Selon LesNews, l’affaire qui mêle l’Argentine et ses autorités football prend une tournure internationale. Alors que l’équipe nationale argentine est en route vers les quarts de finale de la Coupe du Monde, des responsables fédéraux examinent des indices de fraude et de blanchiment d’argent liés à l’Argentine Football Association (AFA), avec des transferts financiers importants vers des banques et des sociétés basées en Floride et ailleurs, selon deux sources proches de l’enquête à Washington et à Miami.
Le FBI pilote l’enquête sur les opérations financières de l’AFA, dirigée par son président Claudio Tapia, qui était à Miami pour accompagner l’équipe lors de sa victoire contre le Cap Vert. L’Argentine doit affronter la Suisse en quarts de finale ce week-end à Kansas City (Missouri). La Nación, le quotidien argentin qui a dévoilé l’affaire, affirme que le FBI cherche à comprendre comment l’AFA a transféré plus de 300 millions de dollars vers des banques et des sociétés de Floride et d’ailleurs.
Lors du match contre le Cap Vert, des agents du FBI et des procureurs du ministère de la Justice auraient interrogé Guillermo Tofoni, homme d’affaires sportif argentin. Le FBI chercherait des éléments sur les opérations de l’AFA sous la direction de Tapia et sur sa relation avec TourProdEnter LLC, une société floridienne qui gérait les accords commerciaux internationaux du championnat.
Les interrogatoires portaient notamment sur la manière dont l’AFA a structuré ses accords commerciaux internationaux et sur le fait que des transactions impliquant des banques et des sociétés basées aux États‑Unis pourraient avoir enfreint la législation américaine en dissimulant des fonds potentiellement illicites et leur destination. Aucune accusation n’a été déposée en Argentine à ce stade.
Tapia reste aux États‑Unis alors que l’Argentine poursuit sa campagne pour le Mondial 2026. Les tribunaux argentins ont autorisé son déplacement malgré des poursuites locales pour une mauvaise gestion présumée des fonds fiscaux et de sécurité sociale s’élevant à plus de 19 milliards de pesos argentins (environ 12,7 millions de dollars). Cette affaire personnelle est distincte de l’enquête sur l’AFA à Miami, précisent les autorités.
Aux États‑Unis, aucune accusation formelle liée à l’enquête sur l’AFA n’a été annoncée pour le moment. Le bureau local du FBI à Miami n’a pas souhaité commenter l’affaire ou son existence.
En mars, le Miami Herald avait rapporté que l’AFA était liée à plusieurs “bureaux virtuels” dans le comté de Miami‑Dade, l’un d’entre eux étant TourProdEnter LLC à Aventura. Des documents bancaires et commerciaux consultés par le Herald montrent que cette société floridienne est au cœur d’un vaste réseau financier lié à l’instance dirigeante du football argentin.
L’article de La Nación, cité par les journalistes du Herald, précise que l’enquête évoque des montants importants et un réseau de structures offshore et de transferts opaques susceptibles d’avoir trompé des banques américaines sur la nature des fonds et leur destination. Le travail d’enquête met aussi en lumière des dépenses inhabituelles associées à l’encadrement de l’équipe.
Par ailleurs, l’enquête a mis en évidence des paiements atypiques, notamment 340 000 dollars vers la famille d’un soi-disant « guide spirituel » voyageant avec l’équipe lors de grands tournois (dont la Copa América en 2024 et ce Mondial). Ces versements reflèteraient 17 transferts de 20 000 dollars chacun vers le fils de José Almaraz, une figure proche de la direction dont le rôle précis restait non défini mais qui était perçu comme porte-bonheur par certains responsables.
D’autres virements suspectés incluent 468 000 dollars vers une société liée au trésorier de l’AFA, Pablo Toviggino, 40 000 dollars vers le partenaire commercial de ce dernier, et 2,3 millions de dollars vers une société enregistrée aux États‑Unis associée à une personne au profil financier peu clair. Ensemble, et en comptant 42 millions de dollars acheminés par des sociétés écrans en Floride et au moins 16,5 millions de dollars de dépenses de luxe, les enquêteurs estiment qu’environ 90 millions de dollars pourraient avoir été utilisés de manière irrégulière jusqu’à présent.
L’attention des autorités américaines sur ce dossier est guidée par des transferts impliquant des banques américaines et des entités enregistrées en Floride, et les enquêteurs examinent d’éventuelles infractions telles que le blanchiment d’argent ou des obligations de disclosure financière, dans le cadre d’une coopération transfrontalière entre les agences américaines et argentines. Des experts juridiques soulignent que les affaires de cette envergure, qui traversent plusieurs pays et systèmes financiers, peuvent prendre des années à se décanter.
Pour l’instant, les auteurs de l’article au Miami Herald — Jay Weaver et Shirsho Dasgupta — et d’autres professionnels de l’investigation décrivent une affaire où la frontière entre le sport, les affaires et les flux financiers est devenue une trame complexe. Cette affaire rappelle que la transparence financière et la gouvernance du football restent des enjeux cruciaux pour les fédérations nationales.
Bon à savoir
Bon à savoir
– Le rôle des entités intermédiaires: comment les sociétés écrans et les bureaux virtuels facilitent-elles ou compliquent-elles la traçabilité des fonds dans le football?
– Les implications juridiques internationales: quelles lois américaines et argentines peuvent s’appliquer dans un contexte transfrontalier et quelles sont les voies de coopération judiciaire?
– Gouvernance et transparence: quelles réformes pourraient être envisagées pour améliorer la supervision des financements des fédérations sportives?
– Impact sur la Coupe du Monde 2026: quelles répercussions éventuelles sur l’équipe nationale et sur ses partenaires financiers?
– Pistes d’enquête: quelles questions restent sans réponse et quelles sont les prochaines étapes probables pour les autorités?
– Le rôle des médias: comment les reportages peuvent-ils aider à clarifier des flux financiers opaques tout en respectant les normes professionnelles et éthiques?
Note: Cette reformulation s’inspire des reportages publiés sur le sujet et des informations relayées par des sources telles que La Nación et le Miami Herald.