Marta Kostyuk, ce n’est pas seulement une joueuse de tennis pour le public ukrainien. Sur le court, elle est aussi l’une des figures qui portent la voix de son pays. Depuis le début de l’invasion russe en 2022, elle refuse de serrer la main aux joueuses russes et biélorusses.
Mercredi, Kostyuk s’est qualifiée pour ses premières demi-finales à Wimbledon. Et, à cette occasion, elle s’est aussi exprimée sur la question de la participation des athlètes russes aux prochains Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, estimant que leur présence pourrait être envisagée sans veto.
« Je pense que ce n’est pas du tout un jeu équitable pour tous les pays concernés. »
« Je trouve ça terrible. Je pense que ce n’est pas du tout un jeu propre pour tous les pays impliqués, et pas seulement pour l’Ukraine. Évidemment, je ne suis pas d’accord avec cette décision. Je crois aussi que beaucoup de gens ont pris la parole sur ce sujet… et, forcément, ils ne sont pas tous d’accord. Mais je ne pense pas que quoi que ce soit change. Moi, je veux juste entrer sur le terrain et, espérons-le, gagner contre chacun des Russes que je rencontrerai aux Jeux Olympiques — et c’est tout. »
« Je veux juste entrer sur le terrain et gagner contre chacun des Russes que je rencontrerai. »
À 24 ans, Marta Kostyuk sait que ses proches ne peuvent pas « couper le monde » : ses parents et sa sœur vivent à Kiev. Elle admet souffrir de cette situation et rester en permanence à l’affût des attaques russes dans la capitale ukrainienne.
Dans une interview récente accordée à MARCA, elle expliquait aussi un détail très concret : elle dit qu’elle pourrait voyager avec le téléphone en mode silencieux, mais qu’elle ne peut pas vraiment ignorer tout ce qui se passe dans son pays. On peut couper les notifications… pas l’inquiétude.
Points à retenir
- La qualification de Kostyuk à Wimbledon renforce encore son rôle de porte-voix, loin de la simple performance sportive.
- Son refus de serrer la main souligne une frontière claire : le geste symbolique compte, même sous la pression des règles du circuit.
- Son avis sur Los Angeles 2028 interroge la notion de “neutralité” dans le sport, surtout quand les conséquences humaines sont bien réelles.
- Le témoignage sur Kiev rappelle que pour certains athlètes, la compétition n’efface jamais le contexte de la guerre.
Au fond, ce débat n’est pas qu’une histoire de “veto” ou de statuts d’athlètes : c’est une question de cohérence entre les valeurs qu’on affiche et le monde qu’on accepte de regarder en face. Et en tant que journaliste, je trouve que rester neutre… quand on ne vit pas la même réalité, c’est parfois une façon polie de ne rien décider du tout. À nous de réfléchir — et d’en parler — avec le recul qui manque si souvent quand les médailles prennent toute la place.