un mème intitulé « US vs Australia : trash vs garbage » — et l’agressivité de deux petits chiens qui peuvent enfin se régler entre eux. Les États‑Unis avaient aussi dépassé les attentes lors de leur premier match, en battant le Paraguay 4–1, et les deux équipes pensaient qu’une deuxième victoire était à portée de main.

Seattle était curieusement bouillonnante de football. Je croisais des fans porte‑bannières Footballoos et Matildas (l’équipe féminine australienne) sur le ferry pour Bainbridge Island, et je saluais des gars en sweat USMNT. Je n’étais pas revenu en Australie depuis plus d’un an, et c’était agréable de sentir, ne serait‑ce qu’un instant, que tout cela venait à moi. Au Ray’s, institution locale de Seattle, un déjeuner près du Puget Sound était marqué par un Australien derrière moi qui parlait fort d’un caisson de basse onéreux qu’il venait d’acheter. Les Australiens figurent parmi les plus grands voyageurs du monde; au stade, j’ai croisé une dizaine de personnes — planifiées comme fortuites — que j’avais rencontrées à l’université.

Avant le match, on m’avait confié que les supporters australiens se regrouperaient à moins d’un kilomètre du stade et marcheraient vers les tribunes. Des images de la marche précédente, à Vancouver, montraient une ambiance plutôt mouvementée. À Seattle, le coup d’envoi était à midi et la marche avait dû débuter à 10 heures du matin. Beaucoup de supporters arrivaient et commencèrent à boire bien plus tôt. Cette marche s’est finalement révélée plus contemplative qu’un cortège, et de nombreuses chants tournaient autour de questions social‑démocrates. « On a des soins de santé gratuits », criaient certains. Un autre slogan niait les tarifs annoncés par Trump. L’un des chants les plus célèbres de ce Mondial a été : « The Aussie boys are on a bender / Donald Trump is a sex offender. » Les supporters américains se tournaient inévitablement vers nous pour répondre : « Nous non plus, on ne l’aime pas ».

La Turquie, lors du premier match de l’Australie, avait été lente et sans menace apparente. Les États‑Unis, sous la houlette de Mauricio Pochettino, ont imposé un jeu plus pressant, en rotation et étouffant. Les joueurs américains circulaient le ballon d’une manière rapide et fluide, et l’Australie semblait un peu déboussolée. Popovic avait inexplicablement laissé sur le banc Irankunda et Metcalfe, les deux buteurs du premier match. Les États‑Unis ouvrirent le score dès leur premier centre du jeu, à la onzième minute, lorsque le ballon dévia sur le défenseur australien Cameron Burgess pour un autogoal. Ils inscrivirent leur deuxième but après qu’un ballon dévié soit trompeur pour le gardien australien. « Le pire est arrivé », lança l’homme dans le siège à côté de moi. « Il faut maintenant prendre le jeu à leur encontre ».

À la mi‑temps, Irankunda et Metcalfe entrèrent en jeu, et l’équipe commença à se réunir et à menacer. À la soixante et unième minute, Popovic fit entrer Volpato. Après des années d’incertitude au niveau national, l’entrée de Volpato le lia officiellement à l’Australie pour le reste de sa carrière, et sur le terrain, il dégageait un calme soudain. La première mi‑temps avait été marquée par une physicalité un peu trépidante; Volpato avançait sur le terrain, le ballon apparemment collé à son pied. (À Sydney, un ami m’a envoyé dans notre groupe : « Envoie‑le en Italie », puis, trois minutes plus tard, « C’est bien mieux comme ça ». )

Et malgré tout, l’Australie a perdu. Les passionnés de football en Australie aiment rappeler Johnny Warren, ancien capitaine de l’équipe masculine, devenu plus tard la figure principale des retransmissions de football sur SBS. Warren était célèbre pour sa maxime « Je vous l’avais dit », que certains imaginaient avoir prononcée dans une époque où le football serait le sport dominant du pays. Ces dernières années, sa conviction s’est révélée de plus en plus juste. L’équipe féminine nationale est aujourd’hui l’une des formations les plus populaires du pays, compte parmi ses joueuses certaines des meilleures au monde et remplit systématiquement les stades. Et, vendredi, des milliers d’Australiens se lèveront avant l’aube pour suivre les Footballoos face à l’Égypte au tour des 32.

Bon à savoir

Bon à savoir

  • Le match a mis en lumière la différence de rythme et de pressing entre les États‑Unis et l’Australie sous leur entraîneur respectif, Mauricio Pochettino et Popovic.
  • L’entrée des jeunes talents Irankunda et Metcalfe et celle de Volpato ont modifié la dynamique du jeu, soulignant l’importance des remplaçants dans les prochaines confrontations.
  • Les chants dans les tribunes mêlent identité sportive et thèmes sociaux, révélant une dimension communautaire forte autour du football.
  • Le parcours des Footballoos vers le tour des 32 met en exergue les attentes autour du rôle croissant du football dans la culture sportive australienne.
  • Le calendrier restant, avec Australie contre Égypte, est une étape clé pour évaluer l’aptitude des joueurs à rester compétitifs dans le tournoi à élimination directe.
  • La couverture et la narration du match s’accordent avec l’esprit des médias qui mettent en valeur les trajectoires individuelles tout en replaçant l’événement dans un contexte plus large du football international.


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