jeu. Juil 9th, 2026
5 joueurs sous-estimés au Mondial

C’est la Coupe du Monde des superstars. Peut-être le premier tournoi de l’histoire où tous les plus grands champions du monde — presque tous — n’ont pas déçu les attentes gigantesques placées en eux. Jusqu’ici, tous ont été décisifs: Lionel Messi, Erling Haaland, Kylian Mbappé figurent en tête du classement des buteurs avec 7 buts chacun.

Alors que l’attention se focalise sur ces têtes d’affiche, d’autres travaillent dans l’ombre. Des joueurs peu médiatisés mais phénoménaux; sous-estimés, donc. Des joueurs que l’on croit forts et de haut niveau, mais que l’on a tendance à prendre pour acquises, et qui, dans ce Mondial, démontrent une valeur que l’on leur reconnaît peu.

LUCAS DIGNE
Lucas Digne a quitté la Roma il y’il y a dix ans et personne ne pensait que ce serait un mauvais coup. Il voulait rester, mais le club n’a pas voulu débourser les 16 millions nécessaires pour son rachat. Le transfert est passé du Paris Saint-Germain au Barcelona. À 23 ans, certains le voyaient comme un joueur quelconque. Un arrière gauche appliqué, doté d’un bon pied gauche. Au Barça, il joue peu et son niveau semble parfois remis en question. Il va ensuite à l’Everton, où le poste de latéral milieu semble être son habitat. Décrit comme un latéral d’autrefois, qui ne court pas forcément en diagonale et ne dribble pas à contresens, il ne marque pas beaucoup et il n’a pas l’éclat d’un joueur hors du commun. En 2018, à 25 ans, sa carrière à haut niveau paraissait en péril.

Huit ans plus tard, Digne a 33 ans et un palmarès rempli de trophées. Beaucoup de ces titres remontent à sa période de réserviste, mais il figure aussi dans l’équipe victorieuse de l’Europa League avec Aston Villa cette saison — une sorte de coup de théâtre dans sa carrière. Sur le flanc gauche, il a livré une saison solide une fois de plus. Lors de la convocation au Mondial par Didier Deschamps, Digne a vécu un moment d’émotion: «C’est la récompense pour tout mon travail, un merveilleux moment en famille à partager avec mes enfants et ma femme; c’était vraiment spécial. Ils étaient enthousiastes et émus; je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient aussi touchés par mon appel. Mon fils comprend ce qui est en jeu.»

https://youtube.com/watch?v=ZKWV_ahiRgA%22+title%3D%22Digne+interview

Quel pied.

Digne est de ces joueurs qui ne figurent jamais parmi les titulaires habituels, mais qui jouent toujours. Il est resté sur le banc lors de l’ouverture, puis est devenu titulaire contre l’Irak. À la phase à élimination directe, Deschamps s’est appuyé sur le vieux Digne, qui a quelque chose de rassurant. Sa présence prouve que le latéral expérimenté peut te faire gagner sans te faire rêver, mais sans te trahir.

MIKEL OYARZABAL
Dans un pays qui a «aboliti» le numéro 9, Mikel Oyarzabal possède le physique du rôle parfait. Avec une ligne d’attache haute, un nez long et un menton affûté, un teint pâle, il a quelque chose de l’intellectuel fatigué, du régisseur qui ne vend pas du rêve au box-office. On ne dirait pas un footballeur, et vu de l’extérieur, il ne dégage pas le charisme nécessaire pour faire rêver un peuple entier autour de l’aire adverse. Et pourtant, Oyarzabal donne tant et incarne l’essence pure du football espagnol. C’est un joueur intelligent, techniquement élevé, capable de tout faire. Un joueur calcéologiquement «instruit» — professoral, même, dans ses déplacements sans balle, qui se recentre, s’écarte, tout en restant en fonction des autres. Il incarne l’esprit collectiviste de la Roja: l’idée qu’une individualité peut se fondre entièrement dans le collectif. Les autres joueurs espagnols — Laporte, Unai Simón, Ruiz, Ferran Torres — suivent ce modèle; Oyarzabal en est le précurseur. Il est perçu comme un joueur qui joue pour ses mouvements plutôt que pour ses buts.

Cependant Oyarzabal marque toujours. Il a déjà 4 buts dans ce Mondial, avec deux doublés. Avec les Furies Rouges, il cumule 29 buts et figure déjà comme le sixième meilleur buteur de l’histoire espagnole. Il dépasse ainsi des noms comme Butragueño ou Morientes. Respect.

LEANDRO TROSSARD
Le Mondial qui devait être la danse finale de la génération dorée du football belge est devenu celui de Leandro Trossard, leader technique et numéro dix indispensable dans une équipe belgo-lacunaire. Aux huitièmes contre les États‑Unis, Kevin De Bruyne est resté sur le banc et Trossard, dans l’espace libre sur le flanc gauche, est devenu le véritable créateur offensif du Belgio. En réalité, il l’était déjà dans les matches précédents. Son volume de jeu est impressionnant: 38 touches par 90 minutes, le joueur ayant le plus de touches parmi ceux qui ont joué au moins 400 minutes. Il est le joueur du Mondial avec le plus grand nombre de passes clés au total — traduisant les occasions de tir qui se créent. Ses chiffres directs restent modestes: deux buts et deux assists.

Trossard n’a pas l’explosivité dans le dribble de Doku, ni la vision de jeu de De Bruyne, mais il représente un compromis intéressant entre un milieu qui sert le dernier geste et un ailier qui porte le ballon. Il fait tout plutôt bien et sa technique est élevée. Peut-être n’efface-t-il pas les défenseurs de manière spectaculaire, mais ses contrôles orientés, ses feintes et ses protections lui permettent toujours de trouver l’espace pour une action dangereuse. Toujours intense, Trossard a quelque chose d’un revenant, peut-être l’ombre de la fatigue qui donne une énergie singulière au style du Bélgica. L’Arsenal l’a cédé au Besiktas pour 20 millions, sous-estimant son potentiel. Sous les ordres de Vincenzo Italiano, on peut être en droit de le voir comme le nouveau Saponara.

PATRICK BERG
C’est la Norvège du surhomme Haaland, de la sagesse d’Odegaard, et d’un élément un peu mystérieux qui évolue dans la défense: Patrick Berg. Il y a une action contre le Brésil qui résume son tempérament. Alors que la Seleçao pousse pour obtenir le résultat, Berg récupère une balle au milieu et, après une accélération, résiste à la fatigue qui frappe les jambes et la tête. Il évite le débordement et, au lieu d’aller en course, remet le pied sur le ballon, tourne sur lui-même et recule. C’est l’une des petites actions qui illustre la maturité, l’intelligence et le courage de la Norvège — Berg l’incarne à merveille.

https://youtube.com/watch?v=Vw3OyhFJLks%22+title%3D%22Berg+action

Contre le Brésil, il avait marqué au bout de cinq minutes et ressemblait à une réplique du club du Bodø/Glimt: un héros inattendu qui surgit face à l’équipe la plus emblématique du monde. Contre la Côte d’Ivoire, il a offert l’assist décisif à Haaland. Bobr a servi une passe verticale ingénieuse et Berg a dévié la balle en retrait vers son attaquant.

Réaliser des passes-clefs, s’insérer dans la zone, porter le ballon: trois choses que l’on n’associe pas forcément à Berg — du moins pas comme on l’a connu au Bodø/Glimt, où le style était plus sec et plus direct. Berg est devenu, sous l’ère Solbakken, le pivot d’un 4-3-3 fondé sur le jeu de position des Norvégiens. Dans ce Mondial, il démontre un talent plus polyvalent et profond que prévu. Un milieu de terrain de premier plan, et il n’est pas improbable qu’une équipe à l’extérieur cherche à lui confier les clés de son milieu. Il n’a que 29 ans.

JORDAN PICKFORD
L’Angleterre produit et consomme des talents à une vitesse folle. Cole Palmer, Phil Foden, Harry Maguire, Trent Alexander-Arnold: ce Mondial n’appartient pas à l’un d’entre eux, mais il demeure celui de Jordan Pickford, devenu titulaire presque par hasard lors du Mondial 2018 et qui s’avance vers les 100 sélections avec la sélection anglaise. Si en 2018, Pickford était perçu comme un jeune portier à potentiel, avec les années on comprend qu’il ne pourrait pas jouer dans une équipe vraiment au niveau: hésitant dans ses sorties, trop émotif dans les moments de tension.

En huit ans, personne n’a réellement surpassé Pickford côté Anglais, tandis que les autres coéquipiers ont évolué. Les certitudes de l’Angleterre restent Kane et Pickford. Lui a aussi raffermi son jeu de pieds. Paul Robinson disait: «Il a clairement amélioré son jeu au pied. Là où il était déjà fort, c’est dans les passes longues et la mise en route des contres.» Contre le Mexique, il a disputé sa dix-septième partie en Coupe du Monde avec l’Angleterre, égalant le record de Peter Shilton.

https://youtube.com/watch?v=Bu-KlL82RHk%22+title%3D%22Pickford+highlight

Le destin d’un gardien demeure fragile. Aujourd’hui, tout le monde parle de Pickford qui «éteint» les critiques et assure une sécurité défensive; mais un seul mauvais geste, et l’opprobre peut remonter Comme par magie, il démontre toutefois qu’il est l’un des joueurs les plus sous-estimés de l’Angleterre.

Points à retenir

  • Des joueurs moins médiatisés persévèrent et s’imposent comme des valeurs sûres dans ce Mondial, sans chercher la lumière du moment.
  • Certains joueurs collectifs, plutôt que des individualités flamboyantes, portent leurs équipes vers les phases finales.
  • Des carrières longilignes et inattendues sont réhabilitées: des parcours d’obstacle deviennent des histoires de résilience et de constance.
  • La performance des gardiens comme Pickford montre que la solidité défensive peut être une colonne vertébrale durable d’une sélection.
  • Les transferts et les choix de clubs nourrissent les trajectoires: un joueur peut passer d’un club de milieu de tableau à une vitrine mondiale grâce à des performances solides.
  • Le Mondial se lit aussi comme une démonstration de l’intelligence tactique: des milieux qui jouent pour les autres, et des attaquants qui s’inscrivent dans le collectif plutôt que dans la statistique individuelle.

En somme, ce Mondial rappelle que le football est un sport collectif autant qu’une vitrine de talents: la réussite dépend autant du timing, de l’esprit d’équipe et du sens du jeu que des chiffres personnels. Je suis convaincu que ces exemples de constance et d’intelligence collective invitent à repenser notre manière d’évaluer les joueurs: ce qui brille au premier plan n’est pas toujours la seule lumière possible. Je, en tant que journaliste engagé, continue d’observer ces dynamiques avec curiosité et espoir, persuadé que la valeur véritable se joue dans la capacité à s’inscrire dans une histoire commune et à la faire avancer, jour après jour.


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By Jordan Jarson

Entrepreneur passionné par le business web et le webmarketing, j'ai mon propre site e-commerces et je m'occupe d'améliorer sa visibilité en ligne. À temps perdu, je fouille le net à la recherche de pépites que je partage à la communauté.

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