Loin d’un trajet tranquille, comme le dit un ami d’Edgar Barthel ! Ce dernier l’a convaincu de participer à une sortie du RSC Prüm un mercredi. Après avoir arrêté le football à cause de problèmes de genoux, l’ex-footballeur a commencé à faire du vélo pour rester en forme.
Il a rapidement appris à que le rythme serait bien plus soutenu qu’il ne l’avait imaginé : « Quand on a dit ‘nous allons rouler tranquillement’, je ne pouvais même pas parler en grimpant, tant mon cœur battait », se souvient-il en souriant. Mais il a tout de suite pris plaisir à rouler en groupe.
Aujourd’hui âgé de 61 ans, Barthel continue de savourer les sorties, même plus de 25 ans plus tard. Il a un esprit compétitif évident. En mai dernier, il a participé au Gran Fondo Schleck, une course de plus de 160 kilomètres, l’une des nombreuses épreuves de qualification pour les championnats du monde. Il s’est classé 22ème dans sa catégorie d’âge et a ainsi gagné son billet pour l’Australie.
« C’était le dernier slot disponible », raconte-t-il avec enthousiasme. À son retour, il a annoncé à sa femme : « Il faut qu’on aille en Australie ! » Sa femme, pragmatique, a simplement rétorqué : « L’année prochaine, c’est réalisable. » À quoi il a répliqué : « Non, cette année même ! »
Organiser un voyage en Australie en quelques mois était le premier défi. Il a trouvé une compagnie aérienne pour transporter son vélo en toute sécurité jusqu’à Melbourne. Une semaine avant la course, Edgar et sa femme, Monika, se sont installés à l’hôtel des athlètes.
Exploration et découvertes en Australie
Six jours avant la course, il a pu reconnaître le parcours et s’habituer à ses caractéristiques. Il a été étonné de constater que certaines routes en Australie étaient en moins bon état que celles de son pays d’origine.
Lors d’une de ces explorations, une aventure inattendue l’a frappé. À 65 km/h dans un virage, il a eu une crevaison. En souhaitant réparer, un conducteur sympathique s’est arrêté pour le ramener à son hôtel, lui laissant une belle impression des Australiens.
Le jour de la compétition, à 4h30, il est accueilli par un magnifique lever de soleil en bord de mer. Le départ est donné à 7 heures, et il se retrouve rapidement dans le peloton. Connaissant ses limites, il a su gérer son rythme au cours des montées.
La compétition était intense, et même si la première équipe était visible, il n’a pas réussi à la rattraper. Après la seconde montée, la descente était critique, avec des rafales de vent imprévisibles. Il a finalement rejoint un groupe sur la route côtière, ce qui l’a aidé à garder le rythme.
Malheureusement, sur les derniers mètres, la fatigue s’est fait sentir et il a été dépassé par plusieurs coureurs. Toutefois, il finira 69ème sur 141 participants, ce qui le satisfait.
Barthel vise la prochaine compétition au Japon
Edgar a pris goût à la compétition et vise maintenant les championnats du monde au Japon, avec pour objectif de figurer parmi les 20 premiers. Il a déjà commencé à planifier des entraînements pour y parvenir.
Comparé à ses débuts, il gère désormais son entraînement de manière plus rigoureuse. Les sorties avec le RSC Prüm lui restent chères, mais les séances planifiées lui apportent un plus en performance.
Sa méthode : quand l’intensité est requise, il faut se donner à fond ! Mais quand c’est plus tranquille, tout en douceur. « En général, je m’entraîne cinq jours par semaine, couvrant environ 20 000 kilomètres par an, » précise-t-il. Ses jours de repos sont souvent consacrés à la musculation.
Ces journées de repos coïncident souvent avec du temps passé avec ses six petits-enfants, soulignant l’équilibre entre sa famille et sa passion pour le cyclisme.
La vie d’Edgar est un savant mélange de famille, de travail et de sport. Avec son fils, il a participé au marathon du vélo d’Ötztal. Même son entreprise familiale, spécialisée en chauffage et sanitaires, a été reprise avec succès par sa descendance.
Sur ses 25 kilomètres quotidiens en direction de son entreprise, il a posé les fondations de son endurance. « C’était une chance », se rappelle-t-il, expliquant que ce mouvement matinal fait toute la différence sur sa journée de travail.
Les levers de soleil qu’il a vus en été sont une expérience qu’il partage désormais avec ses employés cyclistes, bien que pas toujours avec la même régularité qu’autrefois lorsqu’il pédalait par tous les temps. « Parfois, je devais filer avant le déneigeur dans par des températures glaciales. »
Rester en forme par des températures allant jusqu’à -14°C paraissait fou, mais il admet qu’il a pris du plaisir à ses escapades matinales. Maintenant à la retraite, il prend parfois du recul et pense : « Oui, peut-être que j’étais un peu fou ! »
Points à retenir
- La passion du sport n’a pas d’âge, comme en témoigne Edgar Barthel.
- Les défis d’une compétition internationale font vibrer les coureurs, même après des années d’expérience.
- La préparation logistique peut parfois dépasser l’événement sportif en termes de complexité.
- Les Australiens, à l’image d’Edgar, sont chaleureux et accueillants.
- Le bien-être personnel doit passer avant tout, même pour un athlète déterminé.
En observant le parcours d’Edgar Barthel, je m’interroge sur la manière dont passion et dévouement peuvent transcender les limites de l’âge. Ne serait-il pas temps de réévaluer nos propres engagements ? La détermination d’Edgar est inspirante et me pousse à réfléchir à ma propre relation avec le sport et l’aventure. La passion ne se limite pas aux jeunes ; après tout, n’est-ce pas ce qui rend la vie vraiment intéressante ?